Profitez-en, cela ne va (peut-être) pas durer: après un premier échec en 2012, le président de l’UPR (Union Populaire Républicaine) vient cette fois d’obtenir le nombre de parrainages nécessaires et donc le droit de se présenter à l’élection nationale, accédant ainsi à une notoriété et à des médias qui se sont, autrefois, plaints de…’harcèlement’ de la part de l’énarque parisien.

Parisien, mais seulement de naissance (et donc rarement significatif pour une analyse étymologique); si le nom est nouveau à vos oreilles, il n’en est pas moins très simple à comprendre, et vous pouvez prendre encore quelques secondes pour lever les yeux à nouveau vers le titre de cette page et essayer de deviner sa provenance…Allez, encore un effort…

Premier indice: le mot comporte un suffixe très ‘français’ et passablement familier pour tout natif proche de l’arc-atlantique, surtout ligérien. C’est en effet à partir des Pays de Loire que s’est développée cette marque de diminutif en ‘-eau’, qui nous permet donc de dégager facilement une formation en ‘asselin-eau’, autrement dit, à l’origine, le ‘petit d’Asselin’ (mieux que le petit Asselin, qu’on noterait plutôt Asselinot); il s’agit donc d’un nom de filiation, destiné à qualifier quelqu’un de la descendance (pas forcément immédiate d’ailleurs) d’un ancêtre Asselin. Ne reste donc plus qu’à trouver le sens de cet apparent ‘prénom’…

Et cette fois, il faut, comme souvent, remonter à l’époque des ‘invasions barbares’ dans l’Ouest (disons, de façon moins caricaturale, au passage et à l’installation des populations germaniques dans cette partie du territoire); les parlers nordiques vont se mélanger et laisser des traces dans beaucoup de termes régionaux , dont, entre autres, la majorité des noms terminés en -aud entre Poitou et Vendée actuels.

Curieusement, une coïncidence veut que nous ayons affaire ici à la même racine que la chronique précédente (…Opel!), puisque Asselin vient d’une francisation -largement déformée, d’accord- de la même syllabe ‘adal/edel’. Je vous la fais simple, en raccourcissant les siècles: ‘adal’, qui signifie noble en germain, va donner naissance à un ‘nom de personne’ (une sorte de prénom, justement) sous la forme ‘Azzo’, puis ‘Asso’ (dans l’Est) ou…’Assez’ (dans le Nord), eux-mêmes à la source des Asse, Asset, Assin et Asselot (le voilà, le premier diminutif).

Puis suit une seconde vague de patronymes, qui traverse la future Ile-de-France et s’échoue sur les rives de la Loire, en apportant des versions ‘longues’, toutes diminutives sous forme d’hypocoristiques (ce n’est pas une maladie honteuse mais un sobriquet affectueux), pour faire des Asselin, Asselain, Asseline et enfin Asselineau (en fait donc, le nom de notre François serait presque un double diminutif: assel-in-eau, soit le tout-petit Asselain, au sens de descendant lointain, ou petit-fils de la famille).

On trouve aussi quelques branches parallèles sous l’orthographe Acelin ou même Esselin, avec les mêmes connotations évidemment. Finalement, ceux qui ont qualifié ce postulant au poste suprême de ‘petit candidat’ n’étaient pas si loin de la vérité. Etymologiquement bien sûr!