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	<title>Etymo...logique!</title>
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	<description>Le site qui vous aide à comprendre le vrai sens de votre patronyme</description>
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		<title>Lacoste (Jean-Louis)</title>
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		<pubDate>Fri, 17 May 2013 10:04:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dominique</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le mot du jour]]></category>
		<category><![CDATA[Lacoste]]></category>

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		<description><![CDATA[Vous ne connaissez peut-être pas encore très bien notre personnage du jour, mais, si les choses continuent à ce rythme en Lot-et-Garonne, vous risquez d&#8217;en avoir plein les colonnes de journaux aux prochaines municipales, je vous aurai prévenus&#8230;Lacoste est en effet le nom du représentant désigné de l&#8217;UMP dans la quadrangulaire qui opposerait les divers [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Vous ne connaissez peut-être pas encore très bien notre personnage du jour, mais, si les choses continuent à ce rythme en Lot-et-Garonne, vous risquez d&rsquo;en avoir plein les colonnes de journaux aux prochaines municipales, je vous aurai prévenus&#8230;Lacoste est en effet le nom du représentant désigné de l&rsquo;UMP dans la quadrangulaire qui opposerait les divers prétendants au fauteuil de maire de Villeneuve (sur Lot, évidemment). Autant dire la bête noire d&rsquo;un PS local, tétanisé par l&rsquo;accident industriel de la possible candidature du sieur Cahuzac qui anéantirait les chances du représentant désigné, au profit du jeune impétrant du FN. Bref, une histoire de crocodiles dans le marigot, ce qui tombe bien avec un Lacoste, et pas qu&rsquo;étymologiquement!<span id="more-5573"></span></p>
<p>“Mr Lacoste, habillé de son costard, descendait du coteau”: cela fait trois synonymes, car Lacoste, Delacoste, Costet, Costard, Coteau et même Coston (en Auvergne) descendent de la même origine et du même&#8230;endroit, une colline. En tous cas, un promontoire suffisamment haut pour que l&rsquo;on puisse ressentir un effort en montant &lsquo;la coste&rsquo;, ancienne orthographe de &lsquo;côte&rsquo;. Vous le savez, l&rsquo;accent circonflexe est toujours la manifestation de l&rsquo;ancienne présence d&rsquo;un &lsquo;s&rsquo;: c&rsquo;est ainsi que l&rsquo;on dit une forêt, mais un forestier; un hôpital, mais un service hospitalier; une côte, mais un accostage, etc&#8230;</p>
<p>Les ancêtres des Lacoste étaient donc établis sur une petite hauteur. Or, pour l&rsquo;instant, le plus célèbre des Lacoste est non pas Jean-Louis mais un certain René. Je ne sais pas s&rsquo;il était né à Montmartre, toujours est-il qu&rsquo;il devint une éminence dans le tennis français, avec trois autres joueurs, que l&rsquo;on appela &lsquo;les Mousquetaires&rsquo; (début 20è siècle). Ce Lacoste-là se rendit célèbre en montant au filet donc, mais également en déposant le brevet d&rsquo;un polo à double maille, choisissant en même temps pour emblème un crocodile, surnom que lui avait donné la presse sportive en raison de sa tenacité vorace sur les courts. Et pourtant, comme souvent, la légende (de l&rsquo;animal) est fausse&#8230;</p>
<p>Car le crocodile est-il vraiment têtu? En fait, on n&rsquo;en sau-rien, puisque le mot crocodile vient du grec &lsquo;krokodeilos&rsquo;, qui désigne&#8230;un ver, ou un lézard que l&rsquo;on trouvait sous les galets d&rsquo;une rivière, ou dans la vase d&rsquo;un fleuve comme le Nil. En effet, dans son portefeuille en peau du même nom, le crocodile a un passeport égyptien; et les Anciens le décrivaient avec des écailles jaunes (et non pas vertes, comme en Afrique), d&rsquo;où son nom de &lsquo;kroko-deilos&rsquo;, autrement dit &lsquo;le lézard jaune comme le crocus (krokos)&rsquo;. Je vous rappelle que le crocus cultivé s&rsquo;appelle également le safran, et voilà pourquoi la couleur jaune. Le gros lézard vert n&rsquo;a pas fini de faire rire jaune ceux qu&rsquo;il attrape.</p>
<p>Du coup, ne sachant pas s&rsquo;il est vraiment vert ou jaune, le crocodile est triste et verse donc ses larmes bien connues, expression ironique puisqu&rsquo;elle désigne des effusions spectaculaires et souvent hypocrites. D&rsquo;autant plus que, physiologiquement,  le crocodile -le vrai- ne pleure pas: il a juste une membrane brillante qui couvre l&rsquo;organe de la vue, ce qui lui permet de se rincer l&rsquo;oeil en permanence.</p>
<p>Je m&rsquo;abstiendrai de tout parallèle équivoque et anticipé avec une situation politique connue, mais, vous le voyez, Lacoste et crocodile, c&rsquo;est parfois caïman la même chose. Sauf étymologiquement bien sûr!</p>
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		<title>Trocadéro !</title>
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		<pubDate>Tue, 14 May 2013 19:51:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dominique</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le mot du jour]]></category>
		<category><![CDATA[Trocadéro]]></category>

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		<description><![CDATA[Trocadéro, Waterloo! Mornes plaines! Comme une onde qui bout dans une urne trop pleine, Dans ton cirque en plein coeur d&#8217;un Paris de champions Un triste sort attend de joyeux bataillons. Unissant Tour Eiffel et Palais de Chaillot, De fiévreux supporters ont sorti leur maillot. Trocadéro qui chante, et qui espère&#8230;Hélas, L&#8217;atmosphère est trop lourde [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Trocadéro, Waterloo! Mornes plaines!<br />
Comme une onde qui bout dans une urne trop pleine,<br />
Dans ton cirque en plein coeur d&rsquo;un Paris de champions<br />
Un triste sort attend de joyeux bataillons.<br />
Unissant Tour Eiffel et Palais de Chaillot,<br />
De fiévreux supporters ont sorti leur maillot.<br />
Trocadéro qui chante, et qui espère&#8230;Hélas,<br />
L&rsquo;atmosphère est trop lourde et l&rsquo;orage menace.<br />
Choc sanglant: Des héros apportaient l&rsquo;espérance,<br />
Ils attendaient la gloire, ils eurent la violence.<span id="more-5560"></span></p>
<p>La nuit tombait: la lutte fut ardente et noire,<br />
Et les forces de l&rsquo;ordre n&rsquo;eurent point la victoire.<br />
Dans le ciel on ne vit briller que fumigènes,<br />
Plus de «Soir de Paris», mais guerilla urbaine.<br />
L&rsquo;espoir changea de camp, le combat changea d&rsquo;âme;<br />
La mêlée, en hurlant, grandit comme une flamme.<br />
La plaine, où frissonnaient les drapeaux PSG,<br />
Ne fut plus, dans les cris des gens évacués,<br />
Qu&rsquo;un gouffre flamboyant, rouge comme une forge<br />
Eclairant des troupeaux tels ceux que l&rsquo;on égorge.</p>
<p>Carnage affreux! Moment fatal! Delanoë<br />
Sentit que la bataille entre ses doigts glissait.<br />
Dressée en rangs d&rsquo;oignons, la garde était massée.<br />
La garde, espoir suprême et suprême pensée!<br />
«Allons, finissons-en, ne gâchez pas la fête».<br />
Et gendarmes casqués, police et CRS<br />
Chargent, et anéantissent la festive allégresse.<br />
La déroute géante à la face effarée<br />
Ne dispersa que des riverains apeurés.<br />
Sauve qui peut! Horreur, Affront! Toutes les bouches<br />
Criaient dans les micros les moindres escarmouches.<br />
Comme s&rsquo;envole au vent une paille enflammée<br />
S&rsquo;évanouit la joie d&rsquo;un triomphe annoncé.<br />
Trocadéro, plateau funèbre et solitaire,<br />
Se réveilla matin dévasté par l&rsquo;affaire&#8230;</p>
<p>Aucun media pourtant, à ce qu&rsquo;il m&rsquo;a paru,<br />
N&rsquo;a pu analyser tous les sens contenus<br />
Dans ce mot désormais symbole de déroute.<br />
Sur ce &lsquo;trocadéro&rsquo;, levons alors le doute:<br />
Trocadéro d&rsquo;un soir, pauvre troc de héros,<br />
La signification, connais-tu, de ce mot?</p>
<p>Après avoir été &lsquo;Place du Roi de Rome&rsquo;<br />
(autant parler alors du plus grand de nos hommes),<br />
C&rsquo;est bien Napoléon -le troisième du nom-<br />
Auquel le lieu cité doit toujours son surnom.<br />
Il s&rsquo;agit en effet, sans beaucoup de surprise,<br />
D&rsquo;un endroit où gagna la France, et de la prise<br />
D&rsquo;un fortin de Cadix, tout au fond de l&rsquo;Espagne.<br />
En dix-huit cent vingt-deux, en haut d&rsquo;une montagne,<br />
Le roi de ce pays se trouva être otage<br />
De rebelles locaux. Aussitôt, sans ambage,<br />
Le roi Louis Dix-Huit envoie son contingent<br />
Délivrer illico l&rsquo;infortuné régent.<br />
L&rsquo;armée des bleu-blanc-rouge passe les Pyrénées,<br />
S&rsquo;empare de Cadix, et sans décélérer,<br />
Détruit rapidement, en semant la panique,<br />
La tour où séjournait le monarque hispanique.</p>
<p>Et le Trocadéro (le rempart de la ville)<br />
Devint un fait de gloire, de Paris à Séville.<br />
Trois ans après ce jour, au-dessus de la Seine,<br />
Sur la colline a lieu la fête du domaine:<br />
Désormais, on dira, en souvenir notoire,<br />
Que le Trocadéro est un lieu de victoire.<br />
Un demi-siècle après, la Grande Exposition<br />
Construira un Palais. Et la même raison,<br />
En mille-neuf cent-trente-sept, détruira le colosse,<br />
Ouvrant ainsi la vue et la voie aux molosses<br />
Qui en ont décousu en ce soir pitoyable.<br />
C&rsquo;est, en bref, le destin de ce nom remarquable&#8230;</p>
<p>Mais si cette racine, empruntée à l&rsquo;Espagne,<br />
Avait aussi un sens, que sa langue accompagne?<br />
Certains ont essayé, jusque très récemment,<br />
De deviner pourquoi on parlait justement<br />
De ce &lsquo;trocadéro&rsquo;. On se trompa souvent:<br />
Le pire fut de lire, même chez des savants,<br />
Que l&rsquo;explication était vraiment limpide:<br />
Le tout premier Palais se dressait, intrépide,<br />
Entre deux tours mauresques de belle architecture,<br />
Le centre de l&rsquo;ouvrage achevant sa stature.<br />
Il y a trois parties? On décide aussitôt:<br />
«Ce château est celui avec trois cadéros!»<br />
Grosse approximation, y compris en français:<br />
Nul ne se demanda si &lsquo;cadéro&rsquo; était<br />
Un vocable en vigueur au pays des taureaux.<br />
On ne fit pas l&rsquo;effort d&rsquo;aller voir un dico.<br />
Caldero? Caldeo? Malgré tous les efforts,<br />
Ni trois, ni deux, ni un &laquo;&nbsp;cadero&nbsp;&raquo; au rapport!</p>
<p>Même des citoyens de souche madrilène<br />
N&rsquo;ont pu me proposer de solution certaine;<br />
Trocadéro, un fort? Un lieu où l&rsquo;on troquait<br />
(inspiré de &lsquo;trocar&rsquo;, soit le verbe échanger)?<br />
Commerces sur le port de la construction?<br />
Ou site dédié à des transformations?<br />
En fait importe peu l&rsquo;explication finale<br />
Au regard des combats de cette nuit fatale.<br />
Une fois ramassées poubelles et cartouches,<br />
Une fois envolés les mots que chaque bouche<br />
A éructé sans fin en phrases insipides,<br />
Quand le Trocadéro redeviendra-t-il limpide<br />
Aux yeux des supporters d&rsquo;une équipe abattue?<br />
Quel jour sera celui du plaisir revenu?<br />
Au milieu des périls, on triomphe sans gloire.<br />
Si la fête est gâchée, on risque alors de boire<br />
Une coupe trop pleine, même en argent massif:<br />
Sous les flots de dollars, le champagne est nocif&#8230;</p>
<p>Ps: mille remerciements au jeune Victor Hugo qui a collaboré, à l&rsquo;insu de son plein gré, au détournement de son «Waterloo»&#8230;</p>
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		<title>Infirmières (journée mondiale des)</title>
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		<pubDate>Sun, 12 May 2013 08:56:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dominique</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le mot du jour]]></category>
		<category><![CDATA[infirmières]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p>Il n&rsquo;y a plus une place libre dans le calendrier pour une journée tranquille et sans commémoration, fête, manifestation ou recommandation diverses: et justement, celle du 12 mai a été décrétée  &lsquo;Journée Internationale des Infirmières&rsquo;&#8230;Au-delà de la nécessaire reconnaissance des charges et perssions qu pèsent sur celles (et ceux) qui pratiquent ce métier, il est permis de se demander pourquoi cette date précisément, et, d&rsquo;un point de vue étymologique, quelle est l&rsquo;origine de ce mot d&rsquo;apparence facile à comprendre, &lsquo;infirmière&rsquo;. Vous imaginez bien ce qu&rsquo;il représente; mais savez-vous qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un contre-sens (presque) complet? <span id="more-5546"></span></p>
<p>Commençons donc par l&rsquo;analyse du terme &lsquo;infirmière&rsquo;, qui se disait, jusqu&rsquo;à récemment (au 18è siècle) &lsquo;enfirmière&rsquo;, du verbe latin &lsquo;firmare&rsquo;, qui veut dire rendre ferme. Même si elles ont parfois l&rsquo;impression d&rsquo;être enfermées dans leur service, les &lsquo;enfermières&rsquo; n&rsquo;étaient donc pas des détenues mais des personnes chargées de s&rsquo;occuper des &lsquo;enfermes&rsquo; (et non pas &lsquo;enfermés&rsquo;, justement, l&rsquo;accent fait toute la différence). Depuis le 13è siècle, le mot signifie exactement &lsquo;celui (ou celle) qui n&rsquo;est pas ferme&rsquo;.</p>
<p>Aucune allusion ici à une éventuelle partie flasque du physique; il faut prendre en compte le sens général de &lsquo;qui n&rsquo;est pas ferme sur ses pieds&rsquo;, donc pas robuste, donc faible, donc malade. Nous y voilà. Le mot s&rsquo;applique alors aussi bien à des choses (un sol pas ferme, qui se dérobe sous vos pieds; une construction branquebalante, etc) qu&rsquo;à des personnes, et d&rsquo;abord sous l&rsquo;aspect figuré: pendant longtemps, un &lsquo;enferme&rsquo;, devenu évidemment &lsquo;infirme&rsquo; au fil du temps, va désigner quelqu&rsquo;un sur lequel on ne peut pas compter, un inconstant, une personne au caractère changeant, ou pire, à la santé mentale chancelante, autrement dit un débile. A ce stade-là, on s&rsquo;achemine vers les infirmières psychiatriques.</p>
<p>Cette racine latine &lsquo;firmare&rsquo; peut également se construire avec des suffixes ou préfixes, comme la majorité des verbes; ce qui nous donnera, à l&rsquo;inverse des infirmes, des &lsquo;af-firmes&rsquo;, ou le verbe affirmer, c&rsquo;est à dire renforcer un propos sans hésiter. Citation: «Je n&rsquo;ai pas, je n&rsquo;ai jamais eu un compte à l&rsquo;étranger, ni maintenant, ni avant» (J.Cahuzac). Comme quoi, ce que l&rsquo;on affirme peut ensuite être infirmé, c&rsquo;est à dire &lsquo;diminué de sens&rsquo;, renié, voire dénoncé. Dans cet exemple, la justice est en attente de&#8230;con-firmation.</p>
<p>Remarque: étymologiquement, les &lsquo;infirmés&rsquo; sont des affaiblis, et donc les malades, non pas les soignant(e)s! En général, le suffixe -ier, ière sert à marquer l&rsquo;activité, le métier de celui qui le pratique: un pâtissier fait de la pâte (à gâteaux), un plombier monte des tuyaux en plomb, un meunier fait tourner la meule (meulenier, puis meunier), etc.. Ici, la dite-infirmière est &lsquo;la préposée aux infirmes&rsquo;, mais elle n&rsquo;est pas malade elle-même (il vaut mieux). Par conséquent, on est obligé de dire qu&rsquo;une praticienne d&rsquo;expérience est une infirmière confirmée; mais celle à qui on reproche une faute professionnelle devient donc, de fait, une infirmière infirmée. Pire, celle qui s&rsquo;est cassé un bras pour l&rsquo;occasion est alors une infirmière infirmée infirme, même si cette probabilité est infime&#8230;Par ailleurs, la qualité de l&rsquo;infirmière n&rsquo;est pas l&rsquo;infirmité, pas plus que l&rsquo;infirmation. Seule l&rsquo;infirme-rie répond à la règle (comme la pâtisserie, la plomberie ou la meunerie).</p>
<p>Notez également que la &lsquo;firme&rsquo; n&rsquo;a rien à voir avec une faiblesse, au contraire; Il s&rsquo;agit d&rsquo;une autre racine, d&rsquo;origine italo-belgo-anglo-saxonne (!), &lsquo;firma&rsquo;, qui définit à l&rsquo;origine une convention, autant dire ce sur quoi se mettent d&rsquo;accord les partenaires d&rsquo;une (future) entreprise, autrement dit les &lsquo;statuts&rsquo;. Le mot deviendra &lsquo;the firm&rsquo; en américain, que la majorité des médias s&rsquo;obstinent à traduire par&#8230;firme, ou compagnie -termes essentiellement anglais- au détriment du &lsquo;société&rsquo; français (sauf pour les entreprises de transports, aériens, maritimes ou autres, que l&rsquo;on doit appeler chez nous &lsquo;compagnies&rsquo;). On comprend pourquoi les étrangers qui étudient le français doivent tenir ferme pour comprendre.</p>
<p>Et cette date du 12 mai, alors? Il s&rsquo;agit tout simplement du jour anniversaire de la naissance (1820) de Florence Nightingale, considérée comme la première à ouvrir la voie aux femmes pour des soins &lsquo;infirmiers&rsquo; dans les établissements londoniens, à une époque où non seulement le secteur était exclusivement masculin mais surtout où les malades mouraient davantage en entrant dans les hôpitaux qu&rsquo;en restant chez eux (!). En structurant pour la première fois ce qui allait devenir une profession, la demoiselle ne se doutait pas qu&rsquo;elle ferait entendre sa voix dans le monde entier, et pour cause: &lsquo;Nightingale&rsquo; (étymologiquement: le chant de la nuit), c&rsquo;est le surnom anglais du&#8230;rossignol. L&rsquo;histoire ne dit pas si elle chantait en passant d&rsquo;un lit à l&rsquo;autre, mais en voilà une qui n&rsquo;était sûrement pas infirme du gosier!</p>
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		<title>Esclavage (abolition de)</title>
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		<pubDate>Fri, 10 May 2013 08:44:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dominique</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Retour sur l&rsquo;expression qui fait l&rsquo;actualité (abolition de l&rsquo;esclavage), à travers le nom du plus célèbre antillais d&rsquo;origine&#8230;alsacienne. En efet, cette chronique a été mise en ligne le 10 mai 2012, mais à la demande des nombreux nouveaux lecteurs de ce site (et une petite révision pour les autres?), en voici la réédition. La date rappellera sans doute beaucoup de choses aux hommes (et femmes) politiques français, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit évidemment de la Journée de la Mémoire de l&rsquo;Esclavage, qui vient appuyer les différentes commémorations de l&rsquo;abolition de l&rsquo;esclavage (en juillet). Le nom de Victor Schoelcher est connu en France via quelques rues et établissements scolaires de villes métropolitaines, mais il est carrément le nom d&rsquo;une commune à l&rsquo;ouest de Fort-de-France et, à tout le moins, l&rsquo;un des patronymes les plus célèbres des Antilles. Schoelcher? Quel drôle de mot pour un nom caraïbe! Et pourtant, les schoelcherois (carrément) qui habitent l&rsquo;ex-&rsquo;Case-Navire&rsquo; ne voudraient pour rien au monde abandonner leur héros, et voici pourquoi.<span id="more-5541"></span></p>
<p>C&rsquo;est en effet à Fessenheim que nait l&rsquo;histoire de la famille, puisque Schoelcher est une variante de Schelcher, surnom formé sur le mot d&rsquo;ancien-allemand &lsquo;schelch&rsquo; qui désigne une forme de barque. On suppose qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un petit bateau à fond plat, essentiellement utilisé par des pêcheurs sur de faibles courants. Composé avec un suffixe d&rsquo;activité (sinon de métier), le schelch-er devient &lsquo;celui qui est à bord de la barque (pour travailler)&rsquo;, autant dire: le pêcheur. C&rsquo;est donc un descendant de pêcheurs, Marc, le père de Victor, qui envoie son fils au Mexique, puis à Cuba, comme représentant de l&rsquo;entreprise familiale qui fabrique de la&#8230;porcelaine*. La suite est connue: le jeune homme, révolté par le maintien des traditions (en fait, l&rsquo;esclavage est déjà théoriquement aboli par la Révolution depuis cinquante ans, et validé par Napoléon 1er), laissera tomber vases et assiettes, et fera tout pour obtenir l&rsquo;application de décrets exigeant l&rsquo;exécution immédiate de l&rsquo;abolition).</p>
<p>Son engagement lui vaudra un ticket pour l&rsquo;Olympe, là où résident &lsquo;tous les dieux&rsquo; (en français Pan-théon), et la création spontanée de générations de patronymes spécifiquement martiniquais, les&#8230;Schoelchery! Il y a là un exemple parfait de construction onomastique: une racine (schelch) + un suffixe originel (-er-) + un double suffixe local (-y); et voilà comment on passe des bords du Rhin à la Plage de Madiana en quelques décennies&#8230;</p>
<p>De son côté, la racine latine &lsquo;esclave&rsquo; a donné naissance à peu de patronymes, ce que l&rsquo;on conçoit aisément, à part peut-être certains Scavo (une ménagère désespérée) ou Schiavo, mais sûrement pas de &lsquo;slave&rsquo; saxon, et encore moins de &lsquo;slave&rsquo;&#8230;slaves. Car on change alors carrément de registre linguistique: bien loin du latin, les peuples &lsquo;slaves&rsquo;  (comme les tchèques, par exemple) viennent d&rsquo;une racine qui signifie&#8230;la gloire. Une étymologie qui eût également parfaitement convenu à Victor!</p>
<p>(*) Tant qu&rsquo;on y est, petit rappel chromatique: la porcelaine (porc-elaine!) a bien un rapport avec le cochon. Il s&rsquo;agit du surnom donné par les italiens au kaolin, cette matière argileuse dont les nuances de beige et rose leur faisait penser à la couleur du &lsquo;cul de la truie&rsquo; (authentique), d&rsquo;où le nom. Bon appétit!</p>
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		<title>Léonardo</title>
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		<pubDate>Wed, 08 May 2013 08:14:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dominique</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Croc-en-jambe (dans le classement) pour un coup d&#8217;épaule (dans les vestiaires): le directeur sportif du PSG à été suspendu (par les épaules?) en raison d&#8217;un geste d&#8217;humeur à l&#8217;issue du match contre Valenciennes. Bourrade affectueuse? Subite attraction virile? Toujours est-il que les images montrent clairement un geste spontané et non pas une bousculade incontrôlée, comme [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Croc-en-jambe (dans le classement) pour un coup d&rsquo;épaule (dans les vestiaires): le directeur sportif du PSG à été suspendu (par les épaules?) en raison d&rsquo;un geste d&rsquo;humeur à l&rsquo;issue du match contre Valenciennes. Bourrade affectueuse? Subite attraction virile? Toujours est-il que les images montrent clairement un geste spontané et non pas une bousculade incontrôlée, comme l&rsquo;a plaidé l&rsquo;entraineur d&rsquo;origine brésilienne, le ci-devant Leonardo Nascimento de Araùjo, à l&rsquo;encontre du professeur de mathématiques Alexandre&#8230;Castro, par ailleurs arbitre à la Fédération de Football. Devant la commission de discipline, Leonardo va se battre comme un lion, forcément&#8230;<span id="more-5532"></span></p>
<p>Petit exercice facile de révision étymologique: avec sa terminaison en &lsquo;o&rsquo;, le mot est évidemment d&rsquo;origine méditerranéenne (italienne, espagnole ou portugaise, d&rsquo;où la présence  du nom au Brésil), et il s&rsquo;agit d&rsquo;une forme dérivée du prénom Léonard, lequel se décompose en une racine (léon-) + un faux suffixe (-ard), terminaison en général péjorative, mais qui ici indiquerait plutôt le contraire. Récapitulons: Léonardo = léon+ard+o.</p>
<p>Leonardi (le pluriel de Leonardo, quand il est italien, comme le signor Da Vinci), tout comme les français Leonard, Leonart, Léonardon ou même Liénart, s&rsquo;appuient sur la version initale qui est, une fois de plus, germanique! Car ce &lsquo;-ard&rsquo;, au contraire du suffixe détestable habituel (fuyard, taulard, smicard, chauffard, connard&#8230;) est en fait ici une vraie racine, le mot allemand &lsquo;hard/hardt&rsquo;, qui signifie fort, robuste, violent, enfin tout ce qui peut qualifier un personnage puissant, voire un coup d&rsquo;épaule par exemple. «Leon-hard» est donc à l&rsquo;origine le surnom d&rsquo;un énergique teuton guerrier, d&rsquo;autant plus redoutable qu&rsquo;il porte le nom de &lsquo;Leon&rsquo;, le lion, ce qui en fait quasiment un pléonasme, quelque chose comme &lsquo;le lion féroce&rsquo;&#8230;Vous allez me dire, c&rsquo;est bien beau tout çà, et assez évident, mais, du coup, quelle est l&rsquo;étymologie du mot lion?</p>
<p>Il s&rsquo;agit, là encore, d&rsquo;une adaptation transparente du latin &lsquo;leo&rsquo;, le petit nom de Di Caprio, qui fait plutôt dans le genre lionceau. Pourquoi a-t-on surnommé quelqu&rsquo;un &lsquo;le lion&rsquo;, A cause de sa sauvagerie? De sa crinière abondante? De sa nonchalante digestion au soleil après un copieux repas? Pas du tout! Il s&rsquo;agirait même d&rsquo;un mauvais clin d&rsquo;oeil, puisque les premières mentions qualifient  les martyrs chrétiens (jetés&#8230;aux lions!), lesquels gagnaient ce surnom grâce à leur courage devant les fauves. Très rapidement, la chrétienté s&rsquo;emparera de l&rsquo;adjectif, au sens figuré, pour désigner des gens à la force de caractère et à la foi inébranlable devant le  dévoreur d&rsquo;âmes spirituel, le démon. Et, comme d&rsquo;habitude, c&rsquo;est un saint (Léonard) qui fera exploser la renommée du prénom au 6è siècle, accompagné dans l&rsquo;Histoire de l&rsquo;Eglise par plus de 10 papes &lsquo;Léon&rsquo;.</p>
<p>Impossible de terminer sans rajouter une petite allusion aux anciens sens du mot &lsquo;lion&rsquo;: Au 19è siècle, c&rsquo;était le surnom des &lsquo;dandys&rsquo;, souvent parce qu&rsquo;ils arboraient une chevelure indomptée et sauvage qui choquait le bourgeois; ce relâchement va être repris un siècle par des femmes qui, cette fois, auront soin de faire tenir leur brushing à grand renfort de laque, créant ainsi la coiffure &lsquo;à la lionne&rsquo;. D&rsquo;ailleurs, au 16è siècle, on aurait dit &lsquo;à la lionnesse&rsquo;, car cette forme de féminin a temporairement existé, jusqu&rsquo;à ce que l&rsquo;on juge que le mot avait une consonnance trop péjorative (ou simplement désagréable). Il faut donc croire qu&rsquo;on disait d&rsquo;une femelle du félin au bord du fleuve que c&rsquo;était la &lsquo;Lionnesse des Eaux&rsquo;.</p>
<p>Mentionnons également le petit-nom du &lsquo;lion du désert&rsquo;, très différent de celui de la savane, puisqu&rsquo;il combine son nom avec celui du chameau, soit la racine &lsquo;camel&rsquo;, devant ainsi le &lsquo;chamel-lion&rsquo;, ou, plus simplement le&#8230;caméléon, nettement moins rapide que l&rsquo;autre pour attraper ses proies, sans être mauvaise langue (de caméléon). Ce montage étymologique vous paraît bizarre et dénué de sens? C&rsquo;est qu&rsquo;en fait le mot &lsquo;chameau&rsquo; vient d&rsquo;une racine arabe (khamaï) qui évoque quelque chose qui tombe, qui s&rsquo;accroupiit (comme le chameau) ou qui rampe, d&rsquo;où le caméléon! Lequel n&rsquo;a sans doute jamais donné un coup d&rsquo;épaule à sa proie, sauf étymologiquement&#8230;</p>
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		<title>les fraises!</title>
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		<pubDate>Sun, 05 May 2013 09:14:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dominique</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p> C&rsquo;est le moment de la goûter, parce que c&rsquo;est la saison mais aussi pour donner un peu de saveur à une actualité assez fade, étymologiquement parlant. Rien (ni personne) de neuf sous le soleill en cette première semaine de mai, sauf précisément les premières &lsquo;vraies&rsquo; fraises, cultivées dans la terre (et pas hors-sol), et si possible dans celle du Lot-et-Garonne, terre d&rsquo;élection de la désormais célèbre Garriguette (avec majuscule, s&rsquo;il vous plait). Ce mot du jour n&rsquo;est pas un clin d&rsquo;oeil gratuit (la qualité -de la fraise- cela se paie), car le fruit en question est une surprise étymologique. La preuve: si l&rsquo;on parle de fraise, c&rsquo;est grâce à la framboise!<span id="more-5526"></span></p>
<p>Fraise et framboise ont en effet la même date de naissance (le début du 12è siècle, environ), où deux mots d&rsquo;origine différente vont entrer en attraction, l&rsquo;un et l&rsquo;autre pour désigner&#8230;la mûre! Depuis quelques siècles, on connait bien ce fruit* du roncier sauvage, dont la forme, dans l&rsquo;Antiquité, va servir à désigner tout ce qui lui ressemble de près ou de loin. Autant la mûre (du sud) est noire, autant sa cousine germaine (il s&rsquo;agit bien du territoire des Germains!) est plus rose, et elle s&rsquo;appelle &lsquo;brambasia&rsquo;, en teuton. L&rsquo;ancien-français, qui connait déjà le latin &lsquo;fraga&rsquo;, qui va donner la fraise, décide de la baptiser non pas &lsquo;bramboise&rsquo; mais &lsquo;framboise&rsquo;, par facilité de prononciation. Résumons-nous: la fraise donne son &lsquo;f&rsquo; à bramboise; et bramboise donne son &lsquo;-oise/aise&rsquo; à fraga, et le tour est joué!</p>
<p>Nous voilà donc, vers le 14è siècle, avec une fraise rustique strictement européenne qui, comme beaucoup d&rsquo;autres produits, sera d&rsquo;abord considérée comme remède de pharmacie pour toutes sortes de maux affectant ceux qui les sucrent un peu trop tôt&#8230;En fait, c&rsquo;est Louis XIV qui va demander à un botaniste en mission royale au Chili de ramener sa fraise (littéralement), laquelle, une fois croisée avec un autre plant venant de Virginie, donnera naissance à toutes les variétés actuelles. Cerise sur le gâteau (si j&rsquo;ose dire), le monsieur en question s&rsquo;appelle Amédée François&#8230;Frézier, ça ne s&rsquo;invente pas!</p>
<p>On sait désormais que les bonnes fraises doivent être charnues, goûteuses et odorantes, au contraire de certaines rangées de barquettes gorgées d&rsquo;eau et croquantes comme des carottes. D&rsquo;ailleurs, il ne peut pas en être autrement, y compris étymologiquement, car le mot latin &lsquo;fraga&rsquo; est issu d&rsquo;un verbe qui donnera en français le mot &lsquo;flairer&rsquo;, c&rsquo;est à dire sentir bon, exhaler une odeur agréable. C&rsquo;est aussi la même racine que l&rsquo;on retrouve dans le terme &lsquo;fragrance&rsquo;, si utile aux parfumeurs (ne dites jamais qu&rsquo;un parfum à une odeur&#8230;). Voilà, s&rsquo;il en était besoin, qu&rsquo;une bonne fraise doit être parfumée, à l&rsquo;image des toutes premières fraises des bois tapissant les forêts germaines, autant dire le dessert préféré des parachutistes, ainsi surnommés par comparaison à cause de leurs bérets rouges disséminés dans la nature quand ils arrivent au sol, même s&rsquo;ils sautent rarement pour aller aux fraises.</p>
<p>Pour autant, puisque c&rsquo;est le thème général de ces chroniques, existe-t-il des familles Fraise? Eh bien oui, auxquelles il est interdit d&rsquo;appeler leur fille Framboise ou Cerise, et encore moins Vanille&#8230;Ce patronyme peut avoir deux origines, dont l&rsquo;une est directement issue, depuis le Moyen-Age, du surnom de métier d&rsquo;un homme ayant un rapport avec les fraises, soit un producteur, soit un vendeur de fraises tout simplement. Mais, le plus souvent, il faudra retenir une autre activité, en l&rsquo;occurrence celle d&rsquo;un&#8230;tripier. En effet, le mot s&rsquo;appuie alors sur la fraise (frèse, parfois) du veau ou de l&rsquo;agneau, c&rsquo;est à dire le &lsquo;mésentère&rsquo;, membrane comestible qui entoure les intestins. Un goût différent, sans aucun doute. Tout comme celui que laisse dans la bouche la fraise du dentiste (sans parler de celle du forage pétrolier), des pièces métalliques  rondes avec des excroissances abrasives, tout comme le fruit du moment.</p>
<p>(*) je risquerais les foudres de certains lecteurs, scientifiques documentés, en ne signalant pas ici que la fraise et ses cousines  ne sont pas des fruits en tant que tel, mais de simples excroissances charnues qui portent une multitude de fruits (les &lsquo;petites graines&rsquo; sur la chair rouge).</p>
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		<title>Collins (Jason)</title>
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		<pubDate>Wed, 01 May 2013 07:00:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dominique</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le mot du jour]]></category>
		<category><![CDATA[Personnalités]]></category>
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		<description><![CDATA[Il se prénomme Jason, comme ce cousin d&#8217;Ulysse autrefois parti avec ses Argonautes à la conquête de la Toison d&#8217;Or; mais lui, c&#8217;est plutôt le Graal qu&#8217;il vient de remporter, en marquant un panier décisif: le pivot de l&#8217;équipe de basketteurs professionnels Washington Wizards (les sorciers) enflamme les réseaux sociaux en déclarant son homosexualité. La [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Il se prénomme Jason, comme ce cousin d&rsquo;Ulysse autrefois parti avec ses Argonautes à la conquête de la Toison d&rsquo;Or; mais lui, c&rsquo;est plutôt le Graal qu&rsquo;il vient de remporter, en marquant un panier décisif: le pivot de l&rsquo;équipe de basketteurs professionnels Washington Wizards (les sorciers) enflamme les réseaux sociaux en déclarant son homosexualité. La démarche, rarissime chez les pros, lui vaut un &lsquo;courriel&rsquo; abondant sur la Toile, depuis le plus jeune affilié d&rsquo;un club de Bosnie, jusqu&rsquo;à Bill Clinton et Barack Obama eux-mêmes&#8230;Collins, comme beaucoup de célébrités américaines. Et même un ex-président de la République Française!<span id="more-5519"></span></p>
<p>Collins donc, comme Michaël (le &nbsp;&raquo;3è homme&nbsp;&raquo; infortuné de la mission Apollo 11, scotché en orbite lunaire pendant que ses copains foulaient le caillou); ou encore comme Joan, actrice de cinéma devenue célèbre à la télévision, &nbsp;&raquo;la femme que le monde entier aime haïr&nbsp;&raquo; dans Dynastie&#8230;En fait, Collins est un terme anglais. Vous pensez: &lsquo;forcément, tous les noms américains sont d&rsquo;origine saxonne&rsquo;; certes, sauf que, comme souvent, les anglais nous avaient déjà &lsquo;piqué&rsquo; le mot, par nous-mêmes emprunté depuis longtemps à deux racines grecques!</p>
<p>Car Collins est une forme de nom de filiation, soit Collin&rsquo;s, le fils de Collin. On peut même dire &lsquo;de Colin&rsquo;, puisque voici le mot français, lui-même diminutif de&#8230;Nicolas. Ce Colin français est une aphérèse, un mot dont la première syllabe est tombée, en raison d&rsquo;usage particulier dans telle ou telle région, et surtout dans la volonté d&rsquo;en faire un surnom affectueux (et souvent ridicule) envers les enfants. Exemple avec le ci-devant: Nico, Coco, Colas, et donc Colin, équivoque qui se développera majoritairement dans les régions nord de la France. De la même façon, Claude peut devenir Clo-Clo; Christian, Cri-cri; Sébastien, Bastien; Michel, Mi-mi, et j&rsquo;en passe de pires.</p>
<p>Il n&rsquo;empêche, ce Colas, déformé en Colin donc, sera à l&rsquo;origine d&rsquo;une berceuse pour inciter les enfants (des corons) à dormir, et il découle bien du prénom Nicolas, lequel est déjà la transcription en français du grec Niklas (et toutes les formes approchantes en Europe, dont Niklaus, et donc&#8230;Klaus, toujours sur le même principe). Or, en grec, Niklas est une abréviation de Nikos-Laos, (dans l&rsquo;ordre) &nbsp;&raquo;vainqueur&nbsp;&raquo;-&nbsp;&raquo;le peuple&nbsp;&raquo;. Autrement, dans l&rsquo;ordre chronologique: Nikolaos > Niklas > Nicolas > Colas/Colin > Collins. Simple, non?</p>
<p>Outre son immense succès dans les pays nordiques en tant que Père Noël adjoint, (Saint) Nicolas/Nicolin va tout gagner dans notre pays au 17è siècle, grâce à un certain Nicolin Maillard, auquel on va attribuer (faussement, semble-t-il, mais ceci est une autre histoire) le jeu de (ni)colin-maillard, que Rabelais appelait déjà &nbsp;&raquo;le colin-bridé&nbsp;&raquo;. Bridé signifiant très clairement (les yeux) bandé(s), on se demande d&rsquo;où viendrait alors le colin qui le précède.</p>
<p>Pas du poisson en tout cas, que nous avons emprunté (chacun son tour) au néerlandais&#8230;&rsquo;koolvish&rsquo;, raboté par la queue cette fois en &lsquo;coolish&rsquo;, puis colin! Nos voisins britanniques vont garder eux aussi le même mot, en orthographiant simplement le terme flamand en &nbsp;&raquo;cool-fish&nbsp;&raquo;, c&rsquo;est à dire &lsquo;le poisson-charbon&rsquo;, ainsi nommé à cause de la couleur de ses écailles dorsales.</p>
<p>Mentionnons enfin les &nbsp;&raquo;colin-tampon&nbsp;&raquo;, qualificatif donné par dérision aux tambours militaires des armées&#8230;suisses, car ils avaient la réputation de mettre des tampons pour assourdir la frappe des baguettes, histoire de ne pas trop se faire remarquer, écopant au passage le surnom de &lsquo;Nicolas-Tampon&rsquo;, pour ne pas dire Tartempion.</p>
<p>Hommage donc au courage d&rsquo;un Collins qui n&rsquo;aura rien fait pour assourdir une déclaration qui devrait néanmoins faire de moins en moins de bruit au cours du temps. Beaucoup de commentateurs ont salué une initiative qui aidera les jeunes homosexuels (sportifs ou non) à s&rsquo;assumer. On serait tenté de dire forcément, parce que Jason, en grec, cela signifie &lsquo;le guérisseur&rsquo;!</p>
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		<title>Guéant, le retour</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Apr 2013 09:09:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dominique</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le mot du jour]]></category>
		<category><![CDATA[Personnalités]]></category>

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		<description><![CDATA[Plusieurs internautes m&#8217;ont interpellé (1) sur un patronyme qui revient à la Une des médias pour une histoire de vente de tableaux anciens, estimée à un demi-million d&#8217;euro qui aurait pu servir à autre chose qu&#8217;à compléter une collection d&#8217;art. Il y a quasiment un an, jour pour jour, il était déjà question de celui [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Plusieurs internautes m&rsquo;ont interpellé (1) sur un patronyme qui revient à la Une des médias pour une histoire de vente de tableaux anciens, estimée à un demi-million d&rsquo;euro qui aurait pu servir à autre chose qu&rsquo;à compléter une collection d&rsquo;art. Il y a quasiment un an, jour pour jour, il était déjà question de celui qui était alors ministre du gouvernement, pour d&rsquo;autres raisons. Aujourd&rsquo;hui, petit rappel de cet article: cette hypothèse de tableaux est-elle une énormité? Eh bien oui, on ne peut pas faire mieux, sans aucun parti-pris et d&rsquo;un strict point de vue étymologique.<span id="more-5509"></span></p>
<p>En effet, le patronyme de cet homme du nord (de naissance et de souche) a pour origine une forme de participe présent (la terminaison -ant), d&rsquo;une variante picarde (logique) d&rsquo;un mot français: « géant », tout simplement ! Guéant est une version un peu plus « gutturale » (peut-être l&rsquo;influence de parlers flamands et/ou germains, pendant des siècles), et le mot servait à qualifier quelqu&rsquo;un de très grand, en tout cas de plus grand que la moyenne.</p>
<p>Il s&rsquo;agit bien ici d&rsquo;un qualificatif « physique », tout comme on a pu créer des famille « Lepetit », lesquels peuvent d&rsquo;ailleurs mesurer deux mètres plusieurs siècles après l&rsquo;invention du surnom, alors que les Guéant peuvent être plus mesurés (au moins en taille). Il faut rappeler à cette occasion que le « dialecte » picard a été, pendant longtemps, l&rsquo;une des langues les plus parlées de la partie nord de la France, tout comme le normand, et bien plus que le « dialecte des Francs », le futur « françouais ». </p>
<p>Cela expliquant peut-être ceci, on trouve beaucoup de famille Guéant, mais aussi Gaïant (prononcez Guéillant), lesquels ont été francisés en Gayant, que la phonétique éloigne immédiatement un peu des « géants »&#8230;Au fait, d&rsquo;où vient lui-même ce mot de géant? Tout simplement du latin « gigas », qui veut dire démesuré, dispropotionné, hors normes, d&rsquo;où le sens français. D&rsquo;ailleurs on trouve cette racine « gigas » dans la version méridionale des Guéant: du côté du Languedoc, on va trouver des familles Gigant, qui ont exactement le même sens, puisque la même racine. (giga, c&rsquo;est aussi l&rsquo;unité de mesure de la &lsquo;dimension&rsquo; de votre fichier informatique, beaucoup plus &laquo;&nbsp;géant&nbsp;&raquo; que le méga, mais&#8230;plus petit que le &laquo;&nbsp;tera&nbsp;&raquo;)</p>
<p>Eenfin, puisqu&rsquo;on parle de Gigant, on va trouver en français l&rsquo;adjectif qui désigne des gens ou des choses immenses, le mot&#8230;gigantesque, littéralement: propre aux géants, pour ne pas dire aux Guéant! En effet, les Géants, on les retrouve dans toutes les mythologies, grecques, nordiques, etc (les Titans, les Cyclopes, ou même Goliath), car ils représentent des personnages surhumains et effrayants qui peuplaient la Terre avant l&rsquo;apparition des êtres humains (qui vont les vaincre, évidemment!). D&rsquo;ailleurs, en grec, « géant » (gé-ant) vient du mot qui désigne Gê, la déesse-Mère de la Terre (2)!</p>
<p>Je ne peux pas terminer ce sujet sur Claude Guéant sans vous lire la définition du terme « Géant » dans une encyclopédie:<br />
« Les géants sont des personnifications de la force brutale. On les  trouve mêlés à toutes les inventions par lesquelles l&rsquo;imagination cherche à se rendre compte du jeu des éléments dans le monde, de leur lutte  pour la loi, l&rsquo;ordre et l&rsquo;harmonie, et aussi contre les civilisations barbares qui ont préludé par des chocs violents à l&rsquo;organisation des sociétés policées ». Sans commentaire(s).</p>
<p>(1) Bienvenue aux nouveaux lecteurs du Maroc!<br />
(2) tout ce qui commence par « gé- » en français a un rapport avec la terre: la gé-o-logie, la gé-o-graphie, la gé-o-thermie, etc&#8230;</p>
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		<title>Ancelotti (Carlo)</title>
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		<pubDate>Sat, 27 Apr 2013 07:00:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dominique</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le mot du jour]]></category>
		<category><![CDATA[Personnalités]]></category>
		<category><![CDATA[Ancelotti]]></category>

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		<description><![CDATA[C&#8217;est le nom du déjà-futur-regretté* entraineur de l&#8217;équipe de football du Paris St-Germain (pour ceux que le sigle PSG signifierait davantage &#8216;Prêt Sous Garantie&#8217;), et l&#8217;étymologie de son nom est quasiment aussi riche et équivoque que les diverses vraies-fausses rumeurs qui accompagnent puis démentent son départ pour Madrid. Bref, carton jaune pour Carlo, même s&#8217;il [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>C&rsquo;est le nom du déjà-futur-regretté* entraineur de l&rsquo;équipe de football du Paris St-Germain (pour ceux que le sigle PSG signifierait davantage &lsquo;Prêt Sous Garantie&rsquo;), et l&rsquo;étymologie de son nom est quasiment aussi riche et équivoque que les diverses vraies-fausses rumeurs qui accompagnent puis démentent son départ pour Madrid. Bref, carton jaune pour Carlo, même s&rsquo;il n&rsquo;y aura pas assez de place au verso pour écrire toutes les versions de son patronyme. La seule certitude concerne la provenance de la souche familiale (si l&rsquo;accent du bonhomme en conférence de presse laissait encore quelques doutes), à savoir l&rsquo;Italie, quelque part entre Bologne et Milan. Mais encore?<span id="more-5502"></span></p>
<p>Il y a, globalement, deux origines linguistiques possibles au mot «ancelotti»; l&rsquo;une vient du latin (comme souvent), l&rsquo;autre du germain (comme encore plus souvent). Commençons par cette dernière.</p>
<p>Ancelotti est une forme de diminutif, marqué avec évidence par le suffixe &lsquo;-otti&rsquo;, qui indique un surnom affectueux ou une filiation (le fils de&#8230;). On décompose donc le nom de la façon suivante,  Ancel-otti, ce qui permet de remonter aux racines germaniques par le cheminement phonétique habituel suivant: Ancelotti < Ancelot (v.f) < Anselot < Anselmo, et donc Anselme, plus connu chez nous sous l&rsquo;usage de &lsquo;prénom&rsquo;. Cet &lsquo;anselme&rsquo;, en germain, comporte lui-même deux mots, &lsquo;(h)ans&rsquo; (un nom de divinité un peu obscur) + &lsquo;hel(m)&rsquo; (le casque). La combinaison des deux évoque donc une personne identifiée ou dédiée à un dieu casqué, ou plus prosaïquement, qui ressemblait une fois casquée à la statue du dieu en question. La notoriété du nom va littéralement &lsquo;exploser&rsquo; à partir du 12è siècle, grâce à un religieux né dans le&#8230;Val d&rsquo;Aoste, mais qui fera ses études en Normandie (française) pour finir en Angleterre évêque de Cantorbéry, et qui sera canonisé deux cents ans plus tard.</p>
<p>De fait, au fil des époques, le mot va donner naissance à une dizaine de patronymes qui iront s&rsquo;implanter, d&rsquo;abord dans la vallée du Rhin, puis descendront la vallée du Rhône, atteignant enfin la (future) Suisse romande et la Savoie, puis le nord de l&rsquo;Italie&#8230;Seul bémol à cette version: tous les termes sont orthographiés avec un S, ce qui nous élogne du but (si j&rsquo;ose dire). On optera sans doute plus logiquement pour la seconde origine, et linguistique et géographique puisqu&rsquo;elle nous ramène directement en Italie.</p>
<p>Il existe effectivement en latin un terme qui est &lsquo;ancillus&rsquo; (ou ancilla, au féminin), pour désigner d&rsquo;abord un esclave, une personne en situation d&rsquo;asservissement; puis, avec un sens un peu plus édulcoré, un serviteur ou une servante, un(e) domestique (chez les Romains, avant émancipation, cela revenait de toutes façons au même). On a gardé cette racine dans un mot quasiment unique en français, l&rsquo;adjectif &lsquo;ancillaire&rsquo;, lequel qualifie, particulièrement à partir du 19è siècle, tout ce qui a un rapport avec le personnel de service. Dans une maison, on parlera ainsi de &lsquo;charges ancillaires&rsquo; (le boulot qu&rsquo;a à faire la femme de ménage, par exemple), alors que dans un bloc opératoire, la même expression a qualifié les menus travaux de préparation chirurgicale confiés aux filles de salle avant et après intervention du patron&#8230;Mais l&rsquo;inévitable compagnon de route de cet adjectif est &lsquo;les amours (ancillaires)&rsquo;, euphémisme (ou litote, ça dépend de votre point de vue) par lequel le bourgeois évoquait ses relations de fin d&rsquo;après-midi avec la soubrette logée sous les combles de l&rsquo;hôtel particulier. </p>
<p>De cette rencontre (étymologique) vont naitre les français Ancel et Ancelot, mais aussi les Lancel (un sac en cadeau à la soubrette?), et donc les Ancelotti italiens, autant dire &lsquo;le(s) petit(s) du domestique&rsquo; (Ancelotti est un pluriel). Reste à espérer qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas des bâtards de l&rsquo;employeur, Carlo n&rsquo;ayant semble-t-il pas vocation à se faire faire des enfants par son propriétaire (de club), lui à qui on ne fait pas de cinéma depuis qu&rsquo;il est apparu à l&rsquo;écran dans le film &lsquo;Don Camillo&rsquo; (remake de 1983, par Terence Hill), dans le rôle&#8230;d&rsquo;un footballeur (ouf). </p>
<p>Terminons, puisqu&rsquo;il vient d&rsquo;être question des Lancel, en précisant qu&rsquo;il y a un autre petit Lancel (littéralement: lancel-ot), qui n&rsquo;a rien à voir cette fois avec une servante, c&rsquo;est le fameux archétype du chevalier de la Table Ronde&#8230;Figurez-vous qu&rsquo;on donne comme origine à ce Lancelot-là une variante orthographique de Lan-selot, et même l&rsquo;en-selle-ot, c&rsquo;est à dire celui qui &lsquo;va en-selle&rsquo; (ne vous trompez pas de préposition), définition on ne peut plus claire et  basique du chevalier. Ce qui ne l&rsquo;empêche pas d&rsquo;être quand même le serviteur du roi Arthur, sauf étymologiquement!</p>
<p>* A l&rsquo;heure où sont écrites ces lignes, rien n&rsquo;est confirmé. Ni infirmé&#8230;</p>
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		<title>Spirou</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Apr 2013 13:09:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dominique</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le mot du jour]]></category>
		<category><![CDATA[Personnalités]]></category>

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		<description><![CDATA[C&#8217;est un gamin sautillant d&#8217;âge respectable dont nous parlons aujourd&#8217;hui, puisqu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un des plus célèbres personnages de bandes dessinées, le bien-nommé Spirou, dont la houpette dorée et la livrée rubiconde n&#8217;échappent plus à personne. Créé juste avant la Seconde Guerre Mondiale par le dessinateur&#8230;français Robert Vetel, cet emblème de l&#8217;hôtellerie belge -et même plus [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>C&rsquo;est un gamin sautillant d&rsquo;âge respectable dont nous parlons aujourd&rsquo;hui, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un des plus célèbres personnages de bandes dessinées, le bien-nommé Spirou, dont la houpette dorée et la livrée rubiconde n&rsquo;échappent plus à personne. Créé juste avant la Seconde Guerre Mondiale par le dessinateur&#8230;français Robert Vetel, cet emblème de l&rsquo;hôtellerie belge -et même plus spécifiquement wallonne- va subir quelques avatars dans le dessin de sa silhouette, et ce, sous la mine de différents artistes. Vous savez déjà peut-être que son nom a un rapport avec l&rsquo;écureuil (belge, toujours), petit animal familier qui cache bien d&rsquo;autres aspects, en tout cas étymologiquement&#8230;<span id="more-5488"></span></p>
<p>Première constatation: si le groom débrouillard a pris ce surnom, c&rsquo;est justement par analogie avec le petit rongeur; d&rsquo;une part à cause de son costume dont la couleur rappelle la robe de l&rsquo;animal (on n&rsquo;a jamais vu de boutons dorés sur le ventre d&rsquo;un écureuil, mais bon&#8230;); d&rsquo;autre part, parce qu&rsquo;il ne tient pas en place et bondit avec vivacité sur la première occasion de se lancer dans une aventure. Bref, cet &nbsp;&raquo;agité du bocage brabant&nbsp;&raquo; ferait passer son compatriote Tintin pour une limace picarde neurasthénique. Vif, nerveux, agile, et paraît-il économe (le futur symbole des Caisses d&rsquo;Epargne, mais ceci est une autre histoire), le Spirou n&rsquo;a rien à voir avec la racine &lsquo;spir-&rsquo; que l&rsquo;on trouve dans respirer, inspirer/expirer, laquelle évoque un souffle (évident), éventuellemen tourbillonnant, d&rsquo;où le terme de&#8230;spirale.</p>
<p>En fait, ce &lsquo;spirou&rsquo; vient d&rsquo;une déformation de &lsquo;squirou&rsquo;, directement issu du grec &lsquo;skiuros&rsquo;, puis du latin &lsquo;sciurius&rsquo; dont le diminutif &lsquo;scuriulus&rsquo; donnera le mot français &lsquo;écureuil&rsquo;, en conservant le &lsquo;l&rsquo; et le &lsquo;i&rsquo; du latin. Cet &lsquo;escureuil&rsquo; grimpe dans la langue française à l&rsquo;entrée du 12è siècle sous la forme &lsquo;escuriol&rsquo;, et sautera même au-delà de la Manche pour s&rsquo;installer dans les arbres de Trafalgar Square sous la forme &lsquo;squirrel&rsquo;, un mot de même poil.</p>
<p>Par contre, le spirou germain va prendre une apparence plus monstrueuse avec &lsquo;eichhörnchen&rsquo;, qu&rsquo;il faut comprendre comme &lsquo;eichhörn-&rsquo; (l&rsquo;écureuil) + &lsquo;-chen&rsquo; (suffixe diminutif, exactement comme le latin sciurus-lius). L&rsquo;écureuil est donc une petite chose, mais beaucoup plus poétique que ne le laisserait croire ce terme germanique, car dans &lsquo;eichhörn&rsquo;, il y a déjà &lsquo;eich&rsquo; + &lsquo;hörn&rsquo;, soit le chêne + la corne, ce qui éclaire le surnom que lui avaient donné les Teutons du Moyen-Age: «(sous-entendu: le-petit-être) à cornes (ses oreilles pointues) qui vit dans les chênes»! Poètes, mais myopes, les Teutons! A rendre jaloux les capricornes (les insectes).</p>
<p>En Gaule, puis en France, notre &lsquo;scuriulus&rsquo; va donc se transformer en &lsquo;escuriulus&rsquo; puis écureuil, permettant alors de créer un certain nombre de patronymes désignant, comme Spirou, des personnes  sautillantes et rapides, tels les Lécureuil, les Lécureux (1), les Lécuroux, et les Lesquirol ou Esquirol, qui font tous partie de la même branche (de chêne ou pas). Rappelons ici que la syllabe centrale &lsquo;scu-&rsquo;, sur laquelle s&rsquo;appuie la racine, vient du mot grec &lsquo;skia&rsquo;, qui veut dire l&rsquo;ombre (2)&#8230;Exemple (chirurgical): dans une salle d&rsquo;opération, ou chez un dentiste, le &lsquo;scia-lytique&rsquo; désigne le projecteur-réflecteur qui supprime l&rsquo;ombre (-lytique vient d&rsquo;un verbe qui veut dire défaire, délier).  Appliqué à notre bestiole, cela nous donne très précisément comme étymologie: (sous-entendu: l&rsquo;animal) qui vit à l&rsquo;ombre de sa queue, performance dont peuvent se prévaloir peu de créatures, sauf le paon peut-être&#8230;</p>
<p>En réalité, si l&rsquo;on en croit l&rsquo;image projetée par l&rsquo;écureuil dans certains jargons professionnels, l&rsquo;ami Spirou aurait dû être coureur cycliste (c&rsquo;est le sobriquet que donnent les coureurs sur route aux pédaleurs sur piste). Dans la police, si vous envoyez un collègue &lsquo;promener l&rsquo;écureuil&rsquo;, c&rsquo;est qu&rsquo;il doit faire sa ronde de nuit. Quant à  la SNCF,  c&rsquo;est ainsi que l&rsquo;on désigne les agents chargés de l&rsquo;entretien des catérnaires au-dessus des voies, pour lesquels on devrait carrément parler d&rsquo;écureuils volants. Finalement, groom d&rsquo;hôtel, c&rsquo;est plutôt une façon de veiller tranquillement sur ses noisettes, non?</p>
<p>(1) Ne pas oublier l&rsquo;accent, car il existe des Lecureux, sans accent, des gens dont l&rsquo;activité était de&#8230;curer (des fossés, souvent). Ne pas confondre!<br />
(2) En complément de ce sujet, lire aussi l&rsquo;article sur la ville iséroise d&rsquo;Echirolles, même racine. (octobre 2012).</p>
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