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Cultissime!

Cultissime

On doit cette saillie à l’enthousiasme mondain du chanteur Christophe Willem, dit (il y a quelques années) «la Tortue», interprète qui veut surnager lontemps et donc ménage sa culture. Or, son dernier opus l’en atteste, l’homme est un musicien doué, mais il vient d’accompagner la promotion de ce dernier album dans les media d’une rafale systématique de «cultissime!». Ne vous méprenez pas sur sa modestie: il ne s’agissait pas de lui, mais de commentaires sollicités par un journaliste au sujet de chansons ou musiques composées par de grand(s) chanteurs(ses). Mais, au fait, d’où vient ce mot à la mode?

Etymologiquement parlant, « culte » n’a rien à voir avec…culture. En effet, le premier est un adjectif dérivé, depuis le 16è siècle, du verbe latin « colere », qui n’a rien à voir avec la colère, mais qui veut dire adorer. D’où le sens de « j’adôôôre », que l’on trouve dans la bouche des « people » du show-business. Le seul petit vernis de culture que l’on trouve dans « cultissime », c’est l’emploi de ce suffixe superlatif, qui cherche à exprimer le stade ultime d’une extase quasi-inatteignable, un emploi tombé en désuétude depuis longtemps, sauf à être grandissime ou richissime, ce qui est déjà plus difficile à caser dans un diner en ville. Pour être définitivement « hype », vous pouvez doubler votre petit effet linguistique en disant « c’est juste cultissime », en employant complètement à tort l’adjectif ‘juste’, au sens de « très » ou « beaucoup », à l’anglo-saxonne.

La culture, elle, qu’elle concerne la pousse des carottes ou l’étude des peintres flamands du 16è siècle, découle directement d’un autre mot latin (cultus), qui désigne très directement le travail de labour, de retournement de la terre, bref, de la (vraie) culture. Après avoir cultivé son champ, puis son jardin (Voltaire), l’homme va cultiver son esprit, en utilisant ce mot au sens figuré. Il y a donc une sacrée différence entre le culturel (qui vient de la culture) et le cultuel (qui a un rapport avec le…culte), car le mot qualifie également ce que l’on adore, en matière de religion, et à quoi on « voue un véritable culte », pour reprendre une expression bien éculée.

En foi de quoi, si vous m’avez bien suivi, il apparaît qu’on peut être culte (et même cultissime) tout en étant inculte, ou être assez cultivé pour ne pas adorer n’importe quoi ou n’importe qui. Sauf, les culturistes peut-être, qui vouent un culte à leur corps tout en le cultivant.

Et comme ce qui est culte signifie souvent ‘être à la mode’, selon le sens actuel, donc en pleine lumière (je n’ai pas dit lumières), le cultisme (le caractère de ce qui est culte) n’a rien à voir non plus avec l’oc-cultisme, c’est à dire ce qu’on cherche à cacher, à dissimuler, ou qui se cache pour être pratiqué.

En tous cas, notre Christophe, qui s’appelle Durier en réalité (et que sa maman voulait prénommer William, d’où ce pseudo en Willem) ne pouvait pas cacher sa démarche lorsqu’il est apparu dans l’émission de téléréalité de la chaine M6, brinquebalant ses longs bras dans une attitude nonchalante habillée d’un pull-over à rayures vertes, ce qui fera s’exclamer la jurée Marianne James, lâchant alors un…cultissime « On dirait une tortue », et gratifiant ainsi le jeune concurrent d’un surnom qui fera en partie sa renommée.

On pourrait dire de cette ‘tortue’ bien des choses en somme, mais au moins signalons pour terminer que le mot, au 14è siècle, se disait « tortuga », et qu’il représentait une sorte de participe passé du verbe médiéval…tordre! A l’origine, une tortue (comme une mordue, une ventrue, une verrue), c’est donc une…tordue. D’où l’exclamation de Marianne devant la longiligne stature de Christophe surmontée d’un cou étiré comme celui de cet animal injustement catalogué pendant des siècles. En effet, la mythologie classait la tortue, « monstre » préhistorique âgé de quelques millions d’années de plus que l’homme, parmi les créatures du Mal car on pensait que la tortue était remontée des Enfers pour venir sur terre, alors que, dans le même temps, le Bien était représenté par…le coq, pas encore gaulois, rassurez vous. Quoi qu’il en soit, voilà un surnom qui a sans doute contribué à rendre notre brave Willem…cultissime.


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