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calomnie

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Promis, juré, c’est (peut-être) la dernière fois qu’on met l’affaire Sarkozy à la Une, mais le mouvement des vagues médiatiques est tel qu’il est bien difficile de se priver de quelques remarques, étymologiquement parlant bien sûr…Outre la culture politique -sinon littéraire- «médiocre» (pour reprendre un terme favori de l’ex-président) exhibée ce jour par la vice-présidente LR de la Région Grand-Est en citant pour sa défense «…le pays de Montaigne et de l’Esprit des Lois…!» (1), l’un des mots récurrents cité par Nico l’autre soir à la télévision est savoureux: la calomnie.

En fait, le terme est venu dans la bouche de l’ex-gardé à vue lors d’une rafale d’éloquence, soit « …haine, boue (2), médiocrité et calomnie…»; c’est moins poétique mais quasiment aussi bien rythmé que du Baudelaire («ordre et beauté, luxe, calme et volupté»), mais question racine(s), on a droit à une petite surprise!

Car la calomnie, c’est, comme le chante la basse Don Basile dans le Barbier de Séville, «d’abord rumeur légère, un petit vent rasant la terre » (venticello, en v.o de Rossini); voilà pourquoi, comme dirait plus probablement l’ex-locataire de l’Elysée «ça me les brise (de mer)»…Et plus loin, «…par un léger murmure, d’absurdes fictions…le mal est fait, il chemine, il s’avance…et de haine aussitôt un chorus général…», bref, exactement le même discours en moins poli(-cé?) mais tout aussi lyrique (revisionnez le replay TF1).

Alors, calomnie, ça vient, oui ou non? Voilà, voilà…’Calomnie’, du latin ‘calumnia’ (c’est pas facile?) qui désigne une tromperie. Logique. Et alors? Tromperie pas dans le sens que vous croyez, celui d’un accusé (allez, disons prévenu) au tribunal, mais la mauvaise intention de quelqu’un qui cherche ‘chicane’, comme on disait au temps de Molière ou plutôt de Racine («Les Plaideurs»). Ben oui quoi, on a compris, une accusation malhonnête destinée à salir la réputation d’une personne…

Pas du tout! La calomnie, chez les Romains, c’est (je cite) «l’utilisation astucieuse et abusive de…la loi dans le but de faire trainer une affaire ou de manipuler un individu ou un groupe». Exemple de ‘calomnie’: déposer 5322 mandements contre la loi sur le mariage pour tous ou tout autre projet législatif, histoire de faire peser le soupçon…d’incompétence sur le(s) rapporteur(s) des commissions.

On voit clairement comment le sens a légèrement glissé pour atterrir dans le langage commun en ne gardant que l’esprit (de la lettre sinon des Lois, Mme Valérie Debord), avec un ultime clin d’oeil, strictement ‘technique‘ celui-là, puisque l’orthographe du mot a évolué en ‘chalomnie’ en ancien-français (prononcez le ch- comme dans chorégraphie), puis…chalenge, avec un seul L.

Et comme souvent encore, nos meilleurs ennemis (anglais) ont tôt fait de nous piquer le terme (à la fin du 19è siècle seulement) pour en faire un ‘challenge’ qui nous reviendra dans la figure en 1906 (à l’occasion d’un tournoi de ‘tenez’ en français, soit ‘tennis’ en…anglais!). Moralité: la calomnie, c’est, littéralement, un vrai…défi de s’en débarrasser.

« …et l’on voit, le pauvre diable,
Menacé comme un coupable,
Sous cette arme redoutable,
Tomber, tomber, terrassé…»
(Rossini, 1824)

(1) Ecrit en fait par Montesquieu, un siècle plus tard…

(2) Forcément boueux: (re)lisez l’analyse de son nom dans la chronique dédiée!


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