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Goodyear

Goodyear

L’actualité du jour manifeste dans les rues (normal, pour les Goodyear), occasion intéressante pour éclairer un tout petit peu l’origine -et aujourd’hui, plutôt l’histoire- de l’entreprise qui porte ce nom. Or, si 2013 n’est pas particulièrement une…bonne année pour les employés du fabricant de pneumatiques, y-a-t-il ou non un rapport avec le sens anglais de ce patronyme, que tout le monde comprend assez facilement comme ‘Bonne Année’? Et si oui, pourquoi a-t-on ainsi baptisé une usine de produits en caoutchouc? Parce qu’elle a été créée lors d’une année favorable? Parce qu’elle promettait à ses clients de passer (au moins) une bonne année sur leur train de roues? Eh, finalement…

En fait bien sûr, rien de tout cela. l’entreprise s’appelle ainsi parce que son fondateur s’appellait Charles Goodyear. Ou, plus exactement, son inspirateur, car le chimiste américain (1800-1860) ne connaitra jamais la gloire et encore moins la couleur de l’argent de la société éponyme, fondée presque quarante ans après sa mort. Il s’agit donc d’un simple ‘hommage’ rendu par les associés de la marque à celui qui fit un jour la gaffe de laisser un morceau de gomme brûler sur le bord d’un poêle, inventant ainsi sans l’avoir voulu le procédé de ‘vulcanisation’. Le brave dieu romain des Enfers, Vulcain, vient alors de donner son nom au procédé qui permet de durcir son caoutchouc tout en lui conservant sa souplesse (ce qui ne saurait s’appliquer à la vie intime du-dit spécialiste olympien des Enfers). Et ce, même si la marque choisira comme logo la sandale ailée de Mercure, messager (donc rapide) des dieux.

Cela étant (me diez-vous), cela n’explique en rien l’étymologie du patronyme! Et vous avez raison, car il ne s’agit pas ici d’une expression avec une histoire de voeux en début d’année, mais plutôt des qualités morales que l’on constata un jour chez l’ancêtre (forcément anglais) de Charles. Car avant d’être ‘year’, ce monsieur était ‘good’; et ce n’est pas plus compliqué qu’en français (et même plutôt plus basique): les Good sont des gens bons (non, pas des…), tout comme les Bon ou les Lebon parisiens. Au cours des siècles, le sens du mot a pu parfois varier légèrement, les-dits Bon passant de l’homme-bon à l’homme-bon…à tout faire, donc vaillant (surnom largement donné à une époque aux ‘immigrés’ auvergnats montés à la capitale, lesquels avaient la réputation d’être particulièrement travailleurs).

L’anglais subira les mêmes variations (pas forcément dans le même registre), tout comme le français subira l’influence du féminin ‘Bonne’, rapidement compris comme ‘femme de ménage’ et non plus comme femme honnête, surtout si vous dites d’elle «qu’elle est bonne», comme l’ont bien compris les banlieues de nos jours. Bref, ce Good britannique va, lui aussi, bénéficier de déclinaisons diverses, soit pour confirmer qu’il s’agit bien d’un homme (les Goodman), qu’il a bon fond ou bon coeur (les Goodheart), ou qu’il est un bon ‘gagnant’ (qui rapporte) les Goodwin. Curieusement, ce dernier patronyme va parfois servir -au contraire- à surnommer quelqu’un qui est un ‘bon…perdant’, principalement au jeu, en faisant une ironie de bon aloi sur ‘celui qui sait bien perdre’, donc qui est un bon joueur!

Le cas des Good-year est probablement lié à des considérations sociales, voire même économiques. A une époque où les récoltes étaient l’événement majeur pour une majorité d’humains, le souvenir d’une ‘bonne année’ (de récoltes) a pu être marqué avec ce surnom, en général attribué à un paysan chanceux. Parfois, il s’agissait de mémoriser l’année de naissance d’un héritier ou d’un enfant particulièrement attendu, dont on se souviendra en rapport avec la ‘saison favorable’ (sens d’ailleurs plus exact que l’idée d’une année entière).

En tous cas, il y a une ‘year’ qui fut particulièrement ‘good’, même si, à nouveau, le pauvre Charles n’y fut pas pour grand’chose: le hasard de sa trouvaille technique va permettre, en 1839, de développer (si j’ose dire) le premier…préservatif en caoutchouc, qui viendra remplacer quelques siècles de boyaux de mouton plus ou moins bien rafistolés. L’histoire en dit pas à quoi ressemblait vraiment l’objet à l’époque, mais on dit qu’il était suffisamment résistant pour servir aux marins et aux soldats comme sac isolant pour leur victuailles. Avec Goodyear, ça roule!


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