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Bachelot (Roselyne)

Bachelot

La reconversion ministérielle réserve donc bien des surprises: on apprend, en même temps que la création de la nouvelle chaine de télévision D8 (groupe Canal +) qui émettra début octobre, qu’une armada de journalistes et personnalités feront partie des présentateurs (-trices) de la-dite chaine. En tête de gondole, Cyril Hanouna, Philippe Labro, Laurence Ferrari, Audrey Pulvar, et…Roselyne Narquin, épouse Bachelot, le bonbon rose des gouvernements Raffarin (elle est ministre de l’Ecologie et du Développement Durable), Fillon 1 (ministre de la Santé) et Fillon 3 (Solidarité et Cohésion Sociale). Voilà donc Mme la ministre définitivement propulsée devant des caméras qu’elle connait et séduit depuis longtemps, confirmée par la réussite médiatique ultime: avoir sa marionnette chez les «Guignols». Ce n’est donc pas une ‘pucelle des médias’, bien que son nom…dise le contraire!

En effet, Bachelot est un patronyme originaire des régions du nord-ouest (Calvados, Maine & Loire), dont le suffixe -ot (bachel-ot) évoque probablement un diminutif. Comme dans minot, petiot, chiot, etc…Bachelot est le petit frère d’un autre diminutif, davantage nordique, le Bachelet (comme le chanteur Pierre, on ne peut pas faire plus au nord quand il y a des corons). L’une et l’autre de ces variantes viennent du verbe d’ancien-français ‘bacheler’, un terme dont on trouve les traces dès la fin du 11è siècle, c’est dire si les Bachelet ne datent pas d’hier.

Ce sont pourtant de jeunes pousses, puisque, outre ce diminutif (probablement affectueux en ce qui concerne les Bachelot), le sens de ce verbe s’applique à un très jeune homme, d’où le sens de ‘puceau’, nos ancêtres ayant un calendrier très imagé pour graduer les âges de l’adolescence. Au cours des époques, le sens initial va disparaître progressivement, mais l’idée de ‘jeunot’ va rester, et ce, dans plusieurs domaines inattendus.

Chronologiquement parlant, dès le 15è siècle, le bachelet est très précisément un jeune homme en cours de formation ou d’initiation pour devenir chevalier (et donc un ‘homme’), l’adoubement marquant à la fois une reconnaissance militaire et sociale. C’est également le sens que gardera la langue anglo-saxonne, pour qualifier un ‘bachelor’, tout à la fois et successivement chevalier, prétendant (amoureux), novice (ou un impétrant, comme on dit dans les primaires socialistes), célibataire, et même parfois futur marié. On voit bien le lien entre les différents statuts, plus ou moins enviables selon les situations (le futur marié est-il encore puceau?).

De la même façon, le bachelier français, bien avant d’être le titre devenu banal décerné à un lycéen de niveau primaire, désignera un adolescent prépubère (chez La Fontaine), un aspirant-chevalier, puis, avec les premières universités à la sortie du Moyen-Age, un récipiendaire de diplôme, tradition conservée -encore- par les sociétés anglo-saxonnes avec les traditionnelles remises publiques, toques, robe et familles à l’appui.

Signalons pour terminer quelques autres variantes qui auront moins de chance: les Bachelin et les Bachelay (moins fréquents); et celui qui, théoriquement, qualifie un mauvais bachelier, en raison de sa terminaison péjorative en -ard, le bachelard. Son plus illustre représentant sera néanmoins le philosophe et théoricien de la poésie Gaston Bachelard, dont le moindre mérite n’aura pas été de réinterpréter la psychalanyse freudienne, bref un homme qui n’avait rien d’un jeunot dans le domaine intellectuel!


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