C’est un  »juge en colère » (1) -ou presque, en tout cas en panique- qui ne cesse d’invoquer la catastrophe finale pour son parti (LR) à l’élection présidentielle, si l’on ne trouve pas un ‘plan B’ d’urgence. Mais, ni plan B(aroin), ni plan J(uppé), ni plan S(arkozy) à l’horizon (de ce jour), la situation commence à chauffer les oreilles du député du Rhône et ancien magistrat. Normal, elle sont si grandes, au moins étymologiquement…

Contrairement à quelques suggestions que j’ai reçues, ce Fenech-là n’a rien de breton (ah, les récupérations séparatistes!), car ce n’est pas du ‘fenec’h'; et, si vous voulez bien prendre avec légèreté et distance l’indice que je vais évoquer, l’ami Georges n’a pas non plus, apparemment, un profil spontanément armoricain, mais, comme disait Alfred (2),  »Il ne faut jurer de rien »…Il ne faut pas aller chercher bien loin (quelques centaines de kms quand même) pour apprendre que les ancêtres de papa Fortuné avaient installé leur famille en Tunisie en provenance de Malte, une île de Méditerranée principalement connue pour avoir abrité quelques générations de chevaliers en Ordre, pour éveiller quelques souvenirs de cinéphiles amateurs de faucon (maltais), et enfin battre régulièrement la France à l’Eurovision (Malta, ten points…).

Au cas où la question se poserait, les gens de La Valette n’ont pas plus de rapport avec le malt (d’après le terme anglais…malt, lui-même piqué au ‘malz’ germain vers le 14ème siècle), que Georges n’en a avec un renard des sables, notre fennec au pavillon auditif pointu et étendu. Enfin presque, cela dépend de quel côté de la mer on se place: qu’il y ait un ‘n’ ou deux ne change rien à l’affaire, ni ce ‘h’ final tout à fait muet puisqu’il traduit en fait la graphie (l’écriture) du terme maltais -tiens!- ‘fenek’, lequel désigne un…lapin. Bon, on n’y a pas trop perdu question portugaises, mais il ne faut pas mélanger les canidés avec les léporidés, par ailleurs viande traditionnelle de la cuisine locale.

On se bat encore pour déterminer avec certitude les raisons de cette présence peut-être envahissante à un moment de l’Histoire, le territoire ayant été colonisé maintes fois par des populations qui auraient apporté une bestiole forcément pas venue à la nage, même depuis le néolithique. Rappelons quoi qu’il en soit que lièvre et lapin se disputent la paternité d’une reproduction aussi rapide qu’imagée (3), et que nombre de documents, même officiels, rappellent la présence tutélaire du Jeannot dans le pays; d’où le possible surnom d’émigrés se présentant comme venant de  »l’île du lapin ».

Car, du côté de Sousse (ville natale de Georges en Tunisie), le même ‘fennec’ ne saute plus (sauf sur les petits animaux des dunes) puisqu’il concerne bel et bien cette fois ce renard que, à défaut d’être ‘roux’, nous avons appelé ‘des sables’, ce qui ne l’empêche pas d’être aussi futé (4) que son cousin européen. Autrement dit, encore un mot arabe sans lequel ne français n’existerait pas…A vrai dire, si l’on force un peu la phonétique, on trouve bien en gallo-romain le mot latin ‘fagina’, qui va donner les patronymes Faynat, Faynal ou même Faynac; mais ‘faynac’ n’est pas ‘feynec’, même si le mot en question veut dire…la fouine!

On n’est pas plus fixés sur le nom de Malte lui-même, sauf qu’il n’a donc rien à voir avec l’orge. Chronologiquement, ce sont les Grecs qui sont passés les premiers, baptisant l’île ‘Mélita’, d’après le mot ‘miel’ (méli, comme Méli…ssa, la métisse d’Ibiza à la peau couleur de miel, à l’époque pas d’acacia!). Pas besoin forcément de ruches dans le secteur (peu probables d’ailleurs), il suffit que les navigateurs soient arrivés un soir au coucher de soleil pour récupérer le sens figuré (on dit bien  »Naples au baiser de feu »), même celui d’un endroit paradisiaque ( »où coule le miel des Dieux)…

Puis vinrent les Phéniciens, qui possédaient une syllabe ‘mit/milt/milta’(?), déformée localement pour définir une terre ‘refuge’ au milieu de la mer, un abri-côtier si j’ose dire; l’un n’empêchant pas l’autre. Vous choisirez votre version personnelle (ou une autre, dites-nous si vous en savez davantage). Mais pour le moment, c’est pas encore l’Olympe pour le parti de Georges Fenech. Sauf étymologiquement peut-être.

(1) L’un de ses premiers livres; avec ‘Main basse sur la justice’…
(2) De Musset
(3) Une marque très connue de…photocopieurs
(4) Pour l’étymologie de renard, voir tout patronyme qui tourne autour de Renaud, Raynaud ou…Ronaldo (Cristiano).