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Christian, la tempête

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Si vous ne savez pas quoi faire pour frimer, offrez-vous une dépression, une vraie, de celles qui arrachent les arbres avec un vent de 100 kms/heure, et qui vous permettront de passer à la postérité pour un temps que l’on souhaite le plus court possible, par égard pour ceux qui sont en dessous. La tempête du moment s’appelle donc Christian, et comme un certain nombre de ses prédécesseurs, porte le nom d’un…français, qui l’a achetée à des allemands. Qu’est-ce-que tout cela veut dire? Explications.

Vous pouvez en effet vous payer de luxe (199 euros pour une dépression, 299 euros pour un anticyclone) de déposer votre prénom auprès de l’organisme qui gère le nom de baptême des perturbations atmosphériques (en Europe), l’Institut Météorologique de Berlin. Prénom féminin pour les années paires, masculin pour les années impaires, c’est donc à un certain M. Widera que l’on doit le nom de ce phénomène pas très catholique. Cà tombe plutôt mal, il s’appelle Christian!

Car avant d’être ce que nous considérons comme un prénom, christian est un adjectif (puis un nom commun) qui qualifie ceux qui ont choisi de suivre le…Christ ou de s’en approcher, les chrétiens (voyez le sens actuel de l’anglais ‘christian’, que l’on peut traduire -aussi- par baptisé). En français, l’évolution du mot à travers le temps est d’ailleurs éloquente: on disait autrefois ‘christin’, puis ‘chrestien’ ou ‘chrestian’, ce qui a laissé dans notre langue des patronymes comme Chrestia (en Sud-Ouest) et Chrestiaa (le même, version béarnaise), en plus de tous les Chrétien, astronautes ou pas.

Or, comme le ‘ch-’ initial se prononce ‘k’, il est tout à fait logique qu’on trouve également des voisins phonétiques comme les Cristin, les Crétien, et les…Crétin, doux petit-nom plus facile à porter à la cour de Louis XI (qui ne connaissait pas encore le crétinisme; enfin, le mot, pas la chose) que dans les cours d’école du 21è siècle. Mais alors, pourquoi tant de haine envers les crétins, qui, en réalité, ne sont pas des idiots mais des…malades, qui souffrent d’une «affection due à une insuffisance thyroïdienne entrainant un arrêt du développement physique, voire intellectuel» (fin de citation).

Constatée dès le 17è siècle, la pathologie en question s’est d’abord attachée à l’aspect physique justement, et le mot a progressivement pris le sens de maigre ou chétif, histoire de ressembler, en bon…chrétien, à l’image du célèbre crucifié, dont les représentations, en peinture ou sculpture, ne respiraient pas le fitness, ce qui se comprend aisément après trois jours et deux nuits en apnée pour cause de bras en croix (évitez de faire ça à la maison).

Autre hypothèse, mais qui n’arrange rien, les chrétiens avaient la réputation d’être tristes (remarquez, quand on est persécuté puis martyrisé, difficile d’être jovial). D’où le sens de chrétien donc malheureux, malheureux donc déprimé, déprimé donc sot! (Je sais, la glissade est osée, mais figurez-vous qu’au Moyen-Age on considérait d’emblée quelqu’un de laid comme étant forcément méchant car il ressemblait au Diable. Alors, si en plus vous faites la tronche…)

N’en tirez aucune conclusion sur l’initiative de notre fan d’Evelyne Dhéliat, d’autant qu’il faudrait peut-être penser un peu aux autres, en l’occurrence les anglais, dont les habitants de la côte sud en ont pris, eux aussi, plein la moustache au passage. Mais chez eux, la tempête s’appelle St Jude, autrement dit une version occidentalisée du prénom…Judas. Serait-ce chrétien de faire un commentaire?


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