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Les ambassades

Ambassade

Le mot du jour -et même des jours- un peu tendu(s) d’un point de vue politique est sans conteste celui d’ambassade, territoire protégé mais temporairement occupé par un état dans un autre, afin d’y ouvrir une représentation diplomatique. Ouvert donc possiblement fermé, ce qui est à arrivé dans un certain nombre de pays du monde arabe en raison de menaces terroristes. Notez bien qu’on peut fermer une ambassade mais pas un ambassadeur (sauf à lui ordonner de la fermer), même si, à l’origine, le mot désigne d’abord un groupe de ‘députés’ eux-mêmes (étymologiquement: ceux qui sont envoyés), avant de qualifier le bâtiment dans lequel ils sont éventuellement réfugiés.

L’ambassade, une idée que l’on doit aux champions de la démocratie dans l’Histoire, les Grecs? Pas du tout! En fait si, mais l’idée, pas le terme: la racine du mot est…allemande -enfin, à l’époque, on disait gothique, car il faut bien remonter à la période des guerres entre tribus pour retrouver le besoin d’envoyer un ou des représentants pour aller négocier tel ou tel arrangement avec les barbares d’en face. Chez nos moustachus du 8ème siècle, on disait ‘and-bahti’ (puis ambahti), ce qui désignait de façon générale un service ou une fonction. Quelque temps plus tard, en germain, puis en gaulois, on trouve le mot ‘ambactos’, que les nouveaux occupants (romains) vont adapter en ‘ambactus’ puis ‘ambatus’, vous voyez, on se rapproche de la Résidence. Désormais, la définition s’est donc spécialisée en ‘fonction de représentation au service d’un groupe ou d’un pays’.

Encore quelques siècles, et le tout-neuf italien va nous proposer un ‘ambasciata’, qui ne définit toujours que la mission d’ambassade, c’est-à-dire le groupe d’envoyés au casse-pipe (ou au fume-pipe pour un deal avec les Indiens), celui qui mène l’équipe écopant logiquement du titre d’ »ambasciator » Et c’est finalement le mot…provençal «ambassador» qui ouvrira la voie aux soirées-chocolats de son Excellence, après un petit changement du ‘t’ italien en un ‘d’ provençal un peu plus sonore (normal, il a la bouche pleine).

De fait, je n’ai retenu qu’un ou deux exemples étymologiques des pays dont on a le plus parlé en cette fin de semaine, le Yémen et le Qatar (et uniquement pour ces raisons-là). Commençons par le désormais très parisien Qatar, tout simplement issu du nom d’une grande ville (désormais détruite) du nord-ouest du pays, important port de pêche déjà connu du temps des Grecs sous le nom de Zubara (Zubara > Zubar >Zabar > Qabar > Qatar); entre autres richesses, l’endroit était connu pour la production abondante de perles, sans doute nettement plus nombreuses que le nombre de buts marqués par les équipes de football appartenant au pays).

De Yémen, on retiendra une racine ‘yamin’, qui veut dire droit; on se bat toujours pour savoir s’il s’agit de la direction (à droite, d’autant que le pays se trouve ‘au sud’ -de la péninsule arabique), ou s’il faut prendre le terme au figuré, c’est à dire ‘bon, bien orienté , donc heureux, favorable’. Tout comme ‘adroit’ (expérimenté) ou ‘right’ (exact, correct) en anglais; on trouve d’ailleurs à l’époque romaine des écrits signalant une ‘arabia félix’ (l’Arabie heureuse) pour désigner la région. Ne riez pas, les latins faisaient déjà la différence entre des présages favorables ou des gens positifs (dextres) et des événements funestes ou des gens négatifs (sinistres)…

Mais au fait, nos inventeurs grecs de cette idée de mission ambassadrice, que disaient-ils, eux? Ils utilisaient le mot ‘presbeia’, qui veut dire…la vieillesse! Pour envoyer une ambassade, on utilisait le verbe ‘presbuo’, qui signifie donc être âgé (la maladie des gens âgés, c’est la presbytie*), âgé donc forcément sage (la maison du sage -qui a besoin de lunettes- chez les chrétiens, c’est le…presbytère, même racine). Explication: quand les très démocrates et très citoyens hellènes envoyaient des représentants, il convenait qu’ils fussent sages (donc pas de jeunes belliqueux) et respectés. C’est le sens que va prendre progressivement le concept d’»ambassade», envoi de députés auxquels on doit le respect (à commencer par la sécurité de leur personne) afin de discuter en toute civilité. Ce qui n’est manifestement pas le cas de la situation actuelle, même semble-t-il étymologiquement.

* avec un ‘u’ grec, et non un i comme on l’enseigne par erreur à l’école! Tous les ‘y’ sont des u et non des i: le mot grec ‘ugeia’ a donné hygiène; ‘ustéros’ a donné…hystérique; l’adverbe ‘uper’ a donne ‘hyper’, etc…Mais ceci est une autre histoire. Tout çà pour prouver que ‘presbUo’ donne presbYte, presbYtère, etc.


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Un commentaire au sujet de Les ambassades

  1. Votre site est très intéressant, bravo!

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