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Bruxelles (Belgique)

Bruxelles

L’héroïne de cette fin de semaine est économique, puisque c’est la ville de Bruxelles, laquelle vient d’accueillir les (douloureuses) négociations politiques pour fixer le budget européen. Le seul nom de la capitale belge fait réagir les uns (les milliardaires) plutôt positivement, les autres (les agriculteurs) plutôt négativement; il fait parfois sourire (les touristes devant le Manneken Pis), ou même rêver (les gastronomes de la frite)…Mais qui s’est jamais arrêté, ne fût-ce que quelques secondes, sur ce que pourrait être la véritable étymologie d’une cité rendue célèbre par ses choux?

Un mot d’abord en préalable, au sujet de la Belgique, ou plutôt au sujet des Belges. Tout le monde n’est pas d’accord sur la racine originelle (sinon, ce ne serait pas belge): l’opinion la plus communément répandue rattache la tribu ancestrale des ‘Belgae’ (ça, c’est authentique et certifié) à un terme d’ancien-celte qui est ‘belo’ (ou belgo, d’où le nom). Ce mot fait allusion à…la lumière que dégage une botte de foin qui brûle, donc, en simplifiant, l’idée de brillance. Les spécialistes mettent ce ‘belo’ en rapport avec l’anglo-saxon ‘bael’ et le lituanien ‘balta’, qui signifient blanc. A preuve: c’est cette dernière langue qui a donné son surnom à la ‘mer blanche’ (du Nord), soit la…Balt-ique. Idem pour le slave qui a gardé le son originel de ‘belo’, transformé en ‘bielo’, pour en faire le nom de la ‘russie blanche’, la…Biélo-russie, évidemment!

L’autre hypothèse linguistique renverrait à une syllabe très ‘primaire’, peut-être antérieure à la création du bouquet de ce que l’on appelle les ‘langues indo-européennes’ (!); il s’agit du très guttural ‘bolg’ (pour faire Belg-ique), qui avait probablement une fonction d’adjectif évoquant (des tribus avec) une provenance commune, ou un avenir identique. Pas franchement convaincant quand on voit l’entente pas toujours très cordiale entre Wallons et Flamands, mais bon, c’était il y a plus de vingt cinq siècles…

Revenons donc à nos moutons (des vagues de Knokke-le-Zoute), pour nous concentrer sur Bruxelles. On trouve les premières mentions de la ville dans des écrits du 7è siècle, grâce à un certain Vindicien, ci-devant évêque de Cambrai, qui fit la bêtise de venir décéder dans la cité de ‘Brosella’. Il s’agirait en fait du terme latin (logiquement utilisé, dans les documents officiels), inspiré du germain (toujours eux) ‘Bruocsela’. Or, dans ce mot, il y a les racines ‘bruoc’ + ‘sela’, la premiè!re désignant un marais, la seconde une maison (en fait, une ‘salle’ commune, concept encore facile à repérer dans beaucoup de villes gasconnes, en général sous la forme ‘Salles’). Bref, en mémoire de Vindi-machin, on élève une chapelle autour de laquelle aurait commencé à se construire la future ‘Brucsela’, devenue Bruxelles.

Là encore, nous avons une étymologie typiquement belge puisque bi- voire tri-partite, puisque d’autres érudits préfèrent y voir une déformation de ‘brug’-'Zenne’. Depuis le vieux-germain jusqu’à nos jours, brug signifie le pont (comme en flamand ou néerlandais actuels, et aussi le futur ‘bridge’ anglo-saxon!), et Zenne serait une variante de l’actuel nom de la rivière qui arrose la ville, la Senne (non, pas la Seine)…Vous en voulez encore? La quatrième hypothèse, plus historique, s’appuie sur l’édification (en général, un événement capital dans une ville) d’un temple (cella, en latin) sur une hauteur (briga, en gaulois, ou en dialecte franc). ‘Briga-cella’ serait devenu Brug-celle (qui n’est donc peut-être pas celle qui vous croyez).

Voilà, voilà…Pour faire votre choix, vous demandez à Albert ou vous saisissez le Parlement, c’est vous qui voyez. Mais Bruxelles mérite deux petites précisions anecdotiques, pour terminer:
1/ Pour les fanas de l’Occitanie ou de la Gascogne, il n’y a aucun lien avec la ‘broga’ (une épine), ni même avec la ‘bruga’ (la bruyère) que l’on a rarement signalée dans les (anciens) marais bruxellois.
2/ Pour les tenants de la quatrième et dernière hypothèse étymologique (Brug-cella, le temple sur une hauteur), il convient de rappeler qu’en latin, le premier sens de ‘cella’ est une…cave, puis un magasin de réserve; la langue classique en fera tout d’abord une chambrette, puis une salle de bains (!) et enfin le fameux petit temple. Par Bélénos, Bruxelles serait-elle bâtie sur un ‘cellier’?


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