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Goodyear

Goodyear Charles

Histoire des Marques, encore. Quelle ironie, de faire la Une de l’actualité en séquestrant son patron, histoire de lui souhaiter…Bonne année (Goodyear)! Quand on est y pense, on se dit qu’il y a là-dessous non seulement des pneus mais aussi probablement une anecdote qui explique -et peut-être justifie- ce mot mondialement célèbre. Goodyear, un patronyme? Pas possible. Eh bien si…

Remarque préalable: dans le langage courant (anglais), Good-Year n’est pas vraiment la traduction correcte de ‘Bonne-Année’, qui nécessite, dans l’esprit saxon, de vous la souhaiter heureuse (Happy), précision plutôt plus intelligente que le français, et également nouvelle (New), redondance cette fois peut-être un peu moins futée car évidente (qui va souhaiter une ‘bonne ancienne année’?). Mais bon, après tout, ce sont des anglais…

Du coup, on se demande bien comment on a pu, un jour, baptiser -en tout cas surnommer- quelqu’un du terme, pour ne pas dire l’expression, ‘good year’. Car le Charles des pneumatiques, citoyen américain, est forcément de descendance anglaise, avant que ses ancêtres ne traversent l’océan pour faire leur place dans le Nouveau Monde. Mais de Goodyear britanniques, vous ne trouverez pas plus de traces (y compris de gomme) dans les annales, le mot faisant partie des définitions préférées des auteurs de dictionnaires: ‘origine inconnue’.

Clin d’oeil involontaire (et un soupçon, fainéant) car ‘Inconnu(e)’ est bien le mot: il est probable que ce patronyme d’apparence très ordinaire -pour ne pas dire vulgaire- ait au moins deux origines possibles. D’une part le surnom de naissance d’un enfant né le 1er janvier; et d’autre part, si possible sans reconnaissance parentale, autant dire un enfant trouvé (et donc abandonné). Ce procédé de désignation par ‘datation’ existe dans de très nombreux autres cas similaires, et ce, dans toutes les langues, le plus souvent indexés sur les fêtes chrétiennes, car les nouveaux-nés étaient généralement recueillis par des religieux(ses). Vous connaissez forcément des exemples de ‘Conception’, ‘Immaculata’, ‘Pâques’ (Pasqua), et autres fameux ‘Fêt-Nat’ de nos ex-colonies.

Or, contrairement au sens du nom hérité de son lointain ancêtre, Charles Goodyear ne connut pas que de bonnes années dans sa vie, sauf celle où il fit…l’erreur d’oublier sur le feu un morceau de caoutchouc, découvrant alors sans le faire exprès un procédé que l’on baptisera ‘vulcanisation’ et qui permettra de renforcer les caractéristiques des pneus sans altérer leur souplesse. En effet, à l’époque (1850), le matériau des roues avait une fâcheuse tendance à se craqueler et à s’effriter lors des températures hivernales (on n’a pas idée, aussi, d’habiter une région -la côte Est des USA- où il fait régulièrement moins 50°). Or, notre Charlot ne le savait pas, et ce fut presque trente ans après sa mort que deux frères d’origine…alsacienne, Frank et Charles Seiberling, créèrent en son souvenir (quand même) la Goodyear Tires Company, futur numéro mondial du latex qui roule.

Il est bien clair que personne n’est responsable ni redevable du contenu de son nom, mais il faut bien constater que, si le pauvre Charles est mort ruiné et méconnu malgré un patronyme censé exaucer des voeux, les Seiberling devaient forcément emporter le morceau: leur nom à eux, de souche évidemment germanique, combine deux racines + le diminutif ‘-ling’; l’une signifie la victoire (sig/seig) et l’autre, l’audace (bert). L’audace et la victoire? Ne serait-ce pas un bon présage pour nos manifestants ouvriers du Nord? Au moins étymologiquement…


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