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Gable / Leigh

…qui ont osé interpréter des personnages de fiction fidèles à une certaine époque -certes pas forcément recommandable- de l’Histoire. L’une et l’autre stars du grand écran des années 1940 sont indissociables (et désormais intouchables) au jardin du repos éternel, y compris étymologiquement…

Enfin, pour elle tout au moins, puisque ‘Scarlett’ a(vait) pour état-civil officiel…(Vivian) Mary Hartley, en raison d’une souche paternelle d’origine écossaise, et maternelle irlandaise (1). Or, le patronyme de papa Ernest, ci-devant officier britannique en poste aux Indes, vient de deux racines d’influence gaélique (historiquement l’un des plus gros dialectes anglo-saxons) qui sont ‘har(d)t-‘ + ‘-ley’, autrement dit ‘la prairie (ley) difficile (hard)’, probable nom de provenance affecté à un lieu inculte ou difficilement pâturable.

Comme de nombreux autres célébrités (récemment dans ces colonnes, Angelina Jolie) Mary va choisir comme pseudonyme un prénom unique et une partie du nom de son (premier jeune) mari, Herbert Leigh Holman. Et le choix s’impose de lui-même: Leigh est tout simplement une autre orthographe de…Ley, qui correspond donc à l’abréviation de son propre nom, avec le grand avantage d’une consonance bien plus familière aux oreilles des Américains: Lee, depuis le général…sudiste (décidément!) Robert Edward jusqu’à l’actrice Jamie Lee Curtis (2).

Pour l’anecdote et la coïncidence (suivez bien), dans « Autant en emporte le vent », l’acteur Leslie Howard joue auprès de Vivien Leigh le rôle d’…Ashley, soit littéralement ‘ash-ley’, la prairie où poussent les frênes (ashes)! Quant au séducteur aux oreilles collées par du scotch (disaient les mauvaises langues sur le tournage), c’est un véritable tireur d’élite, toujours étymologiquement bien sûr!

Pendant toute sa jeunesse, William Gable a été surnommé Bill (diminutif courant de William, comme Clinton par exemple), jusqu’à adopter comme prénom le nom de sa grand-mère (Clark, en français le…clerc -de notaire par exemple-) quand on s’aperçut que, contrairement à son extrait de naissance, il n’était pas une fille!

Or, papa Henry Bill (lui aussi) était de lointaine ascendance…allemande, ce qui nous renvoie ce ‘gable’ anglo-saxon vers un ‘gieble’ typiquement germain qui désigne un sommet ou la pointe de quelque chose. Il s’agit en l’occurrence de la forme du mur latéral (sans ouverture) d’une maison, à l’origine pourvu d’une lucarne triangulaire. D’où le surnom soit de celui qui posait le pan d’architecture en question, soit, disent certains, d’un arbalétrier en poste derrière cette ouverture (3).

Il n’empêche, c’est bien le terme technique latin ‘gabulum’ qui va donner ‘gieble’ en allemand, ‘gable’ en anglais et gable (ou gâble) en français, avec une période gauloise en ‘gabul’ (que l’on retrouve aussi en irlandais) pendant laquelle la forme triangulaire en question va s’appliquer à une potence ou un gibet!

Pour autant, pas de quoi mettre au poteau Scarlett O’Hara et Rhett Butler. Si les prénoms des personnages semblent sortis de l’imagination de Margaret Mitchell (l’auteure du roman), les O’Hara, dans cette forme typiquement irlandaise, désignent les descendant (O’: le fils) d’un seigneur mythique du 10ème siècle.

Notre Butler est, lui, beaucoup plus précis (et ironique?) puisqu’il vient de l’ancien nom de métier français ‘boteiller’, un ‘commis aux bo(u)teilles’ chargé, selon les époques, de ‘butiller’ les tonneaux (de mettre le vin en bouteilles) pour prendre, plus tard, le sens de sommelier puis de maître d’hôtel en Angleterre avec un ‘botelere’ adapté en ‘butler’. Scarlett aurait-elle voulu se payer un majordome au domaine de Tara? Etymologiquement bien sûr…

(1) Un pur produit du Royaume-Uni donc, ce qui vaudra à l’actrice les réticences des producteurs (et parfois les quolibets du public) avant de confier ce rôle à « l’Anglaise ».

(2) La partenaire de Schwarzenegger dans ‘True Lies’, fille de Tony (Curtis, voir son nom en archive) et de Jeannette Morrisson, dite Janet…Leigh (réformée Lee) elle-même de descendance irlandaise!

(3) Chronologiquement, cette théorie est plus difficile, le soldat en question utilisant plutôt des meurtrières situées plus bas, et dans un bâtiment fortifié tout à fait différent d’une maison ‘à toit pointu’.


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