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Brétigny (sur Orge)

Brétigny

L’actualité n’a pas toujours de bonnes raisons d’être à la Une, dont celle des faits-divers. Il n’empêche, le mot le plus enregistré, imprimé, entendu et reproduit ces derniers jours est celui de Brétigny-sur-Orge, ville du département de l’Essonne désormais synonyme de catastrophe ferroviaire, et promise à l’oubli dès la prochaine naissance d’un(e) héritier(e) du trône d’Angleterre, sans doute. L’étymologie a toujours de ces coïncidences étonnantes: l’origine linguistique de la ville en question a un rapport direct avec un fondateur originaire de la…Bretagne, pas encore Grande à l’époque, mais tout de même, un ‘anglais’!

En effet, le mot qui va servir à désigner le village de la vaste campagne parisienne (à l’époque) remonte très loin dans le temps, en l’occurrence celui des Celtes, où la racine ‘britto’ désigne des pierres, et plus précisément un muret, un mur de pierres. Selon les endroits, cela pourra être également une construction en pierre, un abri ou une petite maison comme vous les imaginez très bien en…Bretagne. Même sans être technicien des langues, les variantes sont transparentes: ‘britto’ va donner plus tard ‘bretagne’ et ‘brit(t)any’, mais aussi ‘briton’ puis ‘breton’, à une lettre près dont l’alternance ne change rien au sens.

Arrivent les troupes romaines, toujours aussi surprises de constater que ces fous de bretons (continentaux donc, dans un premier temps) se prennent la tête à construire avec du lourd, alors qu’eux, plus intelligents, bâtissent dans du pré-Ikéa en bois, facile à produire, abondant à trouver, et pratique à monter/démonter (pas du Ikéa, donc). La Gaule romaine possède donc une Bretagne (la seule, la vraie) qui deviendra celle de la France, l’autre étant alors la Bretagne dite ‘insulaire’, future ‘Grande’ plus grande que l’Armor. Or, quelque part entre les années 400 et 600 après JC, un anglais exilé semble avoir été le proprio d’un domaine francilien que l’on va baptiser comme il convient à l’époque par l’adjectif ‘domaine du breton’, soit britaniacum.

Oubliez vos yeux et écoutez votre voix: le britaniacum peut très bien s’entendre ‘britagniacum’; puis la terminaison très latine -acum va se transformer, dans cette région, en un -y très traditionnel, pour donner ‘britagny’, et enfin, par un phénomène de métathèse (l’interversion des voyelles), en ‘bratigny’ puis ‘bretigny ’. Nous voilà arrivés à l’époque moderne, disons le début du 19è siècle quand même, où l’on va gratifier le ‘e’ de Bretigny de son accent aigu (impossible de ne pas l’imaginer et donc de le prononcer spontanément, pour éviter un ‘Breutigny’ inélégant). Encore presque un siècle d’attente, et, pour bien préciser les choses, voilà que se rajoute le nom de l’Orge, une rivière descendue des Yvelines et qui viendra compléter la carte de visite d’une dizaine de communes alentour (dont la plus connue est Juvisy).

L’énigme la plus discutée est finalement celle de l’origine du mot qui qualifie la rivière: l’orge, céréale antique, robuste et grossière, fut l’une des premières cultivées pour donner une bouillie puis une farine dont on tirera un pain de mauvaise qualité sans doute, mais elle aura aussi l’insigne fonction d’être à la base de la cervoise (la bière ‘gauloise’), ce qui n’est pas un mince atout pour nos ancêtres…Mais pourquoi une rivière pourrait-elle s’appeler ‘orge’, pour des raisons dont on n’arrive pas à retrouver traces, même dans les marécages de l’époque, terrain caractéristique des environs du domaine de notre Breton de Londres?

Sans doute la vaillante ‘herbe à chats’ supporte-t-telle aussi bien chaleur que froidure, mais pas forcément les terrains humides en permanence. Par ailleurs, pourquoi aurait-on réservé ce mot à cet endroit, alors que tant de greniers à céréales méritaient davantage cet honneur (Orgères, dans la région de Rennes, est beaucoup plus évident en la matière). Deux hypothèses se disputent alors l’étymologie du cours d’eau parisien:
1/ Etait-il ‘horridum’ comme le disait le latin, c’est-à-dire non pas horrible mais ‘hérissé’, comme un épi d’orge sans doute mais aussi comme une forme d’arête ou de branches; les romains y auraient alors vu (d’en haut) un réseau de canaux ‘hérissés’?
2/ Ou bien l’Orge était-il alors ‘orgeus’, autre mot latin qui a donné dans notre langue le mot…orgueil, insinuant dans ce cas que la rivèire était impétueuse ou avec un débit tourbillonnant? Dans tous les cas, il faut vraiment y mettre son grain pour comprendre…

Pourtant, Brétigny était jusque là plutôt associée à un aérodrome militaire puis à un centre d’essai en vol. Même si c’est la Luftwaffe qui fur la première à utiliser régulièrement ses installations de pointe (l’une des premières pistes de 3kms), le nom mit à l’honneur de nombreux succès aéronautiques français, dont le premier vol de l’aviatrice (de chasse) Jacqueline Auriol ou le premier passage du mur du son. Le plus utile est sans doute d’avoir permis de réaliser le test du premier siège éjectable, malheureusement indisponible dans les Corail de la SNCF…


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