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Branquignols

…et donc que vous n’en connaissez pas l’origine ou la notoriété (les années 1950), rien que la sonorité du mot vous indique a-priori qu’il ne s’agit pas d’un terme (nom commun ou adjectif) d’une très grand louange. Ce serait même désormais, à part à l’époque pour ses comédiens-créateurs, une étiquette à la limite de l’injure….

Rendons d’abord hommage à cette troupe créée pendant la Seconde Guerre Mondiale par une équipe de…’branques’ (le choix est éloquent), autrement dit des gens suffisamment dingues (et talentueux) pour se lancer dans pareille aventure (1). C’est le succès du film éponyme ‘Branquignol’ (1949) qui consacrera l’appellation de cette bande de…’Gaufrettes’, le nom initial du groupe.

Comme le chanteur débutant Antoine, qui s’emportera un jour contre les musiciens de son orchestre en les baptisant de ‘Charlots’ en les lançant ainsi la carrière que l’on sait, on dit que c’est le père de Colette Brosset qui persuada les comédiens d’éviter ce surnom en leur promettant le cas échéant de passer pour des ‘branquignols’, pour ne pas dire des…charlots!

Si ce dernier qualificatif est bien emprunté au personnage de ‘looser’ de Charlie Chaplin, le branquignol, lui, est une sorte de diminutif (ou de péjoratif) de ‘branque’, synonyme de fou, de naïf ou d’imbécile selon les époques: dans l’ordre, il faut être branque pour sauter en parachute, branque pour participer à un gouvernement ou branque pour se lancer dans un braquage de banque…

Or, branque n’est pas une contraction de ‘braque-banque’ mais probablement une adaptation du mot d’origine italienne ‘branci’ qui désigne…un âne. Juste de l’autre côté des Alpes, en Piémont, l’image s’applique justement à quelqu’un d’assez bête pour se faire berne pour le premier venu, ou pour divaguer sans objectif précis.
Ne restait plus qu’à lui appliquer en français une sorte de suffixe en ‘-gnol(e)’, à rapprocher sans doute de ‘tartignole’ (bête à recevoir des tartes, des gifles) ou ‘croquignole’ (malhonnête comme un ‘croquant’, ancien mot pour voleur ou pour pauvre (2). Mieux encore: on attribue à une origine gasconne (très précisément bordelaise) de papa Brosset le souvenir d’un des plus célèbres ‘Guignol’ de France (dit Guérin). D’où ce mixage en ‘branque-comme-Guignol’, CQFD.

Dans un autre domaine, certains font remarquer la rime entre branquignolle (autre orthographe possible) et ‘folle’, terme parfois utilisé en psychologie pour décrire le comportement d’une personne asociale et difficilement maîtrisable (comme les ânes, et les ministres si l’on en croit le-dit journaliste.

D’autant que cette étymologie va -involontairement- rejoindre un homonyme indispensable à la médecine: d’après la racine de ‘branche’ (sic), le dialecte normand a importé dans la langue française la ‘branque’, à savoir une large planche de bois que l’on creusera un jour pour servir de ‘branquard’ (puis de brancard, évidemment)! C’est branque, non?

(1) Outre le couple initiateur, les acteurs Robert Dhéry et Colette Brosset, la troupe vit passer (et parfois révéla) Jacqueline Maillan, Micheline Dax, Louis de Funès, Jean Lefebvre, Jean Carmet ou encore Michel Serrault entre autres, excusez du peu…


(2) Ce sera le nom d’un des trois Pieds Nickelés, pour les mêmes raisons.


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