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Gaudin (Jean-Claude)

Gaudin

On vient d’apprendre que le maire de Marseille est candidat à sa propre (1) succession pour un quatrième mandat à la tête de la ‘cité phocéenne’, comme disent les journalistes pour éviter les répétitions (2). Si l’on en croit l’étymologie de son patronyme, il s’agit d’un homme du…nord (il y a plus de 10 siècles), un ancêtre largement descendu dans le sud puisqu’aujourd’hui notre Jean-Claude de Marseille est logiquement né à Mazargues, l’arrondissement (plutôt sud, lui aussi) qui part du Stade Vélodrome pour filer sur Cassis. Fidèle ou casanier, le gaudin (nom commun)? En tout cas, cet homme est peut-être un dieu, et logiquement aux commandes de sa ville; au moins étymologiquement…

En réalité, le mot originel possède deux ou trois homonymes; il y a donc au moins quatre Gaudin possibles, en fonction de l’histoire familiale, sans compter quelques variantes plus ou moins déformées. Ce qui est sûr, c’est que, pour traverser les siècles et les kilomètres entre la future Allemagne du Nord et les Calanques, la racine germanique ‘wald’ va subir deux phénomènes linguistiques assez classiques: une inflexion, puis une vocalisation. C’est facile…

L’inflexion consiste à ‘transformer’ un W en G, l’une et l’autre de ces lettres marquant en fait un son ‘guttural’, que vous identifiez plus facilement en français. Mais si l’on prend le mot germain qui évoque un morceau de bois, ‘wid’, il va donner ‘guid’ puis ‘gui’ (oui, le truc à boules blanches); quant au ‘Wilhem’ ou ‘William’ déjà cité ici plusieurs fois, il correspond à notre ‘Guillaume’. Idem pour Walter, transformé en Gaut(h)ier, en y ajoutant le second et même effet. La vocalisation se manifeste par une lettre (souvent un L) notée ‘U’, comme dans chevaL / chevaUx, canal/canaUx, animaL/animaUx etc, là encore souvent mentionnés. Appliqués à notre ‘wald’ initial, cela va nous donner ‘gald’, puis ‘gaud-’, auquel on va ajouter une sorte de suffixe pour créer un surnom, puis un nom, et voilà qui fait pousser notre Gaudin. Car…

Premier sens possible: ‘wald’, comme le mot allemand actuel, évoque une forêt ( la ‘schwarzwald’ -forêt noire- n’est pas qu’un gâteau au chocolat avec une cerise dessus, bien qu’ayant hérité de la ‘sombritude’ des montagnes concernées, d’où le nom). Le gaudin pourrait donc avoir un rapport avec un habitant de la forêt (sous ce nom-là, pas un forestier à proprement parler). Mais l’hypothèse n’est pas très…feuillue.

Deuxième sens: le verbe germain ‘waldan’, très présent dans la dissémination des racines dans l’ancien-français médiéval, avec le sens de gouverner, ou commander (sous-entendu: une armée, ou une troupe, comme dans beaucoup de tribus de l’époque). Passant de ‘waldan’ à ‘galdan’, puis à ‘gaudan’ et enfin gaudin, le mot est fréquemment employé comme surnom, parfois associé à une racine supplémentaire ‘win’ (=ami) pour donner un très proche Gaudoin (wald+win > gaud+ouin). C’est la solution la plus fréquente.

Un ami qui vous veut peut-être du bien, puisque, troisième hypothèse, on peut également penser à la racine ‘got(h)’, tout simplement, l’une de ces hordes barbares les plus célèbres et néanmoins si artistes qu’elles nous laisseront des traces architecturales de leur époque (à défaut de style, sans doute), le Gothique! De Goth à Gaud, il n’y a qu’un jet de pierre, que certains Gaudin ont peut-être reçu en héritage.

Enfin, le quatrième et dernier gaudin s’écrivait, en toute simplicité phonétique, godin, mais venait, lui, d’une autre racine germanique, un ‘god’ qui donnera le mot (anglo-)saxon qui signifie dieu, ou, en version à peine plus ‘sèche’, le gott allemand. Plus près de nous (mon Dieu), on trouve donc dans plusieurs départements du nord de la France mais aussi en Belgique des Godin (comme le ci-devant citoyen entarteur) et des Goddin; ainsi que, sous influence graphique flamande, des Goddyn et des Godyns. Rassurez-vous (et rassurez-les): ces patronymes ne désignaient pas directement des divinités, mais parfois le surnom -un peu ironique- de personnes plutôt ‘bigotes’, ou dont le caractère hautain et les manières fières leur donnaient un comportement supérieurement ‘divin’. Noms de dieux!

Pour résumer, et grâce à l’une de ces étymologies au moins, on ne saurait contester à notre Gaudin d’avoir…gouverné (3) sa ville avec faconde, ce qui explique sans doute qu’il mérite largement un titre qu’il possède en de multiples exemplaires: il est en effet Commandeur de l’Ordre de Malte, mais aussi de l’Ordre du National du Mérite du Sénégal (?), de l’Ordre de Sr-Grégoire-Le-Grand (au Vatican!), de l’Ordre de St-Charles (de Monaco), et même Grand-Croix du Mérite dans l’Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem (Jean Marais, sors de ce corps!).

Sans aller jusqu’à le prendre pour un dieu, d’autres marseillais (à part son opposant Patrick Menucci, sans doute) préfèreront retenir l’image d’un maire ‘incandescent qui brûle pour sa ville’, à l’instar des poêles à bois Godin fabriqués par la famille de son homonyme. Mais il est vrai que l’un des successeurs de Gaston Defferre ne saurait être un homme de fonte. Sauf étymologiquement peut-être!

(1) ‘propre’ n’est pas indispensable après l’adjectif possessif, mais l’expression est tellement attendue…
(2) Non, ce n’est pas une ville qui avait des fossés (je l’ai entendu!)
(3) Ce participe passé ne préjuge en rien du résultat des prochaines élections municipales.


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