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Harvey

Harvey

Je suis (quasiment) sûr que vous ne connaissiez même pas le nom du précédent ouragan, qui a jeté ses vagues déferlantes sur la Nouvelle-Ecosse (côte Est des USA) ou sur Terre Neuve pendant la semaine du 15 août et dont vous n’avez rien su en France, sauf si vous préférez Radio Canada à France Info…Or, météoro et logiquement, puisque l’annuaire mondial des Tempêtes (ça vaut bien une majuscule) et autres joyeusetés atmosphériques répertorie ces phénomènes par ordre alphabétique, après notre inconnu Gert vient le très médiatisé Harvey, l’autre cauchemar des habitants de la Louisiane, avec Katrina (1). Mais ce Harvey, qu’est-il? Vous le savez, vous? Bien sûr que vous le savez. Prenez dix secondes avant de cliquer…

Vous avez trouvé? Non? Peut-être êtes-vous allé trop vite: Harvey est tout simplement la version anglo-saxonne (d’influence plus spécialement écossaise) du prénom…Hervé, lequel n’est devenu ‘français’ que depuis l’annexion (linguistique) de la Bretagne comme province nationale. Hervé en tant que prénom, comme le journaliste Ghesquières (voir dans les archives) ou en tant que nom de famille, comme feu Edmond (2), ex-maire de Rennes et ex-ministre de la Santé du gouvernement Mauroy (1981), est un mot d’origine celte (what else?) qui s’appuie sur deux racines.

Mon premier, ‘haer-’, est un adjectif qui concerne la force; mon second, ‘-ber’, traduit l’idée d’ardeur. Mon tout ne donne pas ‘Herbert’, qui vient de racines proprement germaniques évoquant l’armée et la célébrité mais un sens pas si éloigné, le surnom donné à un lointain ancêtre dont les qualités étaient d’être ‘haer+ber/ver’, fort et ardent (forcément sous-entendu ‘au combat’), qualificatifs guerriers caractéristiques, comme ceux que tout Goth, Wisigoth ou Ostrogoth voulant entrer dans l’Histoire devait endosser pour immortaliser les Albert, Robert, et autre Gilbert.

Mais pour rester avec notre Hervé, de son petit nom…Hairmheadhaigh en version originale gaélique (vous n’allez pas me croire, mais en phonétique, ça donne à peu près le même son!), c’est un fils de barde breton, de surcroit non-voyant, qui deviendra la figure de proue de tous les Hervé à venir…Parfois connu sous le nom local de Herwann (3) ou Houarneau – le nom du lieu où il mourra, probablement au milieu du 6ème siècle après JC – il se fit ermite et fonda plusieurs monastères loin de toute médiatisation, jusqu’à ce que…(je ne peux pas résister au plaisir de vous transmettre copie de la façon dont un site romantique raconte la chose): «...on assure que saint Hervé labourait lui-même son champ avec un loup : celui-ci avait mangé l’âne qui, avant lui, tirait son soc ; mais, frappé par la grâce qui émanait du saint, le loup s’était spontanément offert, après avoir digéré l’âne, à le remplacer…» (voilà, voilà. Le jour où un crocodile de passage dans votre jardin bouffe votre caniche, vous savez ce qu’il vous reste à faire).

Du coup, dans la tradition populaire, le saint, outre les innombrables vocations de bénitier qu’il va entrainer, sera invoqué pour se protéger…des loups (of course), mais aussi veiller sur les bardes bretons (merci Papa), guérir les maladies des yeux (on n’est jamais mieux servi…), soigner les dépression nerveuses (après une attaque de loups ou un concert de bardes?) et enfin…faire taire les grenouilles (un pouvoir qui peut toujours servir si vous allez camper près d’un étang).

Et justement, je pense bien que Harvey, l’ouragan de force 4 et d’ardeur redoublée, a ramené le silence -définitif- chez les batraciens des plaines du Texas et des bayous de Lousiane; par contre, personne ne peut vous dire ce que seront les méfaits de la prochaine tornade tropicale, sauf à lire dans une boule de cristal puisqu’elle se nommera Irma (4); et que, si la répétition des dérèglements climatiques nous force, cette année, à aller jusqu’à la dernière lettre de l’alphabet, ce sera l’ouragan Whitney qui s’abattra sur…Houston. Cela ne s’invente pas, même étymologiquement!

(1) Je sais, K c’est après H, mais c’était une autre année (2005 déjà! A chaque 1er janvier, on recommence à A), et c’était donc plus tard dans l’année (en fait non, exactement la même semaine, mais il y avait eu davantage de cyclones au premier semestre, donc on était ‘en avance’ dans l’alphabet…)

(2) Lui-même était opportunément né dans les Côtes d’Armor

(3) Malgré les apparences, rien à voir avec les Erwann, version celte de Yves.

(4) A la date de rédaction de cet article (quelques jours à peine avant le nouvel ouragan), il n’était pas du tout question d’Irma; la suite des événements a mis, parfois malheureusement, le nom dans l’actualité…


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