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Brignoles (83170)

Brignoles

Après les émotions d’un dimanche électoral varois, petit décryptage sur un toponyme déjà largement médiatisé depuis le premier tour; il aura donc suffi d’à peine plus de deux mille (1) personnes pour mettre le feu à cette petite commune de l’arrondissement de Toulon, devenant en quelques secondes et pour une semaine l’objet de tous les commentaires et le nouveau centre du monde (politique), après la Gare de Perpignan et des gloussements à l’Assemblée Nationale. Profitons de ce coup de projecteur inattendu pour tenter d’éclairer l’origine de ce nom, car Brignoles a toujours fait partie des communes qui ne comptent pas pour des prunes. Y compris étymologiquement…

Il paraît que Brignoles était déjà occupée par des populations à l’époque néolithique, mais, à part de probables marécages et un mythique dolmen, on n’a pas retrouvé le panneau d’agglomération posé par la DDE de l’époque. Il faut donc attendre l’occupation romaine pour voir se développer des ‘oppidums’ (2), des places-fortes surélevées, bien pratiques pour voir arriver les ennemis. D’ailleurs, dans quelques siècles, ce seront les sarrazins qui viendront se heurter au front provençal, un château-fort dont ont trouve les premières traces au 6è siècle sous le nom de «Castrum Brinoniae», en français le camp-retranché des Brinons.

Bon, vous avez trouvé ça comme moi dans le premier recoin de page sur des sites ‘éthymologiques’ très documentés; ne reste plus donc qu’à se demander à quoi renvoie ce terme de ‘brinon’. Le surnom d’une peuplade sans doute, ou d’une tribu de probable provenance ‘italienne’. On trouve des mentions de ‘Briniona’ (la cité des Brinons), puis de ‘briniolacum’ et broniolacum, ces deux derniers termes, sous la forme d’un diminutif, désignant ‘une petite (chose, sous-entendu) venant de Briniona, en l’occurrence des…prunes. Car dès la fin du Moyen-Age, cette région fournit en effet une production de prunes réputées (les brignoles), dont la renommée (et les noyaux) parviendront jusqu’aux tables royales. A Paris, on les appellera parfois les brugnoles, peut-être par ‘attraction’ (abusive) de ‘brugnon’…

Mais si l’on revient à la racine latine, ce ‘Briniona’ phonétique prendra très normalement l’orthographe Brignone (puis Brignole), la combinaison ‘-nion’ s’écrivant inévitablement ‘-gn-’ en français (comme oignon). Le plus surprenant est que la toute-première forme du mot vient très certainement de l’italien (logique, après le latin) ‘bricconne’, adjectif qui définit quelqu’un de polisson, un coquin. Plutôt affectueux à l’origine, le ‘briccone’ va rapidement un ‘briggone’, une canaille; là aussi, il y a peut-être confusion avec quelqu’un qui cherche à ‘brigare’ (un fauteur de troubles). Sans commentaire, forcément. Sauf étymologiquement!

(1) 2160 exactement, soit 40% environ de seulement 33% des inscrits soit 5402 votants (à peine un canton d’une grande ville), chiffres du 1er tour évidemment.

(2) Oui, je sais, on devrait dire ‘oppida’ au pluriel en latin, mais si on va par là, il faudrait ouvrir les ‘alba’ photo de vos clichés d’ara (pas les perroquets, les fleurs), etc…


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Un commentaire au sujet de Brignoles (83170)

  1. Ne pas oublier qu’en langue piémontaise, « brigna » ou « b-rgna » signifie… la prune!

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