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Les Bleus

Bleus

Le ciel est (encore) bleu pour les Bleus…La majuscule fait toute la différence puisque -contexte oblige- vous ne pensez pas une seconde qu’il puisse s’agir de militaires novices mais des footballeurs de l’équipe nationale. Ceux que l’on regardait «Dans les Yeux» au cours d’un célèbre documentaire ont de la chance: dorénavant, à part leurs homologues féminines de…handball, l’adjectif semble leur être réservé, au détriment d’autres formations françaises. Et pourtant, être bleu (ou tout simplement le bleu) n’a pas toujours été recommandable, y compris étymologiquement…

Le mot a l’air facile à comprendre (en fait, on ne se pose même pas la question), bleu c’est bleu -comme noir, c’est noir- et point. Bleu, justement. La forme actuelle, tout comme l’anglais ‘blue’, l’allemand ‘blau’, le danois ‘blà’ etc, vient d’une racine d’ancien-français qui est ‘blev’, elle-même dérivée du dialecte franc ‘blao’ qui signifie…blanc! Aucune erreur en l’occurrence, l’équivoque traduit exactement l’absence de véritable terme pour qualifier ce que nos ancêtres ne percevaient que comme une variation de luminosité ou de brillance.

Autant le rouge, le vert ou le jaune ne posaient pas de problème d’identification car les références étaient nombreuses (le feu ou le sang, la végétation, le soleil ou les fleurs), autant le bleu était insaisissable, au gré des mouvements de la mer (et donc du ciel); les choses n’ont en fait pas changé, c’est nous qui en avons fait une convention (depuis l’analyse spectrale de la lumière, définie seulement depuis le 17ème siècle). En fait, le bleu ‘n’existe pas’, ou temporairement.

De fait, le seul bleu que l’on connaissait…clairement, en tous cas en linguistique, était l’arabe ‘(al)-lazhward’, les langues occidentales oubliant le véritable article et croyant à un L’ au début du mot pour ne retenir qu’un ’azhward’ qui deviendra…l’azur (choisi par les Espagnols les Portugais et les Italiens), un bleu profond extrait d’une pierre du Moyen-Orient, le lapis-lazuli.

Les Grecs, en bons marins, avaient une nuance plus aquatique qu’ils nommaient…’glauque’, mais qui n’avait rien de ce que vous pensez; qualificatif officiel du regard de la déesse Athéna, il s’agissait cette fois d’une couleur que nous appelons vert d’eau (ou approchant), quelque chose de pastel tirant parfois sur le gris (!). Rien à tirer donc de ce côté-là non plus, au moins étymologiquement, tout comme l’autre vocable-maison de ‘kuanos’ (notre futur bleu de Prusse) devenu ‘cyan’ chez les spécialistes.

L’irruption, puis la domination du bleu en tant que référence chromatique complète est probablement due à son adoption par le pouvoir royal à partir du 13è ou 14ème siècle (le manteau de St-Louis et la fleur de lys datent des représentations de cette époque); de fait, la couleur devient rapidement le symbole de la légitimité, tant sur le drapeau que sur la cravate du parti majoritaire au pouvoir, le rouge étant alors réservé à la Révolution (française ou bolchévique) et à l’opposition politique (avec son double moins violent, le rose).

L’Eglise a également sa part de responsabilité dans la diffusion d’un bleu qui devient, à la sortie du Moyen-Age, l’uniforme obligatoire alloué à la Vierge Marie, dans le même ton que celui de la future Europe, les étoiles (du rosaire?) en plus, même si les historiens s’écharpent toujours sur le sujet. L’Armée elle-même contribuera à médiatiser un bleu dit marine (militaire, marin, fantassin) qui se fondra dans la symbolique légitime du pays et sa représentation nationale, du troufion de Landernau à l’hôtesse de l’air des premiers vols d’Air France…

La technique (video) ‘moderne’ a heureusement résolu le problème des maillots gris-gris foncé-gris clair courant sur l’écran cathodique en passant à la couleur, évitant ainsi aux téléspectateurs (et aux cadreurs de la SFP) de s’esquinter les yeux à identifier un numéro pour suivre les joueurs; de quoi éviter une erreur de passe et un tir contre son camp, leur seule véritable peur…bleue.


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