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bacon

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Non, je n’ai pas décidé de mettre un coup de projecteur sur le maitre de la ‘peinture de la violence’, sir Francis Bacon, citoyen britannique obsédé par l’odeur du sang humain (c’est lui qui le disait), et qui ne peignait pas comme un cochon, bien que son nom dise le contraire. Le sujet du jour terrorise ses (ex) compatriotes (il est mort à Madrid en…1992, et non pas au 18è siècle comme on le croit parfois): il s’agit de la pénurie annoncée de bacon -sans majuscule-, autrement dit de ce morceau de longe de porc tout à fait indispensable à la culture anglaise et à la friture matinale. Eh bien, figurez-vous que le nom propre et le nom commun formés sur ce mot saxon ont exactement la même racine; autrement dit, bacon, c’est du lard et du cochon.

Le seul détail, c’est que le bacon c’est tout à fait…français, ou, pour être plus exact, francique. Voilà un adjectif qui nous ramène une bonne douzaine de siècles en arrière, à une époque où quelques cochons d’envahisseurs germains viennent pointer le bout de leur groin dans les plaines de la future Ile-de-France. Parmi ceux-là, il y a les Francs, tribu qui, venant à l’origine des bords du Danube, est remontée vers le nord de l’Europe, puis a bifurqué vers l’ouest pour s’installer sur les bords de Marne (bon, je résume). Il n’empêche, çà va être franc-hement une réussite, puisque que ces futurs allemands vont fonder -entre autres- le pays des Francs, autant dire la France, et lui donner les bases de son dialecte préféré, le franç-ais, forcément.

Bref, quand on parle franc (pas encore euro), ‘bakko’ veut dire jambon, et comme Bayonne n’a pas encore annexé la production du Pays Basque intérieur, ce mot va donner chez nous (qui est encore chez eux) le ‘bacon’, mot exclusivement français jusqu’au 16è siècle! Puis les anglais viennent faire leur marché dans notre vocabulaire, et l’importent chez eux, pour désigner le futur compagnon de l’oeuf au plat dans la poêle. S’écoulent encore deux siècles, avant qu’à leur tour des français, toujours persuadés qu’il y a mieux chez les autres, récupèrent sans le savoir leur propre terme!

Entre-temps, à l’instar du patronyme de notre peintre, ‘bakko’ va parcourir de nombreuses régions d’Europe de l’Ouest, et gratifier un certain nombre de générations issues d’un ancêtre qui a été éleveur ou marchand de ces tranches de porc salé: cela va donner les Baco (en catalan!), les Bacon (en occitan, mais aussi en Normandie, dans le Nord), les Baccon (dans le Massif Central), plus quelques dérivés comme les Baconnier, et des diminutifs comme les Baconnin ou les Bacconnais, ce dernier terme désignant dans plusieurs lieux-dits actuels la ‘ferme des Bacon’.

Les français seront sans doute aussi peu terrorisés par la future restriction sur le morceau de longe que les britanniques le seraient par l’abandon de la baguette ‘parisienne’. Mais l’anecdote valait sans doute, en ce dimanche matin, de s’en payer une tranche; en tous cas, étymologiquement.


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