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Abidjan (Côte d’Ivoire)

Abidjan

Aujourd’hui, je vous propose de nous pencher sur le nom d’une ville dont le nom est loin d’être d’origine occitane (mais on peut toujours se poser la question, quand on voit l’étymologie d’autres grandes villes du monde…). C’est un mot qui est dans l’actualité et que vous avez entendu tous les jours : Abidjan, capitale économique (et non pas administrative) de la Côte d’Ivoire. Abidjan, quel drôle de nom pour une colonie; est-ce un dialecte local ou une invention des colons?

Les deux! Pour comprendre, il faut aller voir sur place, au bout du pont Houphouët-Boigny qui enjambe la lagune et qui débarque sur une immense place (« de la République ») au milieu de laquelle trône une statue représentant une femme qui porte sur sa tête un panier rempli de feuilles (la colonne au bout du pont, sur la photo ci-dessus). Ni ‘Marianne’ locale, ni combattante ou femme politique ivoirienne, elle n’en est pas moins célèbre, grâce à l’histoire que voici:

Dans les années 1750, des soldats français ont (déjà) mis le pied sur cette côte qui regorge d’ivoire, d’où son nom, et, en lisière d’une forêt, ils croisent une femme qui rentre de la cueillette. Ils lui demandent d’où elle vient (en français, évidemment); l’autre répond (en dioula, dialecte local qui regroupe le bambara et le malinké) « min-tchan m’bidjan », ce qui veut dire « je viens de couper des feuilles ». Les autres n’ont rien compris, mais vont appeler cet endroit en abrégeant la phrase pour la simplifier, laquelle devient « M’bijan ». Dorénavant, leurs compatriotes iront…à M’bijan, vite déformé en A-bidjan en « agglutinant » la préposition au mot, et le tour est joué! (Quant au M’, si caractéristique des parlers africains, essayez donc de faire prononcer « m’b » à un français…autant tenter de lui faire comprendre qu’on ne dit pas « Gu-bagu-bo » (Gbagbo, comme un certain Laurent), mais « Babo », tout simplement!)

Petite remarque inattendue: cette transformation un peu étrange, de A-M’bidjan et Abidjan, se retrouve, d’une certaine façon, dans notre langue: il y a bien longtemps, on disait, en parlant par exemple de l’une des sous-préfectures de Gironde (Langon) « je vais Alangon », et pour cause, il s’agissait du territoire de la tribus des…Alangons, et, à une époque (ancienne) on rajoutait indifféremment la préposition, ou pas, devant la destination. La première forme était donc « je vais Alangons » (sous-entendu, chez les Alangons), ou, « je vais à Alangons » (sous-entendu, la ville fondée autrefois par la tribu en question). Voilà pourquoi « M’bijan » aurait pu rester sous cette forme, s’il n’y avait pas eu la réticence naturelle de nos compatriotes à accepter des sons ou des mots loin de leur propre culture, en étymologie comme dans d’autres domaines!

Ps: En dialecte dioula, « djan » signifie aussi « l’eau »…On peut donc y voir un lien avec la topographie lagunaire du village primitif. Ce sera sans aucun doute moins d’honneurs à accorder à l’armée française d’occupation, mais peut-être plus proche de la vérité…




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