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Brésil

Brésil

Cà risque de chauffer lors de ces J.O 2016 que l’on est allé installer, littéralement, dans un pays à feu et parfois à sang. Comme on ne pourra plus compter les millions de fois où ce nom sera prononcé ou mentionné dans la presse, autant savoir d’où vient l’étincelle qui a embrasé ce pays d’Amérique du Sud. Si vous ne l’avez pas déjà deviné, c’est bien une histoire de…brasier.

L’histoire -du mot- commence, encore une fois, dans les forêts (et pour cause) de l’ouest de la Germanie (donc forcément en Europe!) assez ‘tard’, environ au 12ème siècle) où la racine ‘brassa’ désigne un grand feu. Même son et même sens, à quelques centaines de kilomètres plus au nord, dans les futures tribus scandinaves. Sauf qu’à l’époque, il ne s’agit évidemment pas des flammes au milieu d’un camp scout mais de troncs d’arbres (d’où la forêt) qui brûlent sous forme de bûches; cela s’appelle un…bûcher!

Quand le bois (et parfois les morceaux d’ennemis) ont fini de brûler, il reste des ‘brassa’, qui vont devenir des ‘braises’ en français. Le feu va alors couver pendant deux ou trois petits siècles, jusqu’à ce jour où Manuel 1er (non, pas Valls, le roi du Portugal) expédie le navigateur Pedro Alvarez Cabral à la ‘poursuite’ de Vasco de Gama. Destination: les Indes, désormais situées du côté des Antilles et non pas du Gange, selon la gaffe de Colomb. Croyant débarquer sur une (autre) des îles ‘indiennes’ quand il touche la côte brésilienne, notre Pedro baptise l’endroit ‘Ilha de Vera Cruz’, l’Ile de la Vraie Croix. Mais, manifestement, fausse carte, qu’il corrige rapidement en ‘Terre de la Vraie Croix’.

Or, les colons s’aperçoivent rapidement que le magasin Ikéa du coin n’a qu’un seul produit en stock: une essence de bois rouge qui s’appelle (en v.o locale) ‘ibira pitanga’, précisément ‘le bois rouge’, et d’un rouge si vif qu’il fait penser à de la braise (rien à voir donc avec l’acajou). Il s’agit en fait du ‘pernambouc’ (nomenclature actuelle) que l’on va donc traduire alors en ‘pau-brasil’, le bois-brésil, non seulement à cause de la couleur de l’arbre mais aussi parce qu’il permet d’en tirer une teinture ‘de braise’ pour les tissus. Ainsi nait le Brésil.

Ironie de l’histoire, et surtout de la géographie: au 16è siècle, le terme de bois-brésil était déjà enregistré pour désigner une variété d’arbres poussant en Inde (la ‘vraie’, cette fois) et en Indonésie, que l’on connaissait depuis l’époque de Marco Polo. Le ‘brésil’ est donc une reprise (linguistique), qui a failli faire de l’Inde le Brésil, et du Brésil les Indes (vous avez mis le GPS?);

Voilà qui n’étonnera donc personne si, pendant les matches, les stades s’embrasent (et les spectateurs s’embrassent?). En tout cas, étymologiquement.


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