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Lariboisière (Hôpital)

Lariboisière

Il y a urgence(s) à sauver le soldat Lariboisière, si l’on en croit les alertes récurrentes de personnels soignants épuisés par la charge de travail mais surtout par la difficulté à gérer les patients. Le nom revient régulièrement à la Une des médias et s’y installera peut-être jusqu’à prise en compte des revendications, avec ce phénomène progressif inévitable qui le fait entrer dans nos habitudes sans savoir ce qu’il signifie exactement. Au fait, docteur, c’était qui (ou quoi) Lariboisière?

En fait, c’était l‘un et l’autre, comme souvent; un patronyme sans doute, grâce à la majuscule systématiquement mentionnée, mais aussi peut-être un simple nom de lieu…Tout d’abord, il fait dire que, contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’hôpital ne fait référence à aucun médecin, chercheur ou scientifique, comme peut l’être par exemple l’Institut Pasteur.

Celui qui s’appelait en effet très prosaïquement Hôpital du Nord (comme…la Gare), car situé dans le 10ème arrondissement de Paris, doit en fait son nom à un général d’Empire, un breton (de naissance) du nom exact de Jean-Ambroise Baston (!*) de Lariboisière, dont la belle-fille a légué sa fortune pour créer un établissement de soins; l’endroit porte donc depuis le milieu du 19ème siècle le patronyme de la comtesse Elisa.

Et cette appellation très militaire n’est que l’arbre qui cache la forêt du mot, car on peut y voir facilement plusieurs phénomènes: d’abord une ‘agglutination’ habituelle d’un article, ce qui nous donne donc comme orthographe initiale ‘la riboisière’, où l’on détecte également un suffixe cette fois, dans lequel la syllabe ‘-ière’ (ou -ère) marque en général un lieu ou une surface dédiés à une action particulière.

C’est le cas de nombreux sites de plantation ou de pousse (la fruitière, la roselière, la buissonnière, la pépinière) et de création ou de stockage (la cotonnière, la bonbonnière, la fourrière, la vasière). Une ‘riboisière’ serait alors une version -légèrement déformée- de ‘reboisière’, un toponyme qualifiant un endroit reboisé, habitude linguistique assez fréquente chez nos ancêtres pour repérer et nommer les surfaces utiles dans leur environnement.

Malheureusement -si l’on peut dire- un verbe d’ancien-français vient apporter un tout autre éclairage; à l’époque de Molière, un rebois ou ribois désignait un homme qui savait ‘riboisier’ son prochain, autrement dit le…tromper. La rareté (et la disparition) du mot semble mettre notre brave militaire napoléonien à l’abri d’une telle réputation, mais finalement ce serait peut-être logique que les ministres de tutelle arrêtent de raconter des histoires aux urgentistes. Au moins étymologiquement…

(*) Rien à voir avec une histoire de ‘bâton’ revisitée plus tard par un certain Renaud en chanson; il s’agit d’une variante de ‘bastion’ (ou bastide, en gascon) qui désignait un ‘bâti fortifié’…


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