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Friday (Black)

Black Friday

Voilà, c’est fini! Si l’on pouvait encore croire, ces dernières années, en une salutaire plongée de baisse d’intérêt pour ces manifestations importées d’Amérique, nous sommes désormais faits comme des rats de marketing et visiblement emportés aussi bien par deux ‘traditions’ totalement artificielles -et éventuellement incompréhensibles- pour les cultures européennes: Halloween et Black Friday! Vendredi aux noirs desseins…

C’est donc ce «Vendredi Noir» (avec majuscules s’il vous plait) qui est dans l’actualité du jour, une expression qui mérite qu’on s’y arrête, même si, symboliquement, ce serait plutôt une date à oublier. Car le seul précédent connu -encore une création des Etats-Uniens- remonte à une trentaine d’années avant l’invention de ce vendredi, il s’agit évidemment du très traumatique «Black Thursday», un 24 octobre 1929 qui vit chuter les cours (et parfois, définitivement, les courtiers) de la Bourse de Wall Street, à l’occasion d’un krach qui aura des répercussions mondiales.

Créer un ‘vendredi noir’ semble donc a-priori peu séduisant et adapté pour attirer dans les magasins des cohortes de consommateurs aux comportements soudain animaux qu’on aura fait saliver devant des promesses de rabais sur tout ce qui s’achète. Qui plus est, faut-il à ce point avoir réussi à anesthésier le jugement plus spécialement des Européens cette fois car, en plus d’être ‘noir’ (avec une connotation plutôt négative, sombre voire effrayante comme l’obscurité ou le vide), il s’agit de toucher au jour le moins aimé de la semaine…chrétienne, celui de la mort du Christ (et éventuellement de l’abstinence alimentaire ou du poisson obligatoire). C’est qu’il n’y a aucun rapport avec la ou les cultures(s) du Vieux-Continent!

En effet, comme le jour de la Citrouille ou les balades nocturnes d’un vieux barbu en peignoir rouge et blanc se faufilant dans les cheminées, il s’agit encore d’une opération strictement commerciale montée (dit-on) dans les années 1960 par des commerçants de Philadelphie (Pennsylvanie). Histoire de prolonger la névrose juteuse qui consiste à sacrifier des dindes en attendant le rush de Noël, les astucieux vendeurs de cadeaux auraient donc eu l’idée de marquer le lancement des achats de fin d’année avec un ‘jour fou’.

C’est d’ailleurs la traduction qui a failli s’imposer en français; mais vous pensez bien que ça fait trop ‘plouc’ pour nos communicants (et peut-être trop proche d’un slogan attaché à une plaquette de chocolat ou à une marque d’eau minérale pétillante?); il paraît que, même aux USA, certains auraient préféré le terme de ‘Big Friday’, moins négatif selon eux, encore que tout ce qui est ‘big’ peut avoir des répercussions dramatique, un ‘Big One’ étant toujours le pire événement, quel qu’il soit (tremblement de terre, vague tueuse, requin ou dinosaure carnivore, etc).

Quoi qu’il en soit, le ‘friday’ est resté ‘black’, non pas pour faire plaisir à la communauté afro-locale (beaucoup s’en faut!), mais pour une raison tout à fait matérialiste (américaine, quoi); certains ont pensé à une explication très primaire: ce vendredi est noir…de monde, en raison de la fréquentation massive des magasins et des encombrements générés par la fièvre acheteuse, d’où le nom. Pas mal, mais il y a (nettement) mieux: à une époque où le commerçant du coin n’entrait pas directement ses chiffres de vente dans le tableau Excel de la journée, on tenait les livres de caisse (ou de comptes) à la main, l’encre rouge servant à noter les dépenses (débit), la noire à enregistrer les recettes (crédit). Et, avec l’opération du moment, c’est évidemment les colonnes écrites en noir qui permettaient de sortir…du rouge! Le Friday est donc définitivement black.

C’est donc l’encre qui a jeté le sort de ce jour où l’on a donc échappé à un ‘Blue Friday’, qui, en plus d’être bleu, aurait pu prendre le sens de triste (le blues), cafardeux, voire carrément…ponographique (*). Quant au ‘Purple Friday’, à l’encre violette, il aurait pu carrément ‘péter dans la soie’ en restant réservé à ceux qui sont nés avec une ‘cuillère dans la bouche’…Remarquez, puisqu’on cherche ici le sens profond de toutes les racines, il faut alors forcément rechercher l’origine de ‘Friday’, un ‘fri-day’ qui pourrait être un ‘frei day’ (un jour libre), mais qui est en fait dédié à une déesse.

Car, à la différence du monde latin sud-européen qui va conserver les noms du calendrier romain pour construire sa semaine (**), les peuples saxons (y compris anglo-) se mettront sous la protection des dieux de la mythologie scandinave. A part un ‘Monday’ (moon-day) qui reste jour de lune, l’autre s’appelle donc Tuesday (en fait Tyrs-day, le jour du dieu de la guerre Tyr), ou Wednesday (d’après le dieu principal Woden, mais qu’on nomme plus simplement Odin); Thor (le dieu du tonnerre) va donner Thors-day puis Thursday, et Freeya (pour ne pas dire…Frida), déesse de la beauté et de l’amour -la correspondante de notre Vénus- sera donc à l’origine du ‘freeya/frid-day’, que vous trouvez dans l’anglais et l’écossais friday mais aussi l’allemand freitag, le néerlandais vrijdag (si, si, laissez vous porter par le son), ou le danois (aussi norvégien) fredag…

Et vous savez quoi? On peut même aller plus loin, avec cette racine ‘freeya’ qui vient d’un très ancien mot germanique signifiant ‘dame’, et même Dame (comme Notre-), c’est-à-dire le symbole de La Femme parfaite, à la fois mère, maitresse et épouse, dont vous retrouvez là encore la trace dans le ‘frau’ allemand ou le ‘fru’ suédois par exemple, autrement dit toujours la figure tutélaire de la part féminine de l’Univers. Vous sentez que ça dérape? Pas tant que ça, car comme chaque dieu et chaque déesse, Freeya a son animal associé, et cette fois ce n’est pas un aigle, un serpent, un bélier ou une biche mais…une truie.

C’est peut-être une cochonne pour vous, mais pour nos ancêtres scandinaves ça voulait dire beaucoup, à la fois référence maternelle, nourricière et reproductrice. De là à considérer que les vendeurs du Black Friday ne nous considèrent que comme des cochons de payants… Sauf étymologiquement peut-être.

(*) Outre-atlantique, les ‘blue movies’ sont des films…roses.

(**) Lun-dies pour le jour de la Lu-ne, Mar-dies pour celui du dieu Mar-s, Mercre-dies pour celui de Merc-ure, et Ven(dre)-dies pour celui de Vénus. Idem à peu de lettres près pour le répertoire espagnol ou italien….


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