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Hauts-de-France, Austrasie…

Austrasie titre

Grande période de bouleversements administratifs et linguistiques pour les régions de France! Sans faire disparaître pour autant les appellations de terroir (et touristiques, comme Bourgogne, Bretagne, Alsace, Gascogne, Béarn, Provence, etc…), chaque nouveau territoire de l’Etat doit donc (se) trouver un nom, via les consultations dont vous avez entendu parler et les résultats que vous savez. Ou pas. Exemple -pour commencer- avec les désormais célèbres ‘Hauts-de-France’ et ‘Austrasie’.

Dans une histoire dite ‘belge’, on prêtait déjà à nos voisins que ‘s’il n’y a pas de Calais, c’est pas la peine d’y aller’; désormais, il n’y a plus de Nord ni de Picardie non plus. De toutes façons, d’un point de vue phonétique, l’accumulation d’un “Nord-Pas-de-Calais-Picardie” aurait immanquablement débouché sur l’acronyme NPCP, la tendance naturelle des langues étant de ne pas dépasser l’effort ultime de quatre syllabes si l’on veut une prononciation facile et rapide. La preuve: depuis des années, on va en région PACA et non pas Provence-Alpes-Côte d’Azur. Autres exemples: vous avez rarement parlé de ‘Patrick-Poivre-d’Arvor’ autrement qu’en PPDA; pas plus que vous n’empruntez les trains de la Société Nationale des Chemins de Fer (…Français, théoriquement) mais la SNCF, etc…

Logique donc d’envisager également un “Nord-de-France” platement (et topographiquement) géographique, mais un peu flou quand même: où commence ce nord? Dès le périphérique parisien ou à l’entrée d’Amiens?. Quant aux “Terres-du-Nord” aux relents d’exploration polaire, le simple fait de le dire donne le frisson à certains…C’est que le concept ‘nord’ est rarement synonyme de chaleur, sauf chez les “gens qui ont dans leurs yeux le bleu qui manque à leur décor” (Enrico Macias). Ou, pire, la chaude ambiance des « quartiers Nord » de la plupart des agglomérations!

La preuve encore: cela fait belle lurette que les “Côtes-du-Nord” bretonnes ont obtenu de changer pour un Côtes-d’Armor beaucoup plus alléchant d’un point de vue touristique; pas plus que la “Haute-Corse” ne voudrait se nommer Corse-du-Nord (alors qu’il y a bien une “Corse-du-Sud”, qui, elle, ne supporterait pas d’être une Basse-Corse). Basses, nous? Jamais, ont également dit les Pyrénées-Atlantiques, empruntant ainsi une évocation océanique qui permettra encore à la très (chronologiquement) pétainiste ‘Loire-Inférieure’ de devenir elle aussi Atlantique. Quant aux Hautes-Pyrénées, évidemment pas besoin de se poser la question si par hasard elles ne seraient pas des ‘Montagne-du-Sud”!

Finalement, personne ne veut devenir ‘bas(se)’, sauf le Rhin, piège pédagogique où il faut expliquer aux enfants de l’école primaire en quoi le Haut-Rhin se trouve…en bas (sur la carte) et le Bas-Rhin en haut, sauf à avoir suivi auparavant un cours d’hydrographie. Alors que la Haute-Savoie est plus haute que la Savoie (qui n’est pas Basse, ni du Sud). Mais que la Haute-Loire est plus basse (sur le papier) que la Loire (qui n’est pas du Nord), alors qu’elle est moins haute (en altitude). Allez comprendre!

Autre petit clin d’oeil du jour, en attendant la validation définitive par le Gouvernement, cette Austrasie au son barbare (voir chronique précédente) et historiquement orthodoxe, puisqu’il s’agit du retour d’un terme mérovingien d’il y a quinze siècles (!); après Xavier Bertrand donc, Philippe Richert (président de la région Champagne-Ardenne-Alsace-Lorraine), ou plutôt Clovis, avec cette suggestion francisée d’un terme éminemment germanique, ‘Österreich”, autrement dit littéralement les ‘Terres-de-l’Est”. Alors, non seulement on a perdu le nord en route (prenez le comme vous voudrez), mais, quitte à faire grand, on pourrait pu réunir les deux en créant un “Nord-Est”, territoire quasi-homonyme des premières colonies du Brésil (Nord-Este)…Autre problème, propre à l’Austrasie: une confusion possible avec “l’autre pays de l’Est”, en l’occurrence “Öster-Reich”, soit l’Autriche en V.O!

Attention, n’en tirez pas la conclusion que l’Aust..ralie vient de la même racine, pas du tout! Ce n’est plus du germain mais du latin, d’après le nom commun ‘auster’ (rien à voir avec austère), qui désignait un vent du sud (chaud); tout ce que est ‘austral’ pour un Romain vient donc du sud, en général plus loin que ‘méridional’…Si vous suivez attentivement, voici d’ailleurs une pirouette étonnante en forme de triple jeu de mots: au début du 20ème siècle, une star hollywoodienne d’origine…autrichienne, de son état-civil Freidrich Austerlitz (mot-à-mot: le souffle du vent du Sud!) deviendra célèbre sous le nom de Fred(éric) Astaire, pseudo américanisé qui fait lui-même écho à un ‘aster ‘ (astre), bien compris aux USA comme une (a)star, une étoile (de l’Est?!).

Mais revenons à nos régions: on attend avec anxiété de savoir ce que deviendra la géante ‘Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes’, déjà plus ou moins systématiquement notée ALPC, dont on peut se demander si ce n’est pas déjà une abréviation du terme ‘alopécie’, vous savez, ce mot qui désigne la chute des cheveux ou plutôt des poils, car étymologiquement, figurez-vous que sa…racine (!) vient du grec ‘alopex’ qui désigne un…renard. Tout ça par comparaison avec la chute (et le renouvellement) annuels de son pelage (qui ne repousse décidément pas sur le crâne des élus d’Aquitaine). Fûté, non?


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