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La Redoute

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Presque un tiers des employés licenciés: c’est le plan que…redoutait La Redoute, qui fait partie des entreprises dont la marque est décidément à la Une de l’actualité en ce début d’année. Beaucoup de gens se sont demandés pendant longtemps quelle était l’origine du nom de cette enseigne commerciale pas si facile à porter. En effet, que pouvait-on bien avoir à redouter de la part du premier ‘vépéciste’ (vendeur par correspondance) français, qui eut le génie, en 1922, de proposer l’envoi de quelques produits limités à…des pelotes de laine (normal, on est à Roubaix!), intégrés dans un catalogue de quarante petits articles quelques années plus tard?

C’est que cette ‘redoute’-là n’a rien à voir avec le verbe douter (s’inquiéter), renforcé par le préfixe -re pour faire redouter (s’inquiéter fortement donc craindre). L’étymologie de l’homonyme qui nous intéresse vient de loin, géographiquement et chronologiquement: il s’agit d’un mot latin du IVè siècle avant JC, participe passé du verbe réduire, qui donne ‘reductus’. Pour un romain, un ‘reductus’ est un…réduit -comme on dit en français- c’est à dire un endroit retiré et plutôt petit. Dans le latin du 16ème siècle, autrement dit en italien, le ‘ridotto’ est devenu un refuge; mais attention, pas une cachette, plutôt un endroit dans lequel on se protège simplement (d’une agression), et donc pas si redoutable que ça.

C’est bien ce sens qui passera en français, pour désigner une petite fortification avancée (sur un mur d’enceinte, par exemple); ainsi nait cette redoute architecturale et historique, autour de (et sur) laquelle sera bâtie plus tard une voie urbaine de Roubaix, qui devient logiquement la ‘rue de la redoute’ (sans majuscule, donc). Or, c’est là que travaille un certain Charles Pollet, chef d’entreprise à l’imagination limitée, qui exploite, en 1873, une usine de textile qui deviendra le géant du catalogue que l’on connait, tout simplement en prenant le nom de la rue où se trouvait la fortification en question.

Au tournant de la seconde moitié du XXè siècle, La Redoute diffusera un catalogue désormais incontournable, édité chaque année à plusieurs millions d’exemplaires, et deviendra la troisième lettre du groupe de…luxe français PPR (Pinault-Printemps-Redoute), avant de devoir en sortir, et c’est bien là le problème…D’ailleurs, à l’international, l’entreprise ne s’appelle plus Redoute depuis longtemps, mais Redcats. Rien à voir avec des chats rouges tombés d’on ne sait où, mais avec le pluriel anglo-saxon des ‘Red(oute) Cat(alog)s’! Comme quoi, le nom d’une marque, ça peut vraiment se trouver au coin de la rue. Y compris étymologiquement.


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