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Dassault

Dassault

Histoire des Marques, suite. On a bien dit mille fois ici que l’étymologie, si elle est une affaire de phonétique, ne souffre pas de plaisanteries verbales faciles. Pourtant, avec le patronyme qui nous intéresse aujourd’hui, voici à la fois une histoire de marque industrielle et un sujet d’actualité; en effet, Dassault le deuxième du nom, patron de l’empire militaro-aéronautique et néanmoins homme politique français, est actuellement survolé par quelques ennuis judiciaires liés à des détails électoraux. On suppose qu’il va nous écraser tout ça en faisant passer des chars dessus, des chars…d’assaut bien sûr.

Car, incroyable mais vrai, ce (pitoyable et tellement impensable) jeu de mots est bien à l’origine de la réussite de la dynastie des…Bloch, véritable nom d’état-civil d’une famille de souche juive ashkénaze (la branche ‘de l’Est’ de l’Europe, ce qui explique la fréquence actuelle du patronyme dans le quart Nord du pays, et plus spécialement en Alsace). Le premier à transformer ce Bloch est le général français Darius Paul (frère de Marcel, le fondateur du groupe industriel), qui écopa de ce qu’il faut bien appeler un pseudo lors de son ralliement au Général de Gaulle pendant la Seconde Guerre Mondiale. Nom de code: Chardasso (ça ne s’invente pas), nettement plus poétique pour les français, et plus énigmatique que ‘panzer’ pour les allemands.

A la sortie de la guerre, toute la famille char-d’assaut (pseudo bien choisi pour de futurs fabricants d’armes, non?) va hériter de la blague du tonton, et la descendance peut désormais faire bloc et prendre…d’attaque le marché mondial de l’avionique en affichant en rafale ses autocollants bleus. Marcel-Serge-Olivier connaissent d’ailleurs aussi bien la musique (surtout le dernier, compositeur à ses heures passées) que les partitions électorales…Cela étant, si Dassault est une pure invention sonore (1), il n’empêche que Bloch a(vait) quand même une étymologie très précise.

Certains étymologistes voudraient relier le mot à…bloc (décidément, les galéjades), non pas bloc-notes mais bloc-de-bois, autrement dit un billot, un cube de bois, exactement comme le terme allemand ou anglo-saxon de ‘block’ (le ‘cube’ pouvant être plus couramment un pâté de maison). L’orthographe, avec -ck, ne semble pas favoriser beaucoup cette hypothèse. Beaucoup plus crédible est une racine antérieure au 10è siècle et originaire de la région actuelle de Pologne, qui est «wloch». Ce (pseudo, lui aussi) «w» est en fait très guttural, et va se transformer en «g» ou en «b» en français. Tout comme Wilhem deviendra Guillaume, ou le ‘wid’ germain donnera le ‘gui’ français, wloch va devenir bloch, adjectif qui désigne…les ‘non-germains’ (ou slaves, selon les régions), autrement dit des étrangers (leurs emmerdeurs privilégiés du moment étant les Romains) ! Exactement comme étaient les ‘barbares’ pour les-dits Romains, c’est-à-dire des ‘non-latins’ (affublés, en outre, d’une barbe ou d’une langue ‘bal/rbutiante’, d »où leur nom).

Finalement, quitte à faire un jeu de mots, que se serait-il passé si monsieur ‘Chardasso’ avait plutôt gardé le début de son nom? Sans doute une confusion avec le poète et…résistant français René Char, dont le patronyme se trouve à une roue (sans chenilles) du nom commun, puisqu’il s’agit de l’ancien surnom du char-retier. Nettement moins aérien, évidemment!

(1) A choisir, Chaban-Delmas avait davantage de ‘sens’ (voir dans les archives)


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