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Hulot (Nicolas)

Hulot 3

Par trois fois, il résista au chant des sirènes ministérielles, mais à l’aube du quatrième gouvernement, il accepta; c’est l’histoire d’un chouette type, un animateur de télévision sympathique et planant (ou plongeant, selon les émissions), qui s’est enfin lancé dans la politique, au risque d’en voir des vert(e)s et des pas mûr(e)s. Il n’empêche, le nom est intéressant, d’une part pour son étymon (le mot initial) tout autant que pour la famille de mots ou les dérivés auxquels il a donné naissance.

Hulot est un nom du nord, y compris d’un point de vue départemental, puisque c’est dans les Ardennes et le…Nord-Pas-de-Calais que l’on trouve la souche de ce mot. Comme quasiment tous les patronymes, il s’agit à l’origine d’un nom ‘commun’, et plus spécialement sans doute d’un surnom, en rapport avec un…hulot, qu’on identifiera facilement si je vous dis qu’il est en rapport avec la hulotte! Le féminin est en effet plus connu – et en tous cas encore usité – pour désigner la chouette (ou une variété de, selon que vous êtes spécialisé ou non en ornithologie).

Le hulot serait le sobriquet utilisé, dès le 14è siècle, pour désigner quelqu’un en contact avec les chouettes, ou qui utilisait une chouette (symbole, tour à tour, de bonheur ou de malheur), ou qui tout simplement savait ‘hulotter’ comme une chouette (aujourd’hui, on dit hululer, forme synonyme plus proche de la racine latine du verbe ‘ululare’)…Ca vous semble peut-être tout à fait anecdotique, mais c’est une performance d’importance historique : en effet, à une époque précise, la chouette (autre nom: le chat-huant, à cause de la pointe de ses oreilles poilues comme celles d’un chat) a permis à un certain nombre de personnes de se signaler dans le maquis, et de s’identifier! Nous ne sommes pas en 1940, mais en…1790, et pendant la Terreur, en Vendée, les paysans communiquaient entre eux en ‘huant’ ou ‘houant’ (comme les chats-houants), c’est pour ça qu’on les a appelé les…Chouan(t)s!

Alors, pourquoi existe-t-il deux mots, hulotte et chouette, houer et chouer? Le premier est tout simplement une onomatopée : la chouette (ou le hibou, on n’est pas à ça près) font «hou, hou», d’où le verbe houer, puis huer en français contemporain (et pourtant, se faire huer à l’Assemblée Nationale, c’est pas chouette)…

Le second, chouer, est aussi une onomatopée : il s’agit du petit chuintement que fait la chouette quand elle veille (jalousement) sur ses petits quand ils sont menacés. Du coup, pour exprimer le caractère mère-poule de la chouette, on a créé le mot ‘chouchouter’, c’est à dire, chou(a)iller (phonétiquement: choyer!) quelqu’un, c’est à dire le…couver, en général de cadeaux. Voilà qui explique peut-être pourquoi Nicolas est depuis si longtemps le chouchou des sondages. Pour l’instant, étymologiquement!


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