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Haltère(s)

A défaut d’actualité ‘humaine’ sur les patronymes, un autre mot qui revient régulièrement dans le bilan -provisoire!- de ces « 55 jours de confinement » (c’est beau comme un film avec Charlton Heston) concerne le milieu du sport. En l’absence de salles accessibles, beaucoup se sont mis (temporairement?) au jogging et d’autres ont ressorti les haltères de la cave après un dépoussiérage complet. Au fait, un haltère ou une haltère?

Un bien sûr, même si l’utilisation du pluriel est la plus fréquente donc trompeuse car…’ils’ vont généralement par deux (un haltère -et non une- dans chaque main). Petit moyen mnémotechnique pour ne plus se tromper: on dit ‘les poids et haltères’ en français, et en grec aussi puisque ce sont eux les créateurs originels du mot.

En fait, notre terme vient du latin ‘halteres’ (sans accent), qui lui-même l’avait piqué aux Grecs qui avaient trouvé cette idée pour faire…de la danse! En effet les tous premiers ‘altérès’ étaient des sortes de tubes de plomb destinés à être balancés au bout des bras pour prendre un élan, lors de mouvements chorégraphiques.

Puis les sportifs ‘du stade’ s’aperçurent que cela pouvait à la fois améliorer mais aussi stabiliser certains exercices comme le saut en longueur par exemple. Et pour cause: le nom commun vient d’un verbe qui signifie sauter, la racine grecque étant elle-même issue d’un syllabe encore plus ancienne (dite indo-européenne) qui est ‘sel-‘, avec un ’s’ qui exprime ce ‘h’ tellement aspiré.

Résumons donc le trajet linguistique de ces haltères: bien avant la différenciation des langues occidentales (pour résumer), le son ‘sel-’ donne d’un côté chez les Grecs ‘hel- puis hal-tères‘ qui doit absolument être aspiré (on ne dit pas ‘des z’altères’, sauf quand on a très soif); de l’autre chez les Romains, qui n’aimaient pas beaucoup les ‘h’ et qui vont rester fidèles au son ’s’ d’origine, le verbe ‘saltare’ dont le ‘l’ va se transformer en ‘u’ chez nous pour faire sauter, sautoir, sauteur, etc…

On peut donc dire sans beaucoup se tromper que le profil de nos haltères actuels n’ont pas grand-chose à voir avec ceux des premiers compétiteurs olympiques: on est passé d’une sorte de gros os en métal tenu à bout de bras pour s’élancer, à une barre de disques étudiés pour une prise en main dans la contraction du biceps, histoire de bien soigner son…alter ego devant le miroir. Sauf étymologiquement bien sûr.


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