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Rodez

Rodez

Voilà une ville qui est très intéressante (aussi)) d’un point de vue étymologique! En effet, il est rarissime qu’un nom de ville se dise de la même façon dans des langues aussi différentes que l’allemand, l’anglais, le suédois ou le slovène, et c’est le cas de Rodez, avec un « z » que l’on va assourdir en « s » pour la seule variante, et probablement la première, à savoir « Rodès » en occitan, ce qui est le moins qu’on puisse faire pour une ville du Rouergue…Autre intérêt étymologique donc, l’évolution du mot. Car le « petit » mot court de Rodez tient son origine linguistique dans le nom d’un peuplade celtique qui, il y a plus de 25 siècles, serait descendue d’Europe centrale pour s’arrêter chez leurs copains gaulois et fonder le tout premier camp fortifié, lequel abritait la tribu des…Rutènes. On va l’écrire sans « h », mais c’est bien ce même mot que l’on retrouve dans l’adjectif qui qualifie les gens qui habitent Rodez, les…Ruthénois et Ruthénoises, lequel a pris un « h » entre-temps.

On retrouve aussi le mot de « Rodez » dans un curieux jeu de mots qui vient du blason de la ville, lequel se compose de trois fleurs de lys d’or et de trois…roues (rodas/rotas). Bref, Rodez va s’appeler d’abord « Ruténorum » (la ville des rutènes), puis il va se produire un phénomène de contraction assez magistral, en passant par rudénorum, ruteni (en latin), rudénos, rodénos, puis rodès (en occitan donc) et enfin rodez (en français)! Tant qu’on y est, il faut d’ailleurs signaler que, sous l’occupation romaine, la ville a été un temps baptisée « segodunum », ce qui signifie littérallement « la colline du seigle ». La colline, on voit bien, par rapport à l’Aveyron ou au Fontanges; le seigle, il n’en pousse plus depuis belle lurette sur le Boulevard Ramadier, mais la ville est vite redevenue Rodez, avant de voir passer les Goths, les Wisigoths, les Arabes, les Anglais, et tout ce que le royaume de France a pu compter de duchés ou comtés divers, jusqu’au « calme » que lui apporte Henri IV en rattachant la ville à la couronne.

Tant qu’on y est, disons un mot de son département, l’Aveyron, lequel doit son nom à…l’Aveyron, le nom de la rivière qui le traverse, comme c’est souvent le cas, de la Dordogne au Vaucluse, ou du Maine et Loire à l’Ille et Vilaine, excepté le célèbre cas du Var, seul département à n’être pas traversé par la rivière dont il porte le nom…Bref, si l’Aveyron porte ce nom (on dit aussi AvAIron en occitan, comme quoi la phonétique!), c’est qu’il vient du mot latin Avério, puis Averionus, adjectif formé sur les deux racines celtes « awa », qui veut dire l’eau (deviendra « akwa », puis « aqua » en latin), et « aar » qui évoque un cours, un lit de…rivière, ce qui tombe assez bien!

Voilà la définition idéale d’un « toponyme », un nom de lieu: le surnom d’un site qui décrit la configuration du terrain où l’on se trouve (une rivière de pleine eau), avec le nom des gens qui y habitent (les Rutènes). Même sans jamais y être allés, vous pouvez, grâce à l’étymologie, imaginer, même de loin, la situation générale de la ville et un peu de son histoire!


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3 commentaires au sujet de Rodez

  1. Je suis toujours intéressée par cette « super » émission. Je vous écoute, maintenant sur « Sud-Radio ». Je suis née à Saint-Affrique, j’ai habité Brousse le Château (charmant village classé, au bord du Tarn), et j’ai travaillé de 1971 à 1988 au Journal Centre-Presse à Rodez. L’Aveyron est un département cher à mon coeur. (je vous ai déjà laissé des messages…) Merci, Dominique pour tous vos commentaires ! Tous mes encouragements, et j’espère qu’on en aura un peu plus… dans l’avenir ! Cordialement,
    Suzanne.

  2. Merci Suzanne pour vos commentaires et encouragements. Vous avez peut-être remarqué que les textes mis en ligne sont un peu plus « longs » que l’émission, ou ajoutent un détail sur l’étymologie (ici, l’Aveyron, que vous semblez bien connaitre). Probablement un de ces week-ends, nous parlerons de Ste-Affrique, qui pose question à tant de touristes!

  3. Quelques commentaires :

    - Le premier nom (gaulois) de Rodez a été Segodunum. Sous l’occupation romaine l’appellation « Segodunum civitas Rutenorum » est utilisée (Segodunum de la cité des Rutènes). Puis, par un glissement qui s’est produit de façon analogue pour la grande majorité des chefs lieux de cités (civitates) romaines, c’est le dernier nom qui est gardé : « Ruténorum » qui donnera finalement Rodez (comme Lutetia civitas Parisiorum » a donné Paris).

    - Dans « Segodunum » on peut rapprocher seg- de segala et donc interpréter segodunum comme la colline du seigle. Mais en gaulois « sego » veut dire victoire et l’interprétation comme colline de la victoire est plus probable.

    - La racine awa n’est pas celtique mais indo-européeene. Elle a donné abona en celte, aven en gaulois et aqua en latin. Mais le « aqua » latin ne descend pas d’un mois celte.

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