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Sète (34)

Sète

« C’est(e) » une drôle d’histoire que celle de cette ville héraultaise, et, si je me permets un jeu un peu facile sur le nom de cette chronique, c’est tout simplement pour vous suggérer que Sète ne s’est pas toujours appelée Sète, on pourrait presque dire que, des noms, la ville en a eu…sept, puisque que cette commune partage, avec Troyes (Aube) le redoutable pouvoir d’être totalement équivoque phonétiquement (« vous êtes combien à Sète? Trois. Et à Troyes, vous êtes sept ? »etc…)
Or, un peu comme l’histoire du Golfe du « Lion » (le Pic St Loup, repéré par les marins de Méditerranée « derrière » Montpellier), l’étymologie de Sète a un rapport avec une montagne, le Mont Saint-Clair, qui domine la ville, sur les pentes duquel s’alignent les petites croix blanches du célèbre « cimetière marin » (Paul Valéry, Jean Vilar), d’autres préférant adresser une « supplique pour être enterré sur la plage » (G.Brassens).
Bref, je vous le fais dans l’ordre chronologique et exhaustif:

Tout d’abord, on sait que les Grecs (fondateurs de quasiment toutes les villes du coin, depuis Agde jusqu’à Sète en passant par Leucate) appelaient déjà l’endroit « kétos », c’est à dire…la baleine! En effet, les mêmes marins grecs (décidément très imaginatifs) trouvaient que le Mont Saint-Clair ressemblait, lui, à une grosse tête de baleine, d’où le surnom.
Quelques siècles passent, et les Romains ne changent rien à l’idée, et « Kétos » devient « Cetus », qui signifie en latin…la baleine (la même racine que…cétacé!)
A l’époque, coup du sort, on trouve le même surnom à un rocher « espagnol » enclavé sur le territoire marocain, qui va s’appeler, lui aussi, « la baleine », autrement dit…Ceuta.
Nous voici maintenant au Moyen-Age, et le nom de la ville, fidèle à Cetus et Ceuta, s’écrit en fait…Cette, orthographe qu’elle va garder pendant au moins trois siècles;
A l’époque de Louis XIV (fin 17è donc), Cette s’écrit même parfois…Sette. Les deux orthographes cohabitent pendant un peu plus d’un siècle, et…
A la Révolution, le conseil municipal du moment, fatigué de cette équivoque avec l’adjectif démonstratif féminin (cette Cette, c’est pas facile!), prend la décision totalement arbitraire d’écrire désormais le nom d’une façon radicalement différente: Sète. (le « set » de table, ils ne connaissaient pas encore sinon…)
Arrive enfin le 19è siècle, qui restitue (la force de l’habitude?) la version Cette, et ce jusqu’en…1928, où le maire fait prendre un décret pour adopter définitivement le mot Sète.

Si vous recherchez bien sur internet, « paroles de chansons » ou archives Brassens de l’INA, vous trouverez sans peine une composition du grand Georges appelée « Jeanne Martin », où il raconte très précisément le changement de nom de sa ville préférée; vous entendrez donc parler de Sète…assez!


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