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Attachiant

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Peut-être ne le sûtes-vous point, mais il y eut récemment une élection pour le moins abracadabrantesque -comme disait Jacques- organisée par un ‘Festival XYZ du Mot Nouveau’ (littéralement: néo-logisme), qui prétend mettre en exergue quelque surprenante mais signifiante création dans la langue de France, car, comme disait Victor (1), «la langue meurt si elle n’invente des mots nouveaux». L’exercice est quelquefois anecdotique, de temps en temps erroné, souvent amusant, mais toujours intéressant; cette chronique se devait donc d’en parler. And the winner is…«attachiant»!

La presse bien informée nous apprend que le ‘logisme’ n’est pas si ‘néo’ que cela, puisqu’il s’agirait d’un hypocoristique (un qualificatif…affectueux) dont le parolier Pierre Delanoë gratifia autrefois son interprète, le chanteur Joe Dassin. On voit aisément le jeu qui résulte de cet attelage improbable, où la poésie pivote sur une voyelle qui provoque l’emboitement de ces mots-gigogne: il faut donc en déduire évidemment que le fils du cinéaste Jules Dassin était à la fois attachant et chiant. L’un peut aller sans l’autre, mais les deux font parfois la paire.

D’autres vocables sélectionnés par le même jury, pour inattendus qu’ils soient, illustrent parfaitement les règles de l’onomastique:
Veut-on donner une nuance péjorative à un nom? On y ajoutera le suffixe ‘-ard’; celui qui téléphone sur son portable (2) jusqu’à en devenir…chiant, va être appelé un «phonard»; celui qui prend des photos avec son téléphone (donc, qui ne parle plus, puisqu’il ne télé-phone pas), il «photophone». Un mauvais livre qui se vend bien, c’est un «bête-seller» (anglonéologisme!); un agriculteur qui est découragé par les difficultés de son métier, c’est un «aigriculteur», et un ordinateur d’ancienne génération, c’est un «ordinosaure».

Au-delà des jeux de mots plus ou moins faciles, ce qui ne les empêche pas d’être inventifs, il y a parfois des syntaxes tout à fait classiques (photophones) ou des homonymies fantaisistes (ordinosaure), mais le résultat est là. Terminons donc sur la véritable étymologie de ce «mot de l’année» (attachiant): savez-vous pourquoi on dit «c’est chiant» ou «tu me fais chier» (racine assez française et pas forcément vulgaire au point d’avoir été utilisée par le Général de Gaulle: souvenez-vous de la ‘chienlit’ de 1968)? En effet, quand quelqu’un vous importune, vous pourriez dire « j’ai les nerfs », ou «tu m’insupportes», voire « tu me les casses ». L’expression « qui chie » est tout à fait classique et…physiologique: quand vous êtes en colère et que vous êtes inquiet, vous secrétez de la bile (noire, ce que Molière appelait ‘atrabilaire’, le surnom du Misanthrope, que tout le monde faisait chier): or, cette bile noire, se déversant dans l’intestin (c’est son rôle), facilite le transit intestinal, et donc forcément…

Quant à notre Festival, l’avenir et le dictionnaire diront, au sujet de ce nouveau mot, s’il mérite la postérité ou…les chiottes.

(1) Hugo, bien sûr…
(2) qu’on devrait appeler ‘mobile’, le portable étant théoriquement le combiné (trans)portable de la ligne fixe dans la maison. Une fois de plus, les anglo-saxons sont plus précis…


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