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Boulay (Isabelle)

…car la nomination d’Eric Dupond-Moretti n’a pas empêché un certain nombre de médias français de reproduire, voire de s’amuser de la Une des quotidiens…québécois. Il y est en effet question de ‘Mr Boulay’, le nouveau Garde des Sceaux et Ministre de la Justice étant lié à la chanteuse et auteure-compositrice née à Sainte-Félicité (!).

Quelques traits d’humour après, plus ou moins bienvenus en jouant sur les titres les plus connus de l’artiste (« Fallait pas », « Parle-moi », etc), c’est pour une fois le patronyme de la femme qui est mis en avant, un nom particulièrement caractéristique de la belle langue française telle que conservée et entretenue par nos cousins d’Outre-Atlantique.

Malgré l’homophonie (la ressemblance sonore), rien avec un coup de ‘boule’; ce mot est issu d’une racine latine -comme tous ceux qui vont suivre- qui est ‘bulla’ et qui désigne un volume rond et creux, bref une bulle (l’eussiez-vous cru?). Il n’empêche que c’est ce ‘concept’ qui va donner naissance à la boule évidemment mais aussi au boulet (la grosse boule qu’on met dans un canon), à la boulette (le caillou qui vient casser une situation) et même au…bouleversement (l’évènement provoqué par la boulette).

Le plus connu et le moins ‘évident’ concerne une petite boule de farine pétrie par un boul(e)-anger (d’où son nom), un travail pénible et répétitif qui l’oblige à se lever tôt le matin pour aller faire son…boulot, histoire de gagner le pain quotidien sans perdre la boule! Mais toujours pas de ‘boulay’ ni de ‘bouley’, ‘boulais’ ou ‘boulois’ pour reprendre l’orthographe d’autres variantes en ancien-français, encore présentes en Bourgogne ou Normandie.

Tous ces ‘boul-‘ sont une transformation de l’autre mot latin ’betullus’ qui définit un bouleau (et non un boulot, même si en abattre un est un vrai travail). Pendant la période gauloise, le mot a commencé par se débarrasser de la terminaison romaine en -us pour devenir ‘betulla’, puis ‘boulla’ (d’où le frôlement avec bulle), ‘boulaye’ puis ‘boulaie’ aux alentours du 13ème siècle.

De plus, ces bouleaux vont donner plusieurs branches de sens: Boulais ou Boulois vont davantage désigner un endroit planté de cette essence d’arbres (une boulaie, comme une roseraie, une châtaigneraie, etc); Boulay ou Boulas vont être réservés à l’homme qui travaille dans le bois de bouleaux pour ramasser les branches et, en général, en faire des balais.

Voilà un boulot qui pourrait être bien plaire au compagnon d’Isabelle afin de donner un coup de balai dans certains coins des prétoires; ce qui n’oblige pas pour autant les Boulay et conjoints à prendre un air de…bouledogue, le chien qui n’aime pas trop buller ni dormir sous les bouleaux puisque c’est simplement, comme vous le saviez, l’écriture francophone de ‘bull-dog’, le canidé à gueule de taureau (ou fort comme un taureau, ou qui attaquait les taureaux. Pas la peine d’en faire une Bulle pour ça, surtout étymologiquement!


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