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Angoulême

Angouleme

Fin du Festival d’Angoulême, qui a célébré (déjà) son 41ème palmarès. De fait, la cité charentaise est désormais synonyme de bande-dessinée, autrement dit le ‘neuvième art’ (en 7, le cinéma; en 8…la télévision). Artistiquement et commercialement parlant, l’opération est sans aucun doute intéressante pour Angoulême, dont le nom faisait autrefois partie d’une expression courante, en rapport avec une histoire de…gueule. Et pourtant, probablement rien à voir avec sa véritable étymologie.

Une étymologie dont on ne sait pas grand’chose en fait, même en allant cherche l’ancienne orthographe en langue locale (le saintongeais) qui est ‘Engoulaeme’. Les plus anciennes inscriptions sont très équivoques, et mentionnent un ‘Incolesme’ souvent analysé comme une expression latine ‘in-collinas’, non pas ‘dans’ mais ‘sur’ une ou des collines, et le moins qu’on puisse dire est que cela décrit parfaitement les premiers quartiers de la ville. Laissons de côté d’autres élucubrations pour nous intéresser à cet ‘Engoulaeme’, clairement à l’origine du nom actuel.

On y retrouve l’idée de ‘goule’, version médiévale de ‘gueule’, qui va peut-être nous aider à avaler d’autres explications possibles. Le terme est lui-même issu du latin ‘gula’ (ou goula) qui désigne le gosier. C’est à dire, très précisément, la gorge et non pas la bouche, comme on le comprend de nos jours pour les animaux, par exemple. En fait, là encore, pas de quoi se taper sur la..figure, gueule, gosier, gorge ou goulot, tous ces mots de même racine décrivent, pour les Romains, un passage étroit, que ce soit entre les poumons ou entre deux rochers en montagne que l’on appelle d’ailleurs un goulet.

Appliqué à un patronyme ou à un toponyme, l’idée de goule va donc évoquer tout ce qui s’activent du goulot, souvent des buveurs mais aussi de gros mangeurs. Par ironie d’ailleurs, ces derniers vont hériter du diminutif du mot, ‘le gouleton’, vite transformé en un gueuleton (nettement plus consistant) auquel participent des ‘glouletons’ simplifiés en gloutons! Ce n’est qu’à la fin du 17è siècle qu’on range la goule dans un répertoire plus vulgaire, au profit d’une gueule qui se distingue de plus en plus du gosier et de la gorge, surtout s’il s’agit de s’en mettre plein la gueule ou de dégueuler (*).

A l’époque de Molière, il y a donc une expression qui utilise encore le substantif ‘goulesme’ (le lieu de la gueule); on peut donc tout à loisir proposer à une dame «de caresser l’engoulême», c’est à dire l’inviter à diner, et plutôt copieusement…Vous avez déjà deviné que, par ressemblance sonore, les billets d’invitation seront souvent rédigés ainsi: ‘je vous prie d’aller à Angoulême avec moi ce soir’, sans qu’il soit évidemment question une seconde de sortir le carrosse pour se rendre en Charente, le seul risque de la grande bouffe espérée étant alors une indigestion la gueule ouverte.

On dira alors de vous que vous êtes un ‘engoulevent’, pour qualifier plutôt un gros buveur qui a toujours la bouche…fermée par un goulot; le seul qui s’en tire à bon compte est ce petit oiseau nocturne homonyme, qui, par définition, vole le bec ouvert pour attraper insectes et papillons. Et pourtant, on n’en trouve pas à Angoulême, sauf étymologiquement.

(*) petit détail technique: pour le vomi consistant, on utilise le nouveau mot ‘dé-gueuler’; pour les liquides, on garde l’ancienne racine, pour dire ‘dé-goul-iner’!


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