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Bormes-les-Mimosas

Bormes

Théoriquement -et étymologiquement- la commune varoise est davantage connue pour s’enflammer régulièrement de bouquets de minuscules pompons jaunes que de foyers d’incendie dévastateurs. Saisissons néanmoins l’occasion pour éclairer un peu plus le nom d’une cité relativement récente et dont beaucoup (de parisiens?) croient encore, par facilité, qu’il s’agit d’une…erreur de transmission du mot ‘borne(s)’! Or, la voisine du Lavandou (ancien quartier côtier de Bormes) n’a de bornes qu’historiques, et pour cause…

Il faut remonter, semble-t-il, au 4ème siècle avant Jules César (ou autre, si vous préférez) pour trouver trace d’une installation locale par une tribu ligure, un groupe de populations dont le territoire couvre (actuellement) toute la Riviera italienne, sur une large bande côtière qui va de Pise aux portes de Monaco, autour de sa capitale Gênes…Seulement voilà, c’est oublier qu’à l’époque, et tout au long de l’Histoire jusqu’à Bonaparte (hier donc), la future Côte d’Azur française est une zone ‘italienne’, au moins de par les parlers locaux-régionaux, dont le provençal dans la langue duquel on trouve un ‘bormas’ à l’origine de la ville.

Le terme vient précisément de la tribu des ‘Bormani’, formé sur un très ancienne racine d’influence…celte, que les Romains conserveront pour désigner tout ce qui concerne les provinces littorales envahies, jusqu’à…Toulouse en passant (Nar)Bormani devenu (et con-fondu dans) Narbonne, dont l’origine s’appuierait sur un son également celte signifiant ‘bord de l’eau’ (la plage, 15 kms!). On ne peut pas faire mieux pour décrire la géographie d’un des plus importants axes de développement de l’Empire, la Narbonnaise (*)!

Mais du côté du Lavandou, ça massacre sec avec les Sarrazins au 10ème siècle; les pêcheurs ‘bormans’ montent alors sur les crêtes pour se réfugier et fonder la future Bormes pas encore mimosée, sans savoir que neuf cents ans plus tard, une variété d’acacia importée d’Australie trouvera là un climat idéal à sa prolifération (dans certaines zones, le mimosa est considéré comme invasif)…Or, le vrai pompon, c’est le nom de la fleur, ou plutôt de la plante: il parait que les Latins connaissaient déjà l’espèce végétale, et avaient décidé que les caractéristiques de certaines variétés, dont les feuilles sensitives se rétractaient quand on les touchait, faisaient penser à la mobilité d’un visage de…mime, d’ou le nom de mimosa (pas des bons clients pour les crèmes anti-rides).

En fait, il faudra attendre…1968 pour que la désormais ville de Bormes, régulièrement élue ‘cité fleurie’ (non??) devienne ‘ès-Mimosas’, avec une majuscule à la fleur; mais il y a mieux (ou pire, c’est selon): on trouve le terme de ‘mimosa’ dans certains écrits espagnols du 16ème siècle, sous la forme d’un adjectif signifiant ‘chochotte’ (en argot français), autrement dit douillet, par comparaison avec cette sensitivité (sensibilité?) particulière. Ce qui ne saurait être le cas de nos Borméen(ne)s, sauf peut-être vis-a-vis des départs de feu…

(*) voir en archive (mai 2011) la chronique spécialement consacrée à la ville.


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