Le site qui vous aide à comprendre le vrai sens de votre patronyme

car, derrière le sourire du futur présentateur titulaire du ‘13h’, se cachent beaucoup de…bug(s) qui n’ont rien à voir avec un dysfonctionnement informatique, pas plus que quelques hypothèses hâtives à la limite du jeu de mots sur la sonorité ‘(juli-)an Bugier’ pour en faire un…’ham-burgier’, comme quoi la phonétique s’appuie bien sur le squelette de consonnes pour créer un mot.

Même si ce patronyme (sans le ‘i’) existe bel et bien et signifie, comme pour le sandwich, celui qui vient de Hambourg, un certain Hamburger a dû adapter ce son un peu trop collant en nom de scène Berger (1) comme Michel. Et la majorité des gens prenaient soin d’appeler son père le professeur de médecine Jean ‘Hamburgé’ (2)…

Autre théorie un peu lointaine, surtout géographiquement: la déformation ou la transformation par erreur d’écriture (3) d’un Buggieri italien qui serait en fait un Ruggieri (ou Ruggiero), version transalpine de notre Roger national. Très improbable, surtout qu’il existe dans le Centre-France, le long de la vallée de la Loire (région familiale de Julian), un nombre suffisant d’autres pistes. 

A commencer par un Boujier (puisque c’est la prononciation qui compte et non pas strictement l’orthographe) issu d’un ‘boujot’, c’est-à-dire d’un…bouge, un terrain aride et donc peu productif, la calamité de nos ancêtres paysans. A condition d’accepter l’apparition (suspecte) du ‘o’, le bougier puis bugier serait-il le propriétaire de cette terre?

On reste au ras du sol avec un bujon ou bugeon répandus un peu plus au sud (le Poitou), avec un terme très (peut-être trop) local qui désigne un bosquet. Mais là encore, on se perd dans le feuillage des raisons qui auraient poussé à créer un patronyme (ou un métier?) de ce type. Bon, la présence de ce mot est peut-être un peu tirée par la racine pour être ‘montée’ jusqu’en zone de langue d’oïl, mais il faut considérer que la limite des langues…d’oc arrivaient autrefois jusqu’en Limousin, aux portes du Berry et du Bourbonnais.

On s’approche probablement davantage de la solution avec un bugier de profession dont le nom est formé, justement, sur le terme occitan ‘buga’ qui évoque un lessivier, une cuve d’eau bouillonnante (et savonneuse) utilisée pour laver les tissus. Un bugier pourrait être alors aussi bien l’ustensile lui-même que le lieu où il se trouvait (comme un lavoir, par exemple) ou encore le blanchisseur  (hum…disons, certainement celui qui faisait travailler des blanchisseuses), même si ces Bugier et Bugeat sont plutôt corréziens, encore un peu trop au sud.

Et si nos bugiers étaient tout simplement des bougiers, des gens en rapport avec la cire de Bougie (4), non pas comme producteurs mais comme…tisserands ou couturiers, l’action de bougier (le verbe) ayant été pendant des siècles le fait de ’stopper’ les fils d’une étoffe qui s’effiloche à l’aide de gouttes de cire? Quoi qu’il en soit, ce serait au moins l’homme idéal pour éclairer chaque jour la lanterne des téléspectateurs…

  1. Bel exemple ‘d’aphérèse’, l’abréviation d’un mot par suppression de la syllabe initiale.
  2. Lui-même descendant d’une famille juive…allemande
  3. Dernière solution quand on a tout épuisé…
  4. Voir l’article sur…Candeloro (l’homme des chandelles).

…aura tout de même révélé un nouveau « grand pays du vélo » (citation) grâce à des coureurs slovènes qui « ont allumé un feu d’artifice » sur les Champs-Elysées, sous les yeux de leur président venu pour la circonstance. Mais qu’est-ce qui les fait grimper dans les classements, se sont demandés -sportivement bien sûr- quelques concurrents? Peut-être la revanche d’anciens esclaves, en tous cas étymologiquement!

Primoz Roglic, longtemps maillot jaune, et son concitoyen néanmoins concurrent (1) Tadej Pogacar viennent en effet de Slovénie, ‘petit et nouveau’ pays aux portes de l’Italie, une ‘Suisse des Balkans’ -capitale Ljubliana- au relief montagneux (l’explication?), un territoire longtemps englobé dans l’ex-Yougo…slavie, justement.

Car Slovénie, Slovaquie (2) ou Slavonie (plaine de l’actuelle Croatie, un peu plus au nord-est) viennent toutes d’un terme probablement fabriqué par les Grecs puis repris par les Romains pour désigner des régions habitées par des Slaves pas encore Yougo, le cas particulier de la Slovénie étant probablement une combinaison entre ‘slavus’ et ‘vonetes’ (les ‘Vonètes’ sont en fait les Vénètes ou…Vénitiens, peuple voisin et parfois identique, selon les époques).

La racine du mot ‘slave’ proprement dit est considérée comme une caractéristique que se seraient donné les peuples en question, c’est-à-dire ‘la parole’; peut-être la ‘parole qu’on comprend’ sous-entendu entre nous (par opposition à d’autres dialectes de pays ennemis), ou la ‘vraie parole’, car un autre sens de ce terme ancien évoque également la fierté ou la gloire, une habitude d’auto-satisfaction assez fréquente chez de nombreuses ethnies et sur tous les continents, Afrique et Océanie comprises. 

Or, pendant plusieurs siècles, les hommes de ces ‘tribus du nord’ étaient considérés comme des voleurs et des pilleurs, définition exacte d’un verbe grec qui signifie ’s’emparer d’un butin’ et qui va donner le terme de ‘skalèves’ puis ‘sclavus’ en latin, ce qui donnera (peut-être par confusion) le mot ‘(e)sclave’ en ancien-français! Coïncidence (ou pas?) linguistique: la-dite plaine slavone, en Croatie, portait autrefois le nom d’Esclavonie… 

Il n’empêche que c’est bien le latin ‘sclavus’ qui s’est transformé en ‘slavus’, avec un affaiblissement puis la disparition du ‘c’ au début du Moyen-Age; tout ça parce que les envahisseurs germains, aussi bien que les armées byzantines, ont abondamment opprimé les populations des Balkans, autour du 10ème siècle, faisant ainsi des slaves des…esclaves!

Cette fois, c’est plutôt le peloton qui aura été réduit en esclavage en ramant derrière les vélos slovènes; et même si l’étymologie eût préféré voir triompher Roglic car, quand on se prénomme Primoz, on est forcément le ‘premier’ (c’est l’étymologie!), en l’occurrence l’aîné des enfants de la famille, on comprend que Tadej ait pu rouler tout le monde dans la farine :

Son patronyme vient en effet d’un mot serbo-croate (what else?) qui désigne une galette ou un tourteau, ce qui fait du nom de métier ‘pogacar’ une sorte de pâtissier-maison, tout comme le ‘bakar’ (baker!) est le boulanger et le ‘brasnar’, un meunier…au moins étymologiquement!

  1. Il ne pédale pas dans la même équipe. 

2. Ne pas confondre, cette fois on est en ex-Tchéco…Slovaquie, à l’est de l’Autriche, capitale Bratislava…

…et, dans l’avant-dernière étape franc-comtoise, les spectateurs n’ont pas manqué d’encourager l’enfant du pays, un certain Thibaut Pinot déjà distingué dans le Tour 2012 (et dans ces colonnes) dont vous aurez peut-être envie de (re)voir l’origine linguistique ici: http://www.etymo-logique.com/le-mot-du-jour/personnalites/pinot-thibaut/.

Idem pour le site probablement le plus original (linguistiquement) traversé lors de cette compétition et déjà mis au programme de la boucle 2017, à voir ici: http://www.etymo-logique.com/le-mot-du-jour/planche-belles-filles/

En attendant l’arrivée à Paris…

…c’est sur le nom des villes (1) que se ruent beaucoup de lecteurs. Aujourd’hui, ce n’est pas vraiment pour de bonnes raisons (une fermeture d’usine) que la presse met à la Une cette sous-préfecture du département du Pas-de-Calais (Hauts de France –  France, comme disent les Anglo-Saxons). Et cette fois-ci, pas de jeu de mot primaire sur le son du mot, l’origine de Béthune n’a rien à voir (justement) avec les thunes (2). 

A vrai dire, l’affaire n’est pas close, contrairement à l’un des sens possibles du nom. Les linguistes ont encore des interprétations (légèrement) différentes sur la provenance d’une racine qui a toutes les chances d’être germanique puisqu’on trouve les premiers écrits au sujet de la ville dès le 7ème siècle sous la forme ‘Bitunia’, puis Betuna au 12ème…Le ‘a’ final semble être le reste d’une influence latine (romaine?), probablement créée ‘à l’extérieur’ puisque le reste du mot, ‘bei-thun’, est plus clairement saxon.

Le premier élément ’bei’-‘, parfois ‘bi-‘ (on a trouvé des versions Bithun) pourrait être un préfixe de localisation, qui évoque l’environnement ou les alentours d’un site; de fait, le second deviendrait alors la racine ‘principale’, ‘-thun’ pouvant être assimilé au ‘-ton’ puis au ’town’ saxon…anglais cette fois, au sens d’un hameau ou d’un village (pour la ville, attendez un peu).

Parallèlement, mais loin de toute influence nordique puisqu’il s’agit d’une étymologie latine, il existait en ancien-français le terme ‘betun’ qui désignait un marais ou une terre boueuse. Et plus spécialement, dans ces terrains calcaires, des cavités de ruissellement des eaux qui ont peut-être donné son nom à une rivière de Normandie, la Béthune.

D’autant qu’en grattant un peu plus, certains ont trouvé le terme gaulois ‘bedu’ qui signifie…creuser, pas forcément en profondeur mais à ras du sol (ou en longueur) afin de faire des canalisations. D’où une variante en ‘bedum’ qui serait à la..source du mot ‘bief’ en français, le système de gouttières qui permet d’amener l’eau à la roue d’un moulin.

Rajoutez à cela un possible effet de confusion avec le latin ‘bitumen’, celui qui donnera ‘béton’ (le matériau de construction des ‘bétuns’?) et voilà de quoi énerver le célèbre ‘Bourreau de Béthune’! En fait, ils ont été deux: le premier, historique, a été chargé de couper la tête de Milady de Winter, l’espionne au service du cardinal de Richelieu dans « Les Trois Mousquetaires »; l’autre, plus récent, fut le surnom d’un certain Jacques Ducrez (natif de…devinez), l’un des catcheurs réputés parmi les plus ‘sauvages’ sur les rings des années 1960…

  1. Voir dans l’onglet ‘Références’ puis ‘Toutes les chroniques’ en haut à droite de cette page.
  2. Si besoin d’explications sur le mot de Marlène Schiappa (juillet 2020), voir ici: http://www.etymo-logique.com/?s=thunes

…et qui dévorent (très temporairement) la Une des médias. Celui du moment est dû à un rappeur mis en cause dans plusieurs affaires, et pose question à de nombreux lecteurs qui s’interrogent sur la logique de son nom (‘Moha La Squale’) dont chaque partie semble incohérente, non seulement par rapport au milieu (musical) de son propriétaire mais aussi au nom de l’animal, qui est par ailleurs de genre masculin (dans le dictionnaire)…Alors?

Trois énigmes en une donc, que l’on va prendre dans l’ordre et qui s’expliquent de façon très…littéraire. Première étape: le nom en question est un surnom (on dit pseudo, dans le chaud-bizness), notre homme ayant en effet comme état-civil officiel Mohammed Bellhamed. D’où ce ‘Moha’, obtenu par contraction de son prénom (1) grâce à une figure de linguistique assez technique (et néanmoins relativement ordinaire) appelée ‘apocope’.

L’apocope, qui signifie en grec…une amputation par mutilation, consiste donc à couper la fin (la queue?) du mot, pour des raisons diverses, le plus souvent à cause de sa longueur ou, comme ici, pour en faire une sorte de diminutif (ça aurait tout aussi bien pu être…Momo, mais ‘ça le fait’ moins comme nom de scène). Le contraire de l’apocope est ‘l’aphérèse’, d’après un terme de même provenance qui veut dire également couper, raccourcir, mais cette fois du côté du nez, donc à l’avant du mot (Bernard devient…Nanard).

Deuxième étape: La Squale n’est pas le squale, toute la différence venant et du genre de l’article et de la majuscule, lesquelles renvoient au titre d’un film réalisé par Fabrice Génestal en 2000. « La Squale », c’est le surnom d’une fille ‘de la cité’ qui fréquente, à ses risques et périls, le caïd local pour le séduire, une demoiselle au caractère forcément rugueux et peut-être carnivore (au sens figuré, bien sûr) car…

…un squale – au masculin cette fois, même quand c’est une femelle –  c’est ce poisson aux espèces multiples (dont un squale-chagrin!) dont la principale caractéristique est d’avoir une mâchoire tranchante et une peau rugueuse. Dans l’image populaire, c’est le prototype du requin dont le nom est encore plus surprenant (2) et que l’on surnomme aussi ‘chien de mer’.

Or, l’origine de squale (le mot) est tout aussi piquante car il s’agit de l’adjectif latin ‘squalus’ qui qualifie quelque chose d’hérissé et de rugueux comme la peau du requin en question; la preuve, on s’en servira pour polir le bois! (3); ou quelque chose d’aride (un terrain sec et caillouteux), voire d’âpre ou acide (au sens figuré, des commentaires ou une façon de s’exprimer). Comme quoi, on était prévenu: Moha La Squale, qui s’y frotte s’y pique. Y compris étymologiquement.

  1. Mohammed: celui qui rend souvent grâce(s) à Dieu.
  2. Voir la chronique consacrée à ce nom surprenant sur http://www.etymo-logique.com/?s=requin
  3. L’une des variétés s’appelle même le requin-épineux