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Caddie

caddie

Non, ce n’est pas une faute d’orthographe: pendant tout cet article, le Caddie sera écrit avec une majuscule, car il s’agit d’un nom ‘propre’, propriété intellectuelle d’une société alsacienne, et créatrice du chariot à roulettes que vous utilisez à chaque fois que vous allez au supermarché. Nonobstant ce produit mondialement connu (et utile), la-dite entreprise de Schiltigheim (Bas-Rhin) fait, depuis 2012, l’objet de recapitalisations et rachats divers pour éviter le dépôt de bilan, car il y a aujourd’hui de la concurrence dans plusieurs pays. Mais savez-vous que ce système de transport très emblématique de la ‘société de consommation’ a une origine quasi…historique?

Si l’on remonte le temps, il faut commencer par l’histoire industrielle de la société des Ateliers Réunis, qui fabrique, à la fin des années 1920, des…mangeoires pour volailles et quelques ustensiles ménagers en fer, ou plus exactement en fil métallique. Voilà qui va donner des idées à quelques ingénieurs qui vont créer, à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, un chariot à base de grilles, dont le premier modèle est lourd et bruyant. Il faut dire que l’engin circule principalement sur des dalles de ciment (ou de macadam), qu’il n’a pas d’amortisseurs très élaborés (c’est le moins qu’on puisse dire) et qu’à l’origine, on ne le pousse pas devant soi mais on le tire.

C’est sans doute ce qui a donné l’idée de le comparer au…caddie des parcours sur gazon, nom commun cette fois qui désigne alternativement le tube à roulettes contenant les clubs de golf et/ou le jeune homme chargé de tirer le véhicule en question. Voilà qui nous fait radicalement changer de milieu social, puisque l’ancêtre de la formule 1 préférée des enfants dans les rayons des Grandes Surfaces du samedi doit son nom à l’accessoire d’un sport longtemps réservé à un milieu plutôt aristocratique. Sur les ‘greens’, le gamin qui tire le caddy est d’abord un fils de (la) famille, puis plus largement un employé ou un porteur, à tel point que le mot s’évadera des terrains -uniquement anglais- pour désigner, dans le langage courant, un simple commissionnaire ou un garçon de courses (pour faire les courses, rien à voir avec le turf).

Là où le Caddie fait le plein de surprises, c’est qu’à vrai dire, ce ‘caddy’ (ou caddie) si typiquement anglais est de souche…française, surtout étymologiquement! Et là, l’histoire est la suivante: au milieu du 16è siècle, une certaine Marie Stuart, future reine d’Ecosse, passe sa jeunesse en France. Or, à la Cour royale, ce sont des fils de militaires qui portent les accessoires de ‘golf’ (plus exactement du ‘jeu de mail’), au service des nobles. Et comme les jeunes hommes sont d’origine gasconne (chasse-gardée de tout ce qui se bat à l’époque, mousquetaires compris), ce sont des ‘capdeths’ (en gascon) soit des cadets en français. On dit que Marie ramena le terme dans ses terres écossaises, où il se transforma phonétiquement en ‘caddy’, et ça roule!

Plus prosaïquement, d’autres attribuent l’exportation du mot à de simples voyageurs britanniques, en villégiature en Béarn (quand même), qui louaient les services de porteurs locaux pour leurs bagages. Dans un cas comme dans l’autre, l’emprunt à la langue régionale reste très logique, car, contrairement au fantasme généralement répandu, «l’Angleterre n’a pas occupé l’Aquitaine» mais c’est plutôt le gascon (davantage que le français) qui témoignait, à la Cour de Londres, de la culture aristocratique: la noblesse éduquée parla pendant longtemps le dialecte palois!

Quel parcours que cet ‘antonomase’ commercial: en effet, si le ‘modèle’ est déposé par la société ci-dessus, il est depuis longtemps usité de façon très ordinaire, figure de linguistique qui transforme un nom dit propre en nom commun. Un Caddie est donc devenu caddie, tout comme le roquefort (le fromage originaire de Roquefort), la poubelle (patronyme du préfet de Paris Eugène), ou encore le bordeaux (le vin de Bordeaux), le champagne (de Champagne), etc…Il n’y a qu’au 19è siècle qu’on demandait ce qu’il y avait ‘dans votre caddy’ sans espérer y trouver autre chose que du…thé, car, dans la bonne société anglaise, c’est le nom qu’on donnait autrefois aux boites en fer décorées dans lesquelles on conservait les précieuses feuilles séchées. Du thé plein son caddy, franchement…


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