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Ghali (Samia)

…comme le répètent avec surprise un certain nombres de médias, avec l’excuse d’une ‘mairesse’ pas très agréable à prononcer et qui continue donc à entretenir cette fonction au masculin, au moins linguistiquement.

Pour le reste, ce fut, à l’occasion de ces élections municipales 2020, match nul entre Paris et Marseille question crêpage de chignons (3 femmes partout). Vous trouverez facilement Hidalgo (Anne) dans ces archives, mais qu’en est-il exactement de l’étymologie du nom de la tonitruante sénatrice emblématique des quartiers nord de Marseille et néanmoins perchée sur le très chic rocher (roucas en v.o) blanc du 7ème arrondissement de la ville?

Le mot (comme la dame) est d’origine algérienne, issu du dialecte berbère parlé dans les Aurès, un massif montagneux de l’est du pays. Il fait partie des nombreux termes qui désignent les qualités ou les défauts particulièrement remarqués par les populations traditionnelles, y compris et souvent surtout sur le plan moral.

Ce ‘ghali’ (1) qualifie ce qui est cher. Et cher, cela peut être coûteux (à l’achat) au sens propre, ou bien particulièrement aimé et attachant (ou attaché) au sens figuré. Bref, cette chère femme, qui coûta cher aux postulants à la mairie qui n’ont pas accepté ses conditions, est forcément…chérie de celle qui a bénéficié de son apport de voix.

Même si le terme a un peu vieilli selon son utilisation, il vient de tous les nombreux descendants de l’adjectif latin ’carus’ qui signifie aimé. Aimé tendrement même, selon le contexte. A l’origine, et y compris en ancien-français, on pouvait se passer des sentiments pour ne retenir que l’importance qu’on accordait à quelqu’un. 

Une personne ‘chérie’, avant d’être le passe-partout vulgaire popularisé par le ‘darling’ systématique des films américains (2), c’est celle dont on prend soin, à commencer par sa santé, ce qui a donné le très (pour une fois) romain ’take-care’ anglo-saxon…Cela étant, en français aussi, on cultive l’équivoque (ou la multi-fonction) entre le poisson qui est cher à l’étalage et le ‘cher ami’ en haut de lettres que l’on écrit plus.

L’autre Ghali qui a eu beaucoup de prix pour une grande partie de la planète est un égyptien, ex-ministre des Affaires Etrangères de son pays et Secrétaire des Nations Unies pendant cinq ans, Boutros Boutros-Ghali. Contrairement à ce que sa carrière cairote pourrait laisser croire, ce ‘boutros’ n’a rien à voir avec le surnom (grec) de la région de Basse-Egypte (3), jadis appelée Bouto.

Il faut reprendre la graphie (l’écriture) copte de son nom pour découvrir un ‘Petros Petros-Ghali’, soit le prénom Pierre (Petros en grec, Petrus en latin, puis Pietro, Pedro, Piotr, Pier, Peter, etc) déjà intégré une première fois dans le patronyme de son grand-père Boutros-Ghali Pacha, premier ministre assassiné.

Pour ne pas rester sur une idée qui pourrait prêter à confusion, et sans présumer de la sincère affection que lui porteront ses collègues conseiller(e)s municipaux, je me suis demandé si le prénom ne viendrait pas compléter différemment ce Ghali ancestral…Il complète effectivement, le ‘Samia’, mais quasiment dans le même sens puisqu’il suppose une personne dont les actions ont apporté une certaine grandeur (d’âme) ou une hauteur (de vues). Au moins étymologiquement!

  1. prononcez ‘rali’ (mais pas trop sur le ‘r’) contrairement à l’écriture européenne.
  2. De « Chéri, fais-moi peur » (Marylin Monroe) à « Chéri, j’ai rétréci les gosses » (euh…)
  3. La Basse-Egypte, c’est comme le Bas-Rhin, c’est la partie la plus…haute de la carte (mais la plus basse par rapport à la source).

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