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les fraises!

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C’est le moment de la goûter, parce que c’est la saison mais aussi pour donner un peu de saveur à une actualité assez fade, étymologiquement parlant. Rien (ni personne) de neuf sous le soleill en cette première semaine de mai, sauf précisément les premières ‘vraies’ fraises, cultivées dans la terre (et pas hors-sol), et si possible dans celle du Lot-et-Garonne, terre d’élection de la désormais célèbre Garriguette (avec majuscule, s’il vous plait). Ce mot du jour n’est pas un clin d’oeil gratuit (la qualité -de la fraise- cela se paie), car le fruit en question est une surprise étymologique. La preuve: si l’on parle de fraise, c’est grâce à la framboise!

Fraise et framboise ont en effet la même date de naissance (le début du 12è siècle, environ), où deux mots d’origine différente vont entrer en attraction, l’un et l’autre pour désigner…la mûre! Depuis quelques siècles, on connait bien ce fruit* du roncier sauvage, dont la forme, dans l’Antiquité, va servir à désigner tout ce qui lui ressemble de près ou de loin. Autant la mûre (du sud) est noire, autant sa cousine germaine (il s’agit bien du territoire des Germains!) est plus rose, et elle s’appelle ‘brambasia’, en teuton. L’ancien-français, qui connait déjà le latin ‘fraga’, qui va donner la fraise, décide de la baptiser non pas ‘bramboise’ mais ‘framboise’, par facilité de prononciation. Résumons-nous: la fraise donne son ‘f’ à bramboise; et bramboise donne son ‘-oise/aise’ à fraga, et le tour est joué!

Nous voilà donc, vers le 14è siècle, avec une fraise rustique strictement européenne qui, comme beaucoup d’autres produits, sera d’abord considérée comme remède de pharmacie pour toutes sortes de maux affectant ceux qui les sucrent un peu trop tôt…En fait, c’est Louis XIV qui va demander à un botaniste en mission royale au Chili de ramener sa fraise (littéralement), laquelle, une fois croisée avec un autre plant venant de Virginie, donnera naissance à toutes les variétés actuelles. Cerise sur le gâteau (si j’ose dire), le monsieur en question s’appelle Amédée François…Frézier, ça ne s’invente pas!

On sait désormais que les bonnes fraises doivent être charnues, goûteuses et odorantes, au contraire de certaines rangées de barquettes gorgées d’eau et croquantes comme des carottes. D’ailleurs, il ne peut pas en être autrement, y compris étymologiquement, car le mot latin ‘fraga’ est issu d’un verbe qui donnera en français le mot ‘flairer’, c’est à dire sentir bon, exhaler une odeur agréable. C’est aussi la même racine que l’on retrouve dans le terme ‘fragrance’, si utile aux parfumeurs (ne dites jamais qu’un parfum à une odeur…). Voilà, s’il en était besoin, qu’une bonne fraise doit être parfumée, à l’image des toutes premières fraises des bois tapissant les forêts germaines, autant dire le dessert préféré des parachutistes, ainsi surnommés par comparaison à cause de leurs bérets rouges disséminés dans la nature quand ils arrivent au sol, même s’ils sautent rarement pour aller aux fraises.

Pour autant, puisque c’est le thème général de ces chroniques, existe-t-il des familles Fraise? Eh bien oui, auxquelles il est interdit d’appeler leur fille Framboise ou Cerise, et encore moins Vanille…Ce patronyme peut avoir deux origines, dont l’une est directement issue, depuis le Moyen-Age, du surnom de métier d’un homme ayant un rapport avec les fraises, soit un producteur, soit un vendeur de fraises tout simplement. Mais, le plus souvent, il faudra retenir une autre activité, en l’occurrence celle d’un…tripier. En effet, le mot s’appuie alors sur la fraise (frèse, parfois) du veau ou de l’agneau, c’est à dire le ‘mésentère’, membrane comestible qui entoure les intestins. Un goût différent, sans aucun doute. Tout comme celui que laisse dans la bouche la fraise du dentiste (sans parler de celle du forage pétrolier), des pièces métalliques rondes avec des excroissances abrasives, tout comme le fruit du moment.

(*) je risquerais les foudres de certains lecteurs, scientifiques documentés, en ne signalant pas ici que la fraise et ses cousines ne sont pas des fruits en tant que tel, mais de simples excroissances charnues qui portent une multitude de fruits (les ‘petites graines’ sur la chair rouge).


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