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Biarritz (64)

Biarritz

Biarritz, « ville à risque », au moins d’un point de vue étymologique, tant on a entendu de versions sur l’origine linguistique du nom de cette commune. Les unes et les autres sont toutes envisageables, tant on est peu sûr des termes exacts contenus dans ce nom, et, quand on arrive à quelques certitudes, ils sont presque…synonymes. Explication.

Tout d’abord, on connait Biarritz depuis quasiment un millénaire, écrit sous la forme Bearrids (à la fin du 12è siècle!), et parfois Bearriz, ou Beariz. Au milieu du 13è s, on parle du « port de Beiarriz », ou Beiarridz, avec cette terminaison en « z » qui fait souvent croire à un mot spécifiquement basque, or il n’en est rien: Au Moyen-Age, ce suffixe servait à écrire « ts » ou « ds »; d’ailleurs, à l’époque d’Henri IV, le « z » disparaît pendant trois siècles, puis réapparait vers 1850, comme il est aujourd’hui…

Bref, beaucoup de biarrots racontent que le nom de leur commune vient d’une certaine Miarritze, dont le nom est composé de « mihi » (la langue, en basque) et de « aritz », le rocher. Le personnage serait d’ailleurs légendaire, sorte de fille de la mer dont l’évocation se confond avec les amants de la fameuse « chambre d’amour » d’Anglet.

D’autres, plus « terre à terre » si l’on peut dire, penchent pour « bi » (deux) et « haritz », le chêne…version la plus énigmatique ou en tous cas la moins facile à identifier, parce que trouver deux chênes à Biarritz, il y a mille ans…

Autre version, plus évidente pour ceux qui fréquentent la Grande Plage: on reprend « bi » (deux) et on y accole « harri » (le rocher, la pierre). Là, certains vont tout de suite penser aux deux rochers de la-dite Grande Plage; d’autant évoquent davantage, il y a plusieurs siècles, le futur « rocher de la Vierge » et soit un groupe de rochers du Cap Martin (au nord de la commune) soit celui sur lequel sera bâtie la ville Belza, au-dessus du Port-Vieux.

Quatrième hypothèse: le nom viendrait peut-être de la racine basque berarr, altération du vocable basque belharr – herbe – avec le suffixe locatif -itz et aurait signifié endroit herbeux.
Enfin, un docte sociétaire de la Société des Sciences, Lettres, et Arts de Bayonne, annonça même, en 1967, que Biarritz – ou Bearrids – venait du verbe latin « videre », qui signifie voir, tout comme une autre commune basque, Bidarray, ou encore Beyries. (il est vrai que l’une et l’autre de ces dernières s’écrivaient en gascon Vidarray et/ou Veyries). Reste à préciser ce qu’il faut voir? Un panorama particulier sur la mer? L’endroit où on pouvait voir les baleines dont la pêche fut pendant des siècles l’activité du tout petit port de Biarritz? Ou encore simplement l’endroit où aller se faire voir? (certains linguistes très précis font remarquer que Biarritz pourrait être une forme féminine -de Biarr?- au sens de…voyeuse, le féminin de voyeur!

Dommage, parce que, en matière de « vision », Biarritz eût été une ville idéale: savez-vous que c’est entre Cannes et Biarritz que se joua le lieu du Festival Mondial du Cinéma, en 1939? (Lequel fut suspendu en raison des événéments que l’on connait, puis créa sa première édition en 1946)…


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2 commentaires au sujet de Biarritz (64)

  1. Par comparaison, il existe le village de Bias dans les Landes à 120Km au nord de Biarritz.
    Sancti Michaeli de Biars en 1274, Biartz en 1311 qui ressemble étrangement à Biarritz.
    Le village de Bias est caractérisé par sa « Montagne » qui apparaît dans tous les textes anciens, d’où St Michel d’ailleurs, Archange des hauteurs.
    Je propose une approche originale ;
    De l’adjectif Latin bifar(ius) bis-face, c’est-à-dire ayant un double regard, louche, comme l’espagnol bis-ojos, qui a deux yeux, qui louche. De là, au sens d’oblique, on voit sans peine le passage. La suppression de l’f ne fait pas obstacle : car on en a des exemples dans le provençal refusar et reusar, le français refuser et reüser (récuser). Le ‘’f’’ latin ayant tendance à se transformer en ‘’h’’ aspiré dans les langues romanes comme dans fagus = hêtre ou bien fămēs, famis = hami en Gascon = faim en Français.
    Le sens primitif du latin louche n’est plus utilisé aujourd’hui, seul le sens d’oblicité a traversé les âges. (biais en français, bias en Anglais, biaiz en wallon). Cette racine, c’est ensuite diffusée dans toutes les langues de la région avec divers glissements de sens et de prononciation. Entre le sens original de pente obliquité des langues romanes et celui de colline (biscar) en basque, on comprend bien le glissement.
    Au final nous avons le sens de colline peu élevée mais bien visible de la mer pour Bias et Biarritz.

  2. Très documentée et astucieuse, votre hypothèse! Et, effectivement, une ‘approche originale’ (le rapprochement entre Biarritz et Bias!), peut-être pas si ‘louche’ que ça. A discuter sans doute, avec d’autres lecteurs…Sans compter que des communes homonymes (dont le Bias des Landes, ou celui du Lot-et-Garonne) sont plutôt attestées comme venant d’un ‘vias’ d’origine latine (sous entendu : le carrefour ‘des routes’); ce qui n’empêche pas, pour le cas du village basque, l’hypothèse de la montagne (attention, terrain glissant!).

    En tout cas, merci de votre contribution.
    Cordialement,
    Dominique

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