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Goncourt (prix)

Goncourt

Vous le saviez aussi bien que moi sans chercher dans un dictionnaire: les «frères» s’appelaient Edmond et Jules, c’était deux écrivains de la fin du 19è siècle (qui avaient comme copains Alexandre Dumas père ou Gustave Flaubert, il y a pire), et, même s’ils ont cru un moment qu’ils étaient faits pour être artistes (dans leur jeunesse, ils sont allés peindre des aquarelles en…Algérie), la postérité retiendra d’eux qu’ils ont laissé leur nom à un prix littéraire, dont l’édition 2011 vient d’être attribuée. Si le nom est très connu, son étymologie vient moins rapidement à l’esprit; intéressons-nous donc à ce prix, puisque, sans doute, il le vaut bien.

Nancy – Paris, voilà le trajet global de la famille Goncourt du vivant des deux frères, ce qui ne nous oriente vers strictement aucune piste, puisque la souche du nom vient en fait de la Marne ou de la Haute-Marne, selon les statistiques. Il y a en effet dans ce dernier département un hameau de Goncourt, devenu commune, dont le nom est la contraction d’un terme germanique beaucoup plus ancien, et qui date du 10è siècle. On est donc pile à la fin d’une période de cinq cents ans, pendant laquelle l’Europe que nous connaissons a été une sorte de bouillie de langues, de langages, dialectes et influences diverses, le plus gros morceau dans la marmite étant le germain. La preuve: A cette époque, Goncourt s’appelait ‘Godoniscort’, d’après un nom propre germanique qui était Godon. Godoniscort peut se traduire par quelque chose comme ‘le domaine de Godon’, la propriété, peut-être même le jardin.

La famille Goncourt (Godoniscort > Godonscourt > Gonscourt) porte donc un nom de ‘provenance’, c’est à dire qu’il désigne le lieu d’implantation des ancêtres. Pas très compliqué…Vous allez me dire: Et Godon, çà vient d’où? Là encore, la chose est simple: il s’agit d’un surnom gratifiant un soldat (sauce envahisseur nordique, pas un type en uniforme), puisque la racine en est « gund », mot germain qui définit le ‘combat à la guerre’. A cette époque, peu de chances de trouver autre chose que des histoires de combats, de courage, d’armes diverses ou de victoires dans les patronymes.
La même racine se retrouve dans d’autres noms de famille actuels, tels que Gonda (en Lorraine et en Belgique), devenu Gondal en Ariège et dans le Cantal; ou encore Gondard, Gondeau (également avec un x, un t ou un d à la fin), Gondry (dans le Nord) et le surprenant Gondalma, forme rare que l’on trouve dans le Tarn & Garonne, le ‘alma’ final venant d’un autre mot germain, ‘helm’ qui veut dire le casque. Comme quoi, quand on parle de combats…

Voilà donc qui récompense cette année le professeur de biologie Alexis Jenni (une forme lyonnaise de Jean), pour son roman « L’Art français de la…Guerre » (si çà c’est pas de la coïncidence). Le roman est la forme quasi-obligatoire pour obtenir le Goncourt, puisqu’il doit récompenser « le meilleur ouvrage d’imagination en prose paru dans l’année », selon les dispositions laissées par Edmond. Et, si ce Prix est considéré comme le plus prestigieux de la rentrée littéraire, il n’est pas pour autant le mieux doté: savez-vous qu’en 1903, le premier lauréat a touché un chèque de 50 francs, ce qui, compte tenu des variations monétaires et inflations successives, représente aujourd’hui 10 euro! Par contre, question de droits d’auteur…


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