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Blanquefort

Blanquefort

« Il était une fois… » une belle princesse arabe répondant au doux nom de Blanqua. Son père était un valeureux chef de guerre arabe, qui l’avait emmenée dans sa campagne militaire en Sud-Ouest de la France, histoire de se battre contre ce Charles si habile à manier le marteau (une masse d’armes, pas le format qu’on trouve dans les magasins de bricolage) qu’on l’avait surnommé Martel…

…or, battu sur les bords de la Vienne, le fier guerrier s’en revint vers le Sud, oubliant dans sa fuite au passage (ou laissant en otage?) sa fille aimée aux mains des méchants Vascons (la tribu installée au nord de Bordeaux). C’est ainsi que le château où se trouvait la prison de la dame fut appelé Blanqua-fort. »

Voilà le type-même de légende étymologique que peut produire la volonté (souvent locale) de se construire un ‘roman historique’, tendance d’autant plus pernicieuse qu’elle se propage sans effort dans l’imagination des générations grâce à son aspect merveilleux. Mais Blanquefort, régulièrement mise à la Une de l’actualité depuis vingt ans pour cause de soubresauts ouvriers dans une usine d’automobile, entre maintenant dans la liste des villes et villages dont la notoriété mérite explications.

Simples d’ailleurs, les explications; il s’agit davantage de bien rappeler le rôle de l’étymologie, le sens précis des racines, et donc des mots. Ce n’est pas compliqué à deviner, dans Blanquefort, il y a quelque chose de ‘blanc(que)’ et de ‘fort’, sauf qu’en réalité, pas du tout l’un et peut-être pas beaucoup l’autre.

Car la ‘Blancafort(e)’ du XIIème siècle a déjà le sens que lui donnaient nos ancêtres, celui d’une place fort(e)-ifiée, pas forcément un château-fort de cinéma avec tours et donjons (*) mais un lieu protégé des ennemis de par sa situation (en hauteur, le plus souvent) et renforcé par des ouvrages les plus résistants possible. Alors, si l’endroit est ‘fort’, il l’est au sens de ‘village bien défendu’ et pas forcément autre chose, tout comme d’autres communes bâties sur ou près d’un rocher, Rochefort (au nord) ou Roquefort (au sud).

Quant au ‘blanca’, directement issu du latin du Moyen-Age, il faut quasiment donner à ce blanc le sens de virginal c’est-à-dire neuf, donc solide parce que nouveau et non pas, comme on le trouve parfois, édifié à base de ‘pierres… blanches’ (de Garonne?), un peu trop tendres et pas très discrètes par ailleurs.

Voilà qui nous fait donc un profil immobilier très basique, quelque chose comme un ensemble fortifié récemment construit mais pas forcément pour une maison seule, un peu comme Fort Saganne ou Fort Alamo ont pu représenter plus tard un renfort de palissades ou de barricades pour sécuriser un groupe de bâtiments, militaires ou non.

Impossible de terminer sans citer ici la proposition spontanée d’un astucieux manifestant sorti de l’usine promise à une fermeture prochaine: « Blanquefort restera pour toujours la ville de…Ford! ». Manque de chance, il se peut que la reprise économique du site industriel soit elle aussi une opération blanche. Y compris étymologiquement.

(*) Ce qui n’empêche pas la présence ou la construction ultérieure d’un ‘vrai château’


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