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Blanquer (Jean-Michel)

Blanquer

C’est sans erreur possible l’homme de la rentrée, surtout si elle est scolaire, car le ministre de l’Education Nationale a dû donner de sa personne pour assurer que (comme chaque année) le retour général dans les écoles ‘s’est bien passé’, quelles que soient les perturbations de personnel dans le nième éventuel changement des rythmes scolaires.

Disons-le tout net, voilà un mot blanc comme neige, car il vient bien de l’immense famille des noms formés sur l’adjectif ‘blanc’, laquelle se conjugue sous toutes les formes possibles, pour désigner, en général, quelqu’un que l’on repérait facilement en raison de ses cheveux blancs (pas sa peau, les Blanchot ne sont pas les contraires des Moreau (1). L’argument vaut ce qu’il vaut, mais le moindre détail qui pouvait servir à nos ancêtres pour caractériser leur prochain commençait souvent par des éléments très basiques concernant le physique.

Gris, Noir, Brun ou Blanc visaient donc directement la couleur des poils (dont les cheveux, mais pas que), avec tous leurs composés possibles (Griset, Grison, Noiret, Noiraud, Blanchet, Blanchot, etc…); rajoutons ici les Blanchais, Blanchon, et autres Blanchard créés selon les régions ou les générations. Petite anecdote: dans certaines régions, les Blanc (comme le footballistique Laurent) ont parfois été le surnom d’ancêtres dont le registre de naissance était…blanc, indice des enfants abandonnés (mais n’en faites pas une règle!).

Or, dans cette grande famille des Blanc, il y a un mouton noir, enfin presque, parce que, à l’origine, il est bien sale. Il s’agit du blanchier, terme qui va faire souche dans la région du Poitou (l’actuelle Vienne) et qui va transmettre son nom à ses descendants, les Blanchereau. En effet, le -eau final est un diminutif (comme chèvre donne chevreau, lièvre donne lapereau, etc); on considère ici qu’il s’agit d’un diminutif dit ‘de filiation’.

Le Blanchereau est donc le fils du blanchier, et le blanchier, c’est un nom de métier (-ier, à la fin) soit littéralement ‘celui qui blanchit’…les peaux (de bêtes, évidemment). Il s’agit donc du surnom du tanneur, ou, plus exactement celui du mégissier, dont la fonction était d’abord de traiter et d’assouplir les futurs cuirs qu’on lui livrait. Blanchir n’est donc pas à prendre forcément au sens de la couleur, mais du traitement ou du dégrossissement des peaux.

A côté des Blanchereau, on va alors trouver des Blanquereau, encore plus proches des Blanquer, d’un point de vue orthographique, et plus répandus dans le sud -en zone de langue d’oc- d’après le mot occitan de ‘blancaria’, l’herbe qui sert à blanchir (ne me demandez pas laquelle, mais si vous savez, n’hésitez pas…), en attendant les mélanges de cendre et d’argile plus ‘industriels’. Voilà en tout état de cause, un ministre idéal pour assouplir les programmes ou remplir les pages blanches des devoirs quotidiens, y compris étymologiquement!

(1) Au cas où vous ne n’auriez pas encore croisé l’un des innombrables exemples dans ces chroniques, Moreau et/ou Mauro sont les attributs de gens autrefois considérés comme ‘maures’ c’est-à-dire au teint mat ou hâlé, par opposition à des ‘blancs’ protégés du soleil. La réduction au sens ‘arabe’ ne s’est généralisée que dans la dimension historique.


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