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Pamiers (09)

Pamiers

Ce week-end, honneur à l’Ariège, pour l’étymologie d’une des deux sous-préfectures de Foix, Pamiers (l’autre étant St Girons évidemment). Beaucoup pensent qu’il s’agit d’une « déformation » de…palmier, jeu de mots le plus proche, et parfois le plus crédible, d’autant qu’il existe, en occitanie, des lieux-dits La Palme (dans l’Aude, canton de Sigean, ou encore sur la commune de Villemur, Haute-Garonne). Des noms qui renvoient à une histoire de palme (-raies), ce qui n’est pas le cas ici. D’ailleurs, d’un point de vue orthographique, il faudrait que le « L » d’un éventuel PaLmiers se soit transformé en Pâmiers, ce qui n’est pas le cas.

Le sujet de Pamiers (pluriel?) est donc sujet à controverse:
Pendant longtemps, on a cru que le nom pouvait venir d’une unité de mesure utilisée en zone occitane, le « pam », ou le « pamez », qui servait à estimer la surperficie de certains terrains exonérés de charges…C’est d’autant plus troublant qu’il a existé, toujours en occitanie, un terme « palm » ou « pam », à rapprocher du mot « empan », mesure humaine qui représentait l’espace entre les extrémités du pouce et de l’auriculaire, la main la plus ouverte possible.
Or, le mot « empan » vient d’une racine franco-germanique qui signifie « étirer » (la main), et qui n’apparait qu’au début du 16è siècle. Or, dans les années 1200…

…le comte Roger de Foix est allé en Croisade (la quatrième, probablement). A son retour, comme le veut la tradition (*), il (re)baptise la place forte romaine qui existait à cet endroit en lui donnant le nom de la ville (aujourd’hui) syrienne où il a livré bataille, et qui s’appelle…Appamée! On comprend rapidement comment Appamée s’est abrégé au fil du temps en Pamée, puis Pamiers, avec un « s » final qui n’est peut-être pas la marque d’un pluriel mais d’un « locatif », un nom de lieu. L’indice le plus probable de cette étymologie est le gentilé (le nom des habitants) de la ville de Pamiers, que l’on appelle…les Appaméens. Indice indiscutable, non?

Un petit mot sur une « pâme » homonyme, qui n’a rien à voir avec la ville mais avec le verbe (se) pâmer, tomber en pâmoison. La racine est la même que le « spasme » (de perte de connaissance). Spasme va se contracter en « spâme », puis « pâme ». L’accent circonflexe est important, et il était tellement accentué à l’époque de Molière (prononcer « pââme ») que la tradition orale l’a transformé en… »pommes ». Voilà pourquoi, depuis trois siècles, on « tombe dans les pommes » et non pas dans les « pâmes », au seul risque d’attraper des pépins !

(*) Autre exemple de patronymes créés après une « virée au Moyen-Orient », les nombreuses familles Jourde ou Jourdain, souvent d’ascendance aristocratique -forcément, les chevaliers « en vue » étaient plutôt de bonne famille-, qui ont pris symbole sur le fleuve issu de la Mer Morte et dans lequel le Christ est dit avoir été baptisé. Renommer ou surnommer une personne -voire un lieu- « le jourde » ou « le jourdain » était une façon d’honorer et de garder la mémoire de celui qui était allé en « Terre Sainte ». L’idée d’un tel surnom nous est un peu suspecte aujourd’hui, mais, toutes proportions gardées, c’est la même démarche intellectuelle qui permet de qualifier, dans la tradition musulmane, « celui qui a fait le pèlerinage de la Mecque »…


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