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délinquant

Menottes

C’est le mot à la Une de beaucoup de médias, certains l’accordant avec l’intégrisme religieux du moment, d’autres à propos d’actes d’incivilités (euphémisme) banlieusardes. En l’absence d’un patronyme émergent pendant ces quelques heures de tranquillité (en tous cas, n’appartenant pas à une personnalité dont il a déjà été question ici*), arrêtons-nous un instant sur ceux que la police arrête elle-même, avec ou sans négociation à l’amiable.

Délinquant: participe présent ‘substantivé’, c’est à dire que la forme conjuguée (le participe est un mode, comme l’indicatif, le subjonctif ou l’infinitif) a été ‘figée’ sous l’aspect d’un nom commun; délinquant, délinquante (formes verbales), sont donc devenus un délinquant, une délinquante (formes nominales)…Voilà pour l’aspect théorique des choses, et l’analyse de la terminaison du mot. Nous reste donc ‘délinqu-’, dont on peut parier sans risque qu’il possède un préfixe (dé-). S’il y a des délinquants, c’est qu’il y a des ‘linquants’, et c’est là que cela fait du bien de remonter un peu dans le temps, car on ne peut pas faire chute plus vertigineuse en ce qui concerne le sens de ce terme qui apparaît dans le vocabulaire français à l’époque de Jeanne d’Arc (1429 ou 1431, selon que vous prenez comme repère le pince-fesses de Reims ou le barbecue de Rouen).

Car le verbe linquer existait encore à cette époque (je linque, tu linques, nous linquons), en ligne directe de son homonyme latin ‘linquere’, qui ne signifiait déjà plus que ‘laisser’ ou ‘abandonner’…Quel rapport? Tout simplement la force du sens à l’époque romaine classique, puisqu’en fait il fallait comprendre quelque chose comme ‘s’éloigner’ (du droit chemin, ou de la loi), ‘renoncer à’ (son devoir ou son honneur), ce qui nous met tout de même la délinquance à un autre niveau que les faits qualifiés dans un rapport de police au sujet d’un mec en survêtement de contrefaçon tissé au Pakistan. Un délinquant, à l’époque de la bergère lorraine, c’est un homme qui choisit (et non pas qui subit) d’abandonner sa place dans la société et qui en disparaît quasiment. D’ailleurs, parmi les autres sens (figurés) du mot latin, on l’utilisait également pour décrire quelqu’un qui…s’évanouissait, c’est à dire dont la conscience se dérobait à la réalité.

On voit assez facilement comment un linquant («celui qui disparaît de la face du monde») est devenu un dé-linquant, avec un préfixe augmentatif, qui accentue la racine; en s’enrichissant d’une syllabe et en s’appauvrissant au cours des siècles, le mot va être progressivement réservé à ceux qui ont choisi de s’exclure de la communauté tout en renonçant aux préceptes de la morale. Chacun trouvera -ou non- de multiples interprétations dans le vocabulaire moderne. Permettez donc que je linque jusqu’à la prochaine chronique.

(*) de nombreux nouveaux lecteurs me questionnent sur les ‘people’ en vue, que ce soit en politique ou dans le show-business. Ils (et elles) sont presque tous (toutes) présent(es) dans les archives du site. Tapez un nom dans le champ de recherche en haut de la page, et le répertoire vous donnera en général deux ou trois articles où ce mot est cité.


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