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Cannibales

Cannibales

Coupe du Monde de handball: les Bronzés, les Barjots, les Costauds, et enfin les Experts. Avant leur victoire finale contre le Qatar, ils ont été les…Patrons du match de demi-finale contre l’Espagne tenante du titre. La tâche était donc ardue, mais les Bleus ont dû ‘bouffer’ les Rouge & Or, d’où l’immergence d’un ultime qualificatif dans la presse: les Cannibales…Vraiment? Cà tombe plutôt mal, surtout face à l’Espagne!

C’est en effet grâce à (ou disons plutôt à cause de) l’irruption transatlantique du sieur Christophe Colomb et de ses troupoes que le mot a fait son apparition en Europe; car, à l’origine, il s’agit d’un terme autochtone* qui appartient aux «sauvages» (dixit Cri-Cri) de l’Hispanolia, petit nom à peine colonialiste dont les-dits conquérants ont affublé les résidents caribéens en débarquant.

Pour résumer le plus simplement possible, ce que vont comprendre les oreilles ibères en demandant leur chemin aux habitans éberlués, c’est ‘caraïba’, ou plus exactement ‘cariba’ (sans doute un peu perturbés par ‘arriba, arriba’, les madrilènes). Puis, ‘cariba’ va s’éroder en ‘caniba’…il est alors tentant de construire, à la manière des langues latines, un adjectif ou un substantif ‘canibale’ (avec un ‘n’, deux, ou trois si ça vous fait plaisir), qui désigne donc simplement un habitant de la Caraïbe.

Seulement voilà, le gros problème de la diététique locale, c’est qu’elle est également parfois anthropophage, étymologiquement : qui mange (phage) l’homme (anthropo). Sérieux bug dans les cerveaux des marins de Caravelles: ‘chez nous, cela ne se fait pas’. Du coup, tout ce qui dévore son espèce va devenir ‘cannibale’, sans être obligatoirement originaire du Triangle des Bermudes! Et, malgré les apparences (phonétiques), un cannibale n’a rien à voir avec les chiens (cani-) aux dents longues (cani-nes) ou qui jouent à la balle (cani-balle)…

On dit que le terme plut beaucoup à Voltaire, qui se popularisa, bien que Montaigne en ait déjà eu connaissance deux siècles avant, gros succès également chez nos amis belges, pour lesquels commander un cannibale n’a rien d’humainement inconvenant, puisqu’il s’agit d’un simple steack tartare. Cru donc, et non pas cuit, léger contre-sens au regard des habitudes culinaires amérindiennes, qui, eux, faisaient rôtir les morceaux avant de les manger (sauce à volonté). Ils étaient donc bien à la fois cannibales et anthropophages, privilège quasi-réservé à la race…humaine! Dans le monde des insectes par exemple, la mante religieuse est cannibale (elle dévore le mâle de son espèce, mais elle n’est pas anthropophage, évidemment). Chez les félins, le lion est bien anthropophage (à l’occasion), mais il n’est jamais cannibale (sauf rivalité insoutenable devant une femelle, mais ça n’est jamais pour se remplir l’estomac); chez les poissons, beaucoup de cannibales (gros poisson mange le petit) mais peu d’anthropophages, sauf le requin par exemple. Etc, etc.

Alors, si nos joueurs de handball ont été cannibales à l’endroit des espagnols (ironie de l’Histoire), c’est peut-être parce qu’ils ont croqué leurs ambitions avec une technique de jeu dévorante, ou que le gardien avalé les ballons mais ils n’ont en aucun cas été anthropophages. Enfin, sauf information de dernière minute sur le repas d’après-match…

(*) littéralement, en deux racines grecques: ‘propre (auto-) au territoire (-chtone). Version latine parallèle et simultanée: indi-gène…


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