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Gaïa (satellite)

Gaïa

«Allô la Terre, ici Gaïa», tel est le message en forme de pléonasme que va envoyer (en 2020, le temps que le SMS arrive) le dernier télescope mis sur orbite extra-terrestre, depuis les confins de la galaxie. Car la ‘petite’ (2 tonnes) araignée de technologie optique va permettre de tracer une carte en trois dimensions du nuage laiteux au bord duquel nous gravitons. Comme toujours pour les phénomènes naturels, les machines de guerre et les missions scientifiques, les hommes ont trouvé évident de baptiser cette fois notre ambassadrice du petit-nom de ‘Gaïa’, mot grec qui désigne notre planète dans la mythologie-maison. Sauf que, quand on y regarde de plus près, il y a quelques détails (légendaires) un tout petit peu gênants…

On parle bien ici de la Terre (et non pas de la terre), avec la nuance de la majuscule, c’est-à-dire la personnification de la ‘matière-mère’ sur laquelle nous vivons. Car, au commencement (bien avant le Verbe) était le Chaos, littéralement une ‘crevasse dans l’univers’ d’où sortit Ouranos (le Ciel), enfanté précisément par Gaïa, le tout par parthénogenèse, c’est à dire sans fécondation par un mâle (comme quoi, Noël, c’est pas nouveau, même si ça veut dire la même chose, étymologiquement!). Et voilà que ce fils fera quelques dizaines d’enfants à…sa mère, une nombreuse descendance de dieux, héros et autres monstres divers, dont les célèbres Titans. Mauvaise pioche (en terre): l’un des rejetons finira par émasculer son père, en utilisant une faucille que lui aura procuré sa propre mère. De quoi être…atterré, non?

C’est en…atterrissant sur le globe que la Terre va se calmer, et prendre possession de la surface émergée des océans qui forme alors un seul continent, la pangée, elle-même formée de deux mots grecs: ‘pan’, qui signifie tout, et ‘gée’, dérivé de Gaïa, devenant désormais le nom commun qui définit «l’endroit où vous marchez», comme on chante dans ‘La Mélodie du Bonheur’ (1). La pangée, c’est donc en quelque sorte le continent-unique ou le méga-continent si vous voulez…Enfin débarrassée de la débile Lady Gaïa, cette racine ‘-gée’ (ou, plus simplement ‘gé-’) va permettre de nommer tout ce qui a un rapport avec le sol, au sens de territoire, de pays, ou de matière cultivable.

Avec un ‘o’ de liaison dans le mot, vont ainsi naître la science de la profondeur de la terre, la gé-o-logie; puis la description que l’on va faire de sa surface, la gé-o-graphie; la salle de cinéma qui a la forme du globe, la gé-o-de; la marque ou le repère sur la terre, le point gé-o-désique, et quelques autres termes techniques que vous trouverez en creusant devinez quoi (2). Cette racine typiquement grecque aura son équivalent chez les Latins avec le terme ‘tellus’ (ce qui est tellurique concerne ce qui vient de la Terre, attention les secousses), mot d’apparence masculine (en fait neutre) qui se transformera en une ‘tella’ de genre plus féminin, puis en ‘terra’, l’expression complète pour les Romains étant ‘Terra-Mater’, la Terre-Mère, coup de blues de tout astronaute ayant posé le pied sur la Lune.

Signalons au passage, histoire de faire la nique à la tératologie grecque (la famille monstrueuse), la Déesse-Mère romaine était censée avoir enfanté tous les territoires (bof), puis toutes les nations (là, déjà…), dont quelques peuples à elle toute seule, comme les races…libyenne et pygmée! (3). Malgré tout, le mot grec de ‘Gaïa’ subsistera dans la langue latine, pour un seul et très particulier usage: le mariage. En effet, la formule de consentement, comme on dirait aujourd’hui, était la suivante: «Ubi tu Gaïus, ego Gaïa», ce qui signifie littéralement par «Là où tu seras Gaïus, je serai Gaïa», phrase symbolique qui décrit le lien indéfectible entre l’homme et la femme. Traduction moderne:’…article 213, les époux s’obligent à une communauté de vie…’, moins glamour évidemment, mais j’ai aussi pour vous d’autres versions:

‘Si tu es mon Jean, je serai ta Jeanne’ (16è siècle).
‘Tu es mon Pierrot, je suis ta Colombine’ (17è siècle).
‘Moi Tarzan, Toi Jane’ (fin 18ème).
‘Je te suivrai, où tu iras j’irai’ (Sheila, fin 20è siècle)
‘J’irai où tu iras’ (Dion/Goldman, idem)
et autres délires sur l’enchainement conjugal.

Pour terminer, je ne peux pas m’empêcher de rapporter ici le lapsus (en fait un zézaiement) bien involontaire et si inopportun, prononcé par la présentatrice d’un journal télévisé, qui a annoncé la ‘mise sur orbite de Zaïa’ (Zahia?). C’est Ribéry qui va être content!

(1) «Do, le do, il a bon dos…»
(2) Rien à voir avec la gé-néalogie, qui se découpe en fait en géné-a-logie, ce qui a un rapport avec la descendance (la géné-ration).
(3) Appellation de l’époque, autant dire des extra-terrestres…


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