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Douvres

…(en cette fin d’année, c’est Père Noël, foie gras ou piqûre antivirus avec locataire d’Ehpad au bout de la seringue), l’image marquante a été celle de milliers de poids-lourds stockés sur une aire d’aéroport désaffecté à Douvres. Autant dire un flot de camions jetés comme autant de petits cailloux sur la piste. Peut-être même étymologiquement…

Douvres, port…anglais bien sûr (est-il nécessaire de le rappeler), qu’il convient donc d’appeler ‘Dover’, l’occasion de signaler un phénomène de métathèse, soit, très schématiquement,  ‘l’inversion’ possible ou tout simplement le changement de position de certaines lettres (voyelles ou consonnes) quand une racine passe d’une langue à l’autre.  Exemple parmi des centaines d’autres, dans le registre franco-français: des Peyre occitans devenus Pierre en parisien (i/e); ou des ‘centre’ anglais devenus (et prononcés) ‘center’ en américain (e/r), etc…pour des raisons le plus souvent d’évolution dans la prononciation: la preuve avec le voyage du ‘r’ entre Douvres et Dover (et retour). Rien à voir donc avec une histoire ‘d’ouvre-ture’, surtout en période de Breixit…

Bref, notre Dover est généralement considéré comme une forme ‘déformée’ issue d’une très ancienne syllabe d’origine celte, qui serait ‘dubros’ ou ‘doubros’, et qui désignait l’eau. Comme cela a déjà été signalé à plusieurs reprises ici, les Anciens – quels qu’ils soient, Grecs, Latins, Européens ou Egyptiens – avaient plusieurs mots pour distinguer une eau stagnante, jaillissante ou rugissante, selon le cas.

Celui qui nous intéresse…découlerait d’un son ‘dour’ encore plus reculé, que l’on retrouve avec constance dans plusieurs coins du continent pour faire allusion à un fleuve, en tous cas un endroit aux ‘eaux abondantes’ (estuaire, confluence ou côte affectée apr une marée). De l’Adour à la D(o)urance ou à la Do(u)rdogne françaises, en passant par le Douro portugais (Duero sur la partie espagnole) pour ne citer que les plus proches, nombreux sont les sites fluviaux ou parfois maritimes qui empruntent à cette racine.

Ce serait donc la source du nom Dover pour nommer le port britannique du Kent, après une évolution depuis le latin ‘Dubris’, lequel semble également avoir servi pour le Douvres français de l’Ain (Région Rhône-Alpes), référencé d’après un ‘dubron’ gaulois ou ‘dubra’ (pluriel neutre romain), au nord de la capitale des Gaules. On aurait dans ce cas un affaiblissement du ‘b’ en ‘v’, via un stade ‘duvris’ puis ‘douvris’, l’un faisant douvres et l’autre dover (pour résumer)…

Un fleuve ou une rivière qui laissent leur nom aux villes qu’ils traversent, ce n’est pas si original…Ce qui le serait davantage, c’est une autre étymologie possible qui déborderait totalement le cours de l’histoire linguistique, à savoir un village construit sur des rives riches en ‘dove’, non pas en colombes au sens actuel du mot anglais, mais en galets, ces cailloux blancs roulés par le flot et ovales comme les oiseaux roucoulants (belle image poétique, non?) posés sur la plage primitive du site.

Pas de quoi jeter la pierre pour autant aux définitions hâtives, sauf peut-être aux décisions administratives concernant des routiers qui ont eu l’impression d’être pris pour des pigeons, tout en restant en rade. De Douvres bien sûr.


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