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Alstom

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C’est la marque qui aura…marqué ces derniers jours d’avril: la société de mécanique lourde -productrice, entre autres, du TGV- a vu son département ‘Energie’ faire l’objet d’une offre d’achat. «Dommage, pour une jeune entreprise nationale de pointe», ai-je entendu récemment, probablement à cause de la médiatisation -réductrice- de l’image du train en question. Or, c’est exactement le contraire: sur tous les plans, industriel mais surtout étymologique, Alstom est une histoire qui a plus d’un siècle! Avant de cliquer sur le suite, sauriez-vous deviner l’origine de son nom? Allez, je vous aide: auparavant, la société s’est appelée Gec-Alsthom; ou Alsthom Atlantique (1976) ou simplement Alsthom (1932)…Alors, vous avez trouvé?

Non, aucun rapport avec un monsieur Thom (Thomas) Als, mais vous n’êtes pas loin; il vous manque juste la toute première orthographe du mot (1928), soit Als-Thom, justement. Car les futures turbines, centrales électriques, tramways, trains (rajoutez l’Eurostar), métros et…paquebots (dont le Queen Mary II) descendent d’une petite entreprise de construction mécanique basée à Mulhouse, donc forcément…ALS-acienne, et vous avez la première partie du mot. Dans les années trente, elle fusionne ses activités de production de locomotives avec les pionniers américains de l’électricité, les frères Elie et Edwin THOMson, d’où l’attelage non seulement ferroviaire mais aussi linguistique en Als-thom, la lettre ‘h’ y compris.

Pourquoi ce changement de graphie (écriture)? C’est un ‘coup’ de la mondialisation, puisque, pour que l’entreprise étende son marché sur un plan international (et donc majoritairement anglophone), il est hors de question de laisser ce ‘h’ pourrir la prononciation du mot en faisant sonner un hypothétique ‘th’ saxon. Ce serait comme demander à des français de prononcer ‘Smitt’ ou ‘Smiss’ à la place de Smithhh; de fait, il faut absolument éviter un ‘Alszumb’, déjà compris comme ‘Al Thumb’ (le pouce) par des orientaux rapidement tentés de nous montrer du doigt. On coupe donc ce ‘h’ malvenu, au moins par écrit, parce que, d’un point de vue phonétique, cela ne change rien à l’affaire: le Thomson originel signifie bien ‘le fils de Thomas’ (Thomas-son), lequel devient en général célèbre avec son diminutif Thom, puis Tom (Jones, Hank, Selleck, etc).

Quel que soit le repreneur de la branche industrielle concernée, l’opération aura tout de même fait l’objet d’une drôle de cuisine (politique, entre autres), ce qui n’est pas tout à fait le fruit du hasard non plus: le créateur de la société mulhousienne s’appelait en effet André Koechlin, patronyme de la zone germanique formé sur le mot ‘allemand’ koch, qui signifie…la cuisine, racine que l’on retrouve dans l’anglais ‘cook’ et même dans le français ‘coq’ (non, pas la poule, le chef-cuisinier autrement dit le maitre-coq). Et pourtant, contrairement à son voisin strasbourgeois De Dietrich, monsieur Koechlin n’aura jamais fabriqué d’autres foyers que ceux des locomotives. Sauf étymologiquement.


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