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Imbécile!

A défaut de trouver un patronyme en évidence dans l’actualité, ce mot va peut-être finir par devenir l’un des surnoms que plusieurs commentateurs (journalistes ou médecins) n’ont pas hésité à attribuer au Président d’un grand pays, en raison de déclarations pour le moins surprenantes voire dangereuses, et apparemment pas si sarcastiques que cela…En voilà un qui cherchait un bâton pour se faire battre, ou mieux, qui devrait craindre un jour le retour du bâton. Surtout étymologiquement!

Contrairement au sens qu’on lui donne exclusivement aujourd’hui, un imbécile n’est pas un crétin (étymologiquement: aussi malheureux qu’un…chrétien!), ni un innocent (celui qui fait le mal sans savoir) ou un abruti (celui qui est devenu comme une brute), c’est tout simplement -si j’ose dire- un déséquilibré, au sens on ne peut plus physique du terme, c’est-à-dire quelqu’un qui ne tient pas sur ses jambes…

D’un point de vue linguistique, ‘imbécile’ devrait en fait s’écrire (comme en vieux-français, encore teinté de latin) ‘imbécille’, qui se décompose alors du préfixe ‘im-‘ dit privatif (qui enlève ou annule ce qui suit) et du radical ‘bécillum’, diminutif du nom commun ‘baculum’ qui désigne un bâton. On a donc affaire à une image de bâton(s) que l’on supprime chez quelqu’un qui marche (sinon aucun intérêt) et qui donc va tomber si on lui supprime son ou ses appuis, selon qui vous êtes pèlerin de Compostelle (un bâton) ou handicapé en rééducation (deux).

Dans ce dernier cas, le ‘bacillum’ va d’ailleurs très facilement se transformer: sous l’influence germanique -toujours très gutturale- qui va se mélanger au gaulois, ou peut-être -mais on n’en est pas sûr- selon la prononciation latine, ‘bakillum’ va devenir ‘bekillum’ puis…béquille, sur laquelle je vais donc m’appuyer pour continuer la démonstration.

Car, comme souvent, un sens figuré va suivre le sens propre du mot, et cet ‘imbécile’, l’homme qui tombe -ou au moins qui titube- sans béquille va devenir, psychologiquement puis moralement, celui dont l’esprit est trop faible pour raisonner en toute stabilité, d’où l’apparition, dès le 14ème siècle, de la notion d’imbécillité (le retour des deux L) soit le caractère de ceux auxquels l’esprit stupide fait dire n’importe quoi. Toute ressemblance, etc…

Cela étant, il fait se méfier du bâton, quel que soit son nom ou sa dimension car c’est toujours un symbole (au mieux) d’autorité, de la baguette du chef d’orchestre au sceptre royal, en passant par le titre du représentant des avocats, un bâtonnier autrefois chargé de porter le…barreau du drapeau de la corporation d’où le nom (rien à voir avec un quelconque cigare ou avec une barre de chaise pour poser ses pieds).

Le plus dangereux a gardé sa forme latine (à tous les sens du terme), puisque ‘bacillus’ a été très facilement francisé en bacille, autrement dit une bactérie dont l’étude microscopique a permis de constater la forme de bâtonnet aux bouts arrondis, comme par exemple le fameux BK, le Bacille découvert par robert Koch, un médecin allemand de la fin du 19ème siècle grâce auquel on doit le vaccin contre la tuberculose.

Contrairement à quelques délires de politiciens aveuglés par leur (échec de) réélection, et malgré l’objet de ses travaux, voilà un homme qui n’était sans aucun doute pas la moitié d’un imbécile. Y compris et forcément étymologiquement!


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