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Brulebois (Danielle)

Brulebois

Manifestement, le torchon (et peut-être les planches) brûle(nt) à l’Assemblée Nationale, dont l’hémicycle retentit de plus en plus souvent des ‘erreurs de jeunesse’ des nouveaux élus, vice-présidente comprise. En effet, lors d’une session dirigée par la remplaçante de François de Rugy, la députée du Jura (mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus) s’est vue reprocher une gestion des prises de parole un peu cahotique. Problème de micro ou pas, ce ne sont pas les commentaires qui ont manqué en fin de soirée, sans épargner son patronyme. A tort ou à raison?

En fait, il n’y a pas plus de quoi ironiser ici sur un nom de famille poétique que sur bien d’autres sobriquets beaucoup plus équivoques (1). Car, si de nombreux états-civils restent un peu énigmatiques au premier abord, un certain nombre de nos ancêtres ont été ‘baptisés’ de façon tellement simple qu’on a peine à en croire ses oreilles, surtout, comme c’est le cas ici, quand le nom est relativement rare…

Celui-ci vient prioritairement de l’Est de la France (sur toute la longueur, pas simplement le quart nord-est), dont la souche initiale est probablement le…Jura (actuels Doubs, Saône & Loire, etc). Ca tombe bien, outre sa circonscription élective, Danielle Marie Louise Bonnot (son nom de jeune fille) est née à Longwy…sur-le-Doubs (rien à voir avec la Lorraine donc), où l’un de ses aïeux a probablement écopé de ce qui fut d’abord un surnom, en rapport avec quelque chose qui…brûle. Car il s’agit bien dans ce patronyme d’un assemblage-collage d’une ancienne mention de ‘brule-bois’!

La première idée qui vient à l’esprit concerne le ‘brûlis’, cette technique séculaire pratiquée dans les campagnes pour défricher les terres. Mais, aussi bien dans les pinèdes de la Côte d’Azur que la garrigue corse ou basque, le futur ‘écobuage’ est souvent moins facile à maitriser qu’à démarrer, ce qui fait que le ‘brûlebois’, au sens de forêt, a fini par désigner un…incendiaire. Aïe pour les commentaires, le bois n’étant d’ailleurs pas la seule chose dont on pouvait faire feu.

En effet, à côté des simples Brulis (le sol), Brulat (la surface brulée), des Brulin ou des Brulon, on trouve de nombreux noms composés sur ce thème en rapport avec le feu, pas forcément toujours dévastateur: parmi lesquels le Brulefer(t), attesté dès le 14ème siècle pour désigner un forgeron. Logique, tout autant qu’un Bruletourte; la tourte étant la forme et le nom d’origine du pain, il s’agit donc d’une référence à un boulanger un peu étourdi («quoi, elle est cramée, ma baguette?»).

Plus compliquée est le Brulebau (parfois avec deux L d’ailleurs), ancienne graphie (écriture) d’un ‘bauc’ médiéval qui signifiait la poutre, au sens d’un gros billot de bois travaillé, il ne s’agit pas d’un criminel des greniers. Mentionnons enfin un mystérieux Brulavoine (on connait un bat -du verbe battre- l’avoine, mais là…); décidément, que d’occasions de mettre le feu aux poudres, y compris étymologiquement!

(1) voir dans les archives tous les noms de la ‘Série bizarre’ -taper cette expression- aussi bien masculins que féminins.


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Un commentaire au sujet de Brulebois (Danielle)

  1. Vos explications sont toujours aussi documentées et le style plein d’humour; je relis parfois plusieurs fois our tout comprendre mais c’set un plaisir. continuez et merci. Jean-Louis, Genève

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